‹ James ThomsonChapitre 60 sur 294 · Lettre à M. Thiériot, 1° sept · texte numérisé non relu

Lettre à M. Thiériot, 1° sept

9. Leurs relations s'étaient refroidies depuis la chute de Walpole en 1144. Ils avaient adopté des partis différents dans la lutte d'influences qui divisait le cabinet formé sous la présidence de l’incapable Wilmington (le Spenser Compton auquel avait été dédié l « Hiver »). Quand enfin Pelham Peut complètement emporté sur Carteret, et que celui-ci se fut vu forcé de quitter les sceaux malgré l’appui du roi et celui du prince, Lyttelton

-entra dans la « Broad Bottom administration », et Frédérie lui retira son

titre de secrétaire.

vait s'attendre à voir durer longtemps cette libéralité chez un prince que l'amour désintéressé des lettres n'avait jamais inspiré, et que tourmentaient sans cesse des besoins d'argent”. Il eût au moins fallu faire un choix entre son amitié et celle de Lyttelton. Ni Thomson, ni West, ni même Mallet ne songèrent à pareille lâcheté. L’orage éclata donc; tous trois furent frappés, en un même jour de la fin de 1747 ou du commencement de 1748, et Thomson se trouva rayé de la liste des pensions du prince de Galles *.

Notre poète se consola en « creusant de nouveau cette mine « d'inépuisables trésors que nous portons en nous, que ne peut « détruire la rouille du temps, et que les voleurs ne sauraient « violer ni piller* »; il se remit au travail. Depuis 1745, aucune œuvre nouvelle n’avait été par lui produite. Il avait seulement publié, en mai 1746, une nouvelle édition des « Saisons », la dernière qu'il lui ait été permis de revoir et de retoucher“.

1. On sait que ce fut une des causes les plus actives du désaccord entre le prince héritier et le peu libéral George II. Le fils se plaignait amèrement de la lésinerie du père. Dès 1134, il avait songé à exposer au Parlement ses griefs. En 1737, ses amis appuient une notion de Pulteney tendant à prier le roi d’élever la part faite au prince de Galles sur la liste civile, et de la porter de 60 à 100 000 livres. C'est à partir de ce moment que l’aversion de George pour son fils devint invincible.

2. Le prince semble avoir eu quelque honte de cette misérable façon d'atteindre Lyttelton dans la personne de ses amis. Il laissa entendre que peut-être rendrait-il un jour au poète avec intérêt ce qu’il lui reprenait. Ce n’était qu’une hypocrisie de plus, et Thomson ne s’y trompait pas. « Yet I have hopes given me of having it restored with interest some time or other. Oh, that « some time or other » is a great deceiver! » (Lettre à Paterson.)

On voit, en tout cas, combien est inexacte l’assertion de Phillimore et de nombreux biographes qui font coïncider la perte de la pension avec la rupture entre Lyttelton et Frederick.

3. « These are the treasures dug from an inexhaustible mine in our own breasts, which, like those in the kingdom of heaven, the rust of time cannot corrupt, nor thieves break through and steal. I must learn to work this mine a little more, being struck off from a certain hundred pounds a year which you know I had... » (Lettre à Paterson.)

4. Elle fut publiée par Millar, en un format in-12. Woodfall en imprima (9 mai 1416) 4000 exemplaires. L'édition précédente avait été tirée, deux ans auparavant, au même nombre. On voit à ces réimpressions successives que la popularité du poème ne cessait de s’étendre et de s’affirmer.

Les modifications apportées à cette édition définitive ne sont pas très importantes. Le « Printemps» a 3 vers de plus qu’en 1744, l « Été » en gagne 9, l’« Automne » en perd 2, l « Hiver» et l « Hymne » conservent le même nombre. Mais à coup sûr c’est bien là pour nous le texte ne varietur des « Saisons ». Pendant longtemps cependant, à partir de l'édition publiée

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