‹ James ThomsonChapitre 66 sur 294 · LA MORT · texte numérisé non relu

LA MORT

« sensé, toujours plein de sympathie‘, » Andrew Millar venait de faire en Écosse un agréable voyage quand il reçut la nouvelle. « ...Je ne puis plus agir ni penser, écrit-il, car, le «jour même de mon retour, on a enterré notre cher ami « Thomson. A quel point cela a détruit toute ma joie, vous le «sentez mieux que personne, vous qui le connaissiez bien et « saviez combien je l'aimais?. » Un mois plus tard, George Lyttelton s’exprimait ainsi sur le même sujet : «Il a plu à la Pro- « vidence de m'’affliger récemment d’un nouveau coup par la «€ mort soudaine de ce pauvre Mr. Thomson. C’était un des meil- « leurs et des plus aimés parmi mes amis*, » Et Shenstone qui ne connaissait que depuis peu de temps le poète défunt, se

Æ « Ipswich, 3'4 September, 1748.

« My dearest Forbes.

« Although I wrote you but two posts ago, I cannot let pass any opportunity of conversing with you, now I know you to be oppressed with the deepest melancholy, and in need of all the consolation your friends can lend. But, alas! what can I say? who myself as much stand in need of a comforter. We have lost, my dear Forbes, our old, tried, amiable, open, and honest-hearted Thomson, whom we have never parted from but unwillingly, and never met, but with fresh transport; whom we found ever the same delightful companion, the most faithful depository of our inmost thoughts, and the same sensible sympathizing adviser.….. »

D « 140 September, 1748. »

« Dear Sir,

« I thank God we all arrived safe here, after a most agreeable journey. But ever since I have never been able to act or think, for that very evening our dear friend Thomson was buried. How it dampt all my joy, you, who knew him well and how I loved him can best feel. I really was not able to write you, and if the enclosed had not come last night, I question if I should now. »

« Mr. Mitchell spent the evening with me, we remembered you kindly and all surviving friends. Poor Mr. Lyttelton is in great grief, as indeed are all his friends, and even those that did not know him; but 1 can add nothing to the enclosed, and therefore shall leave that melancholy subject to us, but to him full of joy, on which account we ought to submit. »

(Andrew Millar to John Forbes.)

Toutes ces lettres, Mitchell à Murdoch, Armstrong à Murdoch, Murdoch et Millar à J. Forbes, ont été publiées en 1815 dans les Culloden Papers.

3. « .…. It has pleased his providence to afflict me lately with a new stroke in the sudden death of poor Mr. Thomson, one of the best and most beloved of my friends. He loved my Lucy too, and was loved by her; I hope and trust in the Divine Goodness that they are now together in a much happier state : that is my consolation, that is my support. »

(Lyttelton à Doddridge, 30 septembre 1748.) Paizcimores Memoirs, vol. I. p. 407.

déclarait aussi péniblement frappé que si leur affection l’un pour l’autre eût été vieille de bien des années ‘.

Quelles plus belles funéraillesauraient pu faire au mort ainsi pleuré des pompes fastueuses? Ses restes furent portés, par une calme et mélancolique soirée de la fin d'août *, le long des chemins ombragés qu’il avait si souvent parcourus, jusqu’au sommet de la colline de Richmond. Quelques amis les suivaient : Robertson, Quin, Mallet, sans doute aussi Mitchell et Armstrong ?. Le corps fut déposé dans le cimetière qui entoure l’église paroissiale, et d’où la vue embrassait alors un vaste et riant panorama que le poète a un jour décrit avec enthousiasme ‘. L’antique église de Sainte-Marie-Madeleine ne se voit plus aujourd’hui, comme la voyait Collins, du milieu de la Tamise; trop de maisons se sont entassées autour d’elle. Et les amirateurs de Thomson qui pénètrent dans le vieux cimetière humide et triste, cherchent en vain, parmi les dalles moisies et disjointes, la pierre funéraire du poète. Dans des travaux de réparation et d’agrandissement de l’église, un mur a été construit en partie au-dessus de sa tombe”. Mais l’auteur des « Saisons » n’a pas besoin, lui non plus, « du labeur d’un siècle en pierres accumulées ». Q Il s’est bâti un monument », comme disait Milton, son maître, parlant du plus grand des poètes, « dans notre admiration © » qui ne finira pas, et aussi dans l’affection de ses amis qui fut durable et pieusement active.

1. « Poor Mr. Thomson, Mr. Pitt tells me, is dead. He was to have been at Hagley this week, and then I should probably have seen him here. As it is I will erect an urn in Virgil's Grove to his memory. I was really as much shocked to hear of his death as if I had known him and loved him a number of years. God knows I lean on a very few friends, and if they drop me, I become a wretched misanthrope. » (Lettre du 3 septembre 1748.)

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