‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 102 sur 272 · Autumn · texte numérisé non relu

Autumn

t sibles * ». Il ne se lasse pas de noter au printemps ces voix de a forêt : murmure du vent, babillage du ruisseau, ou cbant les oiseaux '. Et de même à l'automne, il remarque la riche >eautédes feuillages multicolores : ci Conduisez-moi dans les avenues larges et vastes de Stowe. Je veux, ô Pitt, m'y asseoir sous les pentes ombragées, et tandis que je jouirai du bonheur de ton entretien, surprendre les derniers sourires de Tautomne illuminant les bois jaunis ^. b 11 n en connaît pas moins les aspects imposants ou terribles. !'est là que se révèlent les présages de la tempête, soit à l'au- )mne, quand, sous la chaleur étoutTante, « les bois laissent à peine deviner un mouvement sur leurs cimes qui frissonnent ^ D, soit en hiver quand a dans les forêts soupire le triste génie de l'orage ° i>, et que « des montagnes où bruissent les forêts, vient une voix dont l'accent solennel invite le monde à se préparer^ b. Et quand la tempête « se précipite impétueuse sur la terre qui résonne, la forêt, ébranlée jusqu'en ses racines, se penche et répand une averse de feuilles bruissantes ' yt. — Plus énergique encore est la description, quand liver vient ajouter son horreur à la scène. Alors a quand la tempête déchaînée fait rage, les (ils robustes de la montagne se courbent jusqu'au niveau des rochers qu'ils abritent,... la forêt enracinée se creuse en vagues profondes, et secouée, répand tout ce qui reste encore de sa parure flétrie ; ses membres gigantesques sont par la fureur acharnée du vent arrachés et jetés épai's sur le sol ' ». — Le poète a vu ssi la forêt sous la neige, mais il n'a pas décrit le merveil- IX spectacle. D'un seul mot il note d la forêt inclinée sous 'amoncellement des flocons ® ».

[| revient au contraire souvent et abondamment aux )ects riants des bois. Si une pluie de printemps verse sa fraî- 3ur à la terre, « l'ondée glisse et c'est à peine si le bruit des gouttes est entendu de ceux qui se promènent dans les allées le la forêt, sous labri des feuilles serrées et innombrables *® ». Plus précieuse est cette protection quand l'été a établi sur monde son empire brûlant. « Alors je fuis à l'abri des

. Spring, 90-94. — 2. Ibid,, 497-201. — 3. Autumji, 4048-1053. — bid., 313-64. — 5. Winier, 66, 67. — 6. lùid,, 151, 152, — 7. Autwnn, 319- . — 8. Winter, 175-184. — Voir aussi /6iV/., 75, 76. — 9. Ibid,, 754. — Spring, 176-178.

âHt> JAMES TIIOMSÛK.

« futaies où à peine un rayon de soleil vient s*êgarer dans « Tombre. Là sur le gazon d'un vert sombre, près de la berge « de quelque ruisseau enchanté qui roule sur son lit de pierre <( et baigne les racines d'un chêne, je m'étends à Taise'. »

Hien de plus sincère que (*es descriptions. Rien de plusvéritabietnent scMiti que ce charme de Tombre et de la fraîcheur. Dans r a Été » le porte ne se lasse pas de l'exprimer. « Trois « fois heureux c^lui qui, sur le versant abrité d'une montagne « pittoresque couroimée de bois, se couche sous l'abri de n l'ombre épaisse'. » — « Salut, ombrages! salut, taillis et « bosquets!... Votre ombre est à notre cœur délicieuse comme a l'est au cerf blessé la fontaine jaillissante ou la rivière qui « coule à pleins bords et baigne ses flancs haletants.... Vous a vei*sez dans nos veines fraîcheur, plaisir et repos; le cœur u alors bat joyeux; l'œil et l'oreille détendus et ranimés « n^prennent leur oflice; les nerfs retrouvent leur force, et la « vie court rapide dans les membres plus légers *. i — Et plus loin encore : « Puissé-je m'asseoir à la lisière du bois « mouillé de rosée, à la pleine fraîcheur de l'air humide! là, 0 sur ce rocher creusé, de forme étrange et frust(», qui m'offre tt un large siège tapissé de mousse» et qu'abrite un ombrage « lleuri *!... »

