‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 119 sur 272 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Quelques lignes de J. Burrouglis, Inexact et enthousiaste observateur américain, ofTrent le meilleur commentaire du |>assage. Il a lui aussi •înregislrô ce «létail tout arif^lais. • From my ouUook (on Ihe slopes of Uelwellyn), the hay-makers appeared to be slowly and laboriously roHïQK up a grcat slieet of dark-brown paper, uucovering beneatb it one of the most fresh and vivid green. The mown grass is so long in curing in Ihi^ country, Ihat the new blades spring benoath it, and a second crop is Nvell under way before the old is carried. • (In Wordsworfh*s Couniry. rresh Fields. p. 21"».)

1^ précision de la remarque a frappe Saint-Lambert et il a voulu I» conserver. Il est vrai qu'il la gâte en subtiluant le champ moissonné au pré fauché, et en faisant intervenir des moutons bêtement surpris; mai:) que ne gàtc-t-il pas? Après avoir dit de son agriculteur :

• Il apprendra cet art de choisir les engrais, (^e grand art qu'à Townshend a révélé Gérés -,

il lui recommande d'apprendre

« A contraindre les champs depuis peu moissonnés D'offrir une herbe tendre aux troupeaux étonnés. •

[Automne, p. 112.)

4. Sitmmcr, 444, 44:>. — 5. Ibid., 48»i-i8«.<. — «. Ibid,. 1117-1120.

ments nombreux des moutons qui, afTairés, broutent les trèfles de la vallée * ». — Et dans cette <t Saison » encore lentionnons <i sur le champ couvert de chardons la pluie blanchissante de duvet végétal qui, lorsque la brise s'élève, flotte capricieusement * ».

L' d Automne » est la moins heureuse des quatre parties du oème. C'est la dernière venue. Le labeur de l'écrivain y res- ;mble parfois à l'accomplissement d'une tâche. Nous y retrouons cependant en aussi grand nombre qu'ailleurs ces traits e pénétrante observation qui nous occupent. Le poète, Tarste sincère pei*siste, et se révèle sous les amplifications un peu )urdes de ce dernier chant.

On se rappelle ce passage où le lièvre nous était montré lierchant à se dissimuler dans les terrains ou parmi les plantes vec la couleur desquels sa robe peut se confondre. Aussitôt près l'animal nous est décrit lui-même : « tapi ; les oreilles repliées, explorant l'horizon de ces yeux saillants que lui a donnés la nature, et qui jamais ne dorment; la tète couchée entre ses pieds velus, tout prêt à bondir et à fuir' ». — Voici 3 verger en automne : « obéissant à la brise et au soleil qui les frappe, les fruits quittent les branches lourdement chargées, en une continue et molle chute de choses mûres ». — ^t quand viennent « les nuits plus fraîches, les pommes tombent nombreuses, secouées et répandues sur le verger qu'elles rougissent par la main vigoureuse de la saison ^ ».

- Dans un autre climat notre voyageur a vu les vignes prêtes )our la vendange, a les raisins s'aperçoivent à demi entre les : feuilles; quelques grappes flamboient ardentