J. Poullin, les Saisons, Paris, 1802, 2 vol. in
Un critique anglais déclare ce travail supérieur à l’original (Edinburgh Review, January, 1806). Il énumère les défauts du poème anglais, et les trouve heureusement corrigés par le traducteur. À peine blâme-t-il quelques passages où l'écrivain français « a écrasé sous son pied quelques-uns des petits bijoux inestimables qu’il a trouvés sur son chemin ». Par exemple, dans sa description de la beauté des femmes anglaises, Thomson disait :
… The parting lip Like the red: COS bird RES with morning dew Breathing delight.»
‘Ces jolis vers sont imparfailement rendus par
« Les lys et les roses - Ensemble confondus sur vos lèvres mi-closes. »
mont ‘. Enfin, nous devons mentionner, parmi les hommages rendus à Thomson par les écrivains français, une petite comédie jouée à Paris en 1822, dont notre poète est le personnage principal ?.
L'influence exercée par le poème dans les autres pays est aussi très grande. Elle s’exerce sur des œuvres indépendantes telles que les « Idylles » de Gessner , et sur toutes les productions où s'affirme le retour du goût à la nature. Klopstock est un fervent admirateur de notre poète et de son style imité de Milton. Fr. Schlegel constate que Thomson est le prototype de tous les poëtes descriptifs du continent. Cette influence se manifeste enfin par un grand nombre de traductions dans presque toutes les langues de l’Europe *.
Les traits énergiques dont Thomson décrit l’orage et la foudre :
« The clouds Pour a whole flood, and yet, its flame unquench'd The unconquerable lightning struggles through »
sont bien affaiblis dans la traduction :
« Tandis que les éclairs, à travers l’horizon, Du pôle à l’équateur volent en tourbillons. »
Dans la peinture de l’amour des oiseaux, le dernier vers de Thomson, tout frissonnant de vie,
« And shiver every feather with desire », est rendu par une plate banalité :
« Et parler de l'amour le plus tendre langage.»
1. Né en 1744, mort en 1820. Etait membre du corps législatif de l’empire quand parut sa traduction (Paris, in-8, 1806). 11 avait collaboré à la traduction d’Ossian donnée par Le Tourneur en 1716.
Ajoutons, pour compléter la liste de ces traductions, que le « Château » a été traduit par Lemierre d’Argy (Paris, 1814, in-12); que la Blanche et Guiscard de Saurin, 1163, n'était qu’une traduction de Tancred and Sigismunda, et que Brugière de Barante a donné à la collection des théâtres étrangers une traduction d’Edward and Eleonora.
La librairie francaise a d’ailleurs plusieurs fois publié le texte anglais des « Saisons ». Voir notre bibliographie.