Si complaisaminent que notre épicurien revienne à ce charme sensuel de l'ombre et de la fraîcheur, il n'en est pas pour cela moins sensil^Ie à l'impression profonde et caractéristi(|ue do la beauté dos forêts. Il en a éprouvé la mélancolie pénétrante?, et nous la montre subie également par le jeune homme amoureux, par le sage et le philosophe, et par l'artiste occupé des aspects extérieui's des choses. « L'amant inquiet fuit « sous ces ombres travei'sées de lueurs, dans cette obscurité « sympathique à sonàme,oii des arbres suspendent pittoresque- « ment au-dessus tle la cascade leur ombrage brun *. » — < J^ « veux m'enfoncer dans la nuit profonde de ce bois aux arbres « sauvages et puissants, (|ui, formant haut dans l'air un a chœur sylvestre, agite ses cimes au-dessus de la montagne. A « chaque pas que je fais, solennelles et lentes les ombres lom- « bent plus noires et je me sens entouré d'une obscurité

1. Spi'ing, U-13. — '2. Summer, 458-400. - 3. Ibid., 469-419. - On peut V4»ir encore IbUi.. 1C5-1«9. -- 4. Ihif/., 622-027. -- 5. Spring. 1«24-

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« aujiuste et anxieuse. Là est la retraite de la iruMlitation '. » — C'est surtout à l'automne que les paysages sylvestres revêtent ce caractère de mélancolie. Ni 1 aspect riant dont les pare leîfuleil, ni les tons splendides que prodigue dans les l'euillages la palette de la nature ne lui laissent oublier que cet éclat précède de peu de temps les tristesses de l'hiver. « Voyez les mille couleurs des bois qui se flétrissent; leurs teintes de plus en plus foncées brunissent Ja campagne à Tentour; ils forment un ombrage épais, sombre et brun, où se rencontrent toutes les nuances, depuis un vert pâle et fugitif, jusqu'à un noir de suie. Et maintenant, d une voix murmurante, ils attirent la muse solitaire, dans leurs allées jonchées de feuilles *. » — <( Voici que les feuilles, tombant sans cesse avec bruit du bocage cm deuil, font tressaillir les promeneurs studieux et dans l'air agité tournoient lentement. Mais si une brise plus rapide vient à gémir parmi les rameaux, le déluge de feuilles se dévei*se, masquant le ciel, jusqu'à ce que, étouffées sous Tépais tapis que leur fait cette triste averse, les avenues de la forêt, à chaque vent qui s'élève, roulent au loin cet amas tlétri et fassent entendre ^ un sifflement lugubre '. d

Enfin, sans s'arrêter, là non plus, à des descriptions précises ^t détaillées, le poète a enregistré les caractères par lesquels se distingue la végétation des tropiques violente et inépuisable Comme les forces naturelles qui l'alimentent : « Forêts majes- ^ tueuses où éclatent toutes les vigueurs du vert, et dont les ^ assises superposées ondulent sur les montagnes, ou s'étalent ^ énormes jusqu'à l'horizon lointain; immensité sans limites a d'ombre épaisse. Là des arbres élevés, inconnus aux poètes « d'autrefois, des géants, nobles fils d'une chaleur puissante « et des eaux que déversent les nues, dressent vers le ciel leurs « troncs épineux, et loin autour d'eux répandent, au milieu f du jour, l'obscurité '. »

1. Summety 516-522. — 2. Autumn, 930-955. — 3. Ibid., 989-997.

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