‹ James ThomsonChapitre 61 sur 294 · LA MORT. Ù · texte numérisé non relu

LA MORT. Ù

Au commencement de 1748 il est prêt à donner au public une tragédie nouvelle et un important poème.

Le « Château d’Indolence » parut vers le mois de mai. Il y avait, au dire de l’auteur lui-même, quatorze ou quinze ans que l’œuvre était sur le métier‘. Thomson s'était, au début, proposé de railler, dans quelques strophes légères, ses amis et lui-même d’une indolence qu’on lui reprochait et qu’il croyait aussi bien voir en eux. Mais peu à peu l’œuvre s'était développée au point de devenir le poème charmant que publiait Millar *. Les conditions dans lesquelles il avait été conçu devaient y assurer une place à maint détail de la vie du poète, à mainte allusion à son caractère et à ses habitudes. Thomson, en effet, y a élevé une galerie où plusieurs de ses amis et lui-même ont (comme il le dit) leur niche. Le premier qui soit décrit, parmi les hôtes du château, ce personnage d'aspect particulièrement grave, pensif, mais non pas triste, qui, en regardant les nuages, bâtissait mille systèmes glorieux, concevait mille grandes idées et les laissait fuir avec les nuées sans laisser plus de traces que celles-ci, c'était Paterson *. Le taciturne et mélancolique promeneur de la strophe suivante est Armstrong ‘. Le misérable dont la rudesse et la saleté déshonoraient le château, c’est, dit-on, un certain solitaire excentrique du nom de Welby*, que, du reste, nous ne voyons nulle part figurer parmi les familiers de Thomson. John Forbes est cet adolescent joyeux que le hasard amène un jour dans les salles enchantées, et dont la bruyante et communicative gaîté dissipe en partie le charme qui pèse sur les prisonniers 5. Cet autre dont le sentiment aiguisé savait recon-

par Murdoch et Millar en 1762, les éditions successives reproduisirent le texte de 1744, jusqu’à ce que Mr. Bolton Corney eût signalé les divergences des deux éditions (The Gentleman’s Magazine, 1845, t. T, p. 145).

D'Israëli, l’infatigable curieux, avait déjà observé cette inadvertance des éditeurs modernes.

4. « Now that I am prating of myself, know that, after fourteen or fifteen years, the Castle of Indolence comes abroad in a fortnight. It will certainly travel as far as Barbadoes. You have an apartment in it as à night pensioner; which, you may remember, I fitted up for you during our delightful party at North Haw ».…. (Lettre à Paterson, avril 1748.)

2. En un format in-4. La même année parut une 2° édit. de format in-8. - 3. The Castle of Indolence, canto I, strophes Lvn, LV, LIX.

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