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2. Cela ne suflît pas non plus h ces arts inférieurs qui servent les caprice> de la mode dans les vêtements des femmes. Dans la lanf^ue spéciale qui s'y réfère, chaque saison am(.me rôclosion de termes, parfois ingénieux ft exacts, pour noter certaines nuances ou certaines combinaisons nouvell<^' .Mais il est ïi remarquer que très rarement ces termes entrent dans le courant de la langue fj;énérale. Ils durent une saison, « a season's glitter'* * {Summei\ v. 34S), sont vite remplaces et oubliés au profit des Tocables nouveaux correspondant h. d'autres objets. II semble que la langue se rcfu»*' à adopter ces termes qui enregistrent de trop particulières observation^ de couleur, et quand un retour du même besoin se produit, après quelques années, c'est d'ordinaire un mot nouveau qui remplit le même oriice- La destinée de ces mots est d'être capricieux et éphémères comme ce> variations du goût pour le service desi]uellcs ils ont vécu un jour.
laysages littéraires. On prétend seulement que TelTet en est rés différent de celui d'une peinture. Le talent de Técrivain l'a pas consisté à reproduire tous les traits de la scène qu'il a evant les yeux *. Il a su, par quelques indications choisies, lous communiquer l'impression qu'il a sentie, et provoquer ans notre imagination Tapparition d'un tableau plus ou moins récis, et de fidélité fort variable. C'est une nécessité de l'art à iquelle n'échappe aucun des écrivains qui se sont le plus iqués de puissance graphique de description. Les tableaux: aux étails accumulés où se plaisent par exemple Victor Hugo ou I. Zola ne sauraient jamais nous faire voir une scène pour ous inconnue. Mais ils produisent par l'accumulation de traits articuliers un certain état affectif de Tàme; ils concourent à 3US communiquer une impression et une émotion, à la suite îsquelles notre imagination crée eJle-méme un tableau. Rien î garantit qu'il soit semblable à celui que le maître avait ivant les yeux, mais nous avons l'iJlusion qu'il n'y en a qu'un ul. En résumé les procédés des deux arts peuvent se distinler ainsi : le peintre met devant nous une image de la chose e pour que cette image provoque en nous l'impression qu'il *essentieen face de la réalité. L'écrivain nous communique, r les ressources spéciales à son art, l'impression qu'il a bie et nous invite à imaginer aloi's les apparences visibles, i la lui ont fournie.
rhomson a le sentiment très net de cette impuissance de langue à placer devant nos yeux l'image des scènes comxes, des masses aux contours arrêtés, ou des étendues colos. a Qui peut peindre comme la nature? dit-il. L'imaginaion peut-elle, dans ses œuvres les plus brillantes, montrer es nuances comparables à celles des choses? Sait-elle les mê- 3r, les fondre l'une dans Tautre avec cette habileté suprême [ue manifeste chaque fleur qui s'épanouit? Et si l'imagination uccombe impuissante sous cette tâche charmante, hélas! [ue fera le langage? où trouver des mots teints de nuances si
. Crabbe lui-môme, le plus minutieusement exact des peintres poètes, bbe, qui revendiquait pour son art les droits et les' prérogatives de la ilure, écrit :
• A part I paint — let Fancy form tlie rest. •
{The Uorough, Letter I, v. 6.)
flc diverses *? » — Mais il a aussi compris en quoi consiste U supériorité de récrivain. 11 a pour lui la durée. S'il ne peut, comme le peintre, combiner divers éléments en vue d'une perception unique, il peut, au contraire de celui-ci, noter la succession des apparences et suivre dans ses incessantes modifications, l'aspect de la nature. L'objet même du poème des <i Saisons» c'est celte série de transformations qui entraine le monde des choses il travers les diverses heures de la journée et les différentes saisons de l'année. Voilà pourquoi les tableaux qui représentent quelqu'un des phénomènes météorologiques ont une si grande importance dans l'œuvre de Thomson. Les « Saisons)» ne nous laissent guère le souvenir de tel ou tel coin de paysage nettement indiqué; mais elles sont toutes pleines des agitations de l'atmosphère, des visions mobiles qui animent, diversifient et renouvellent sans cesse l'aspect des choses. Aucun poète n'a su plus puissamment nous faire voir ou entendre la chute apaisante et bénie d'une ondée de printemps, le fracas d'un orage d'été, la tombée silencieuse, prolongée, monotone de la neige, les splendeurs progressives d'un lever de soleil, les épouvantes de la tempête ou de l'inondation, ou même, par contraste avec le mouvement qui est la vie normale des choses, l'engourdissement que l'hiver jette sur la nature avec son linceul de neige et de glace.
Ce sont tous les tableaux rappelés dans une autre partie de notre étude qu'il faudrait citer ici de nouveau, s'il était besoin de justifier notre remarque. On n'a pas oublié ce paysage d'automne où volent au ciel les nuages dispersés dont les ombres courent sur le sol -. C'est le mouvement des épis qui fournit le trait caractéristique du champ de blé '. Les orages doivent leur efTel à Taccumulalion des phénomènes successils
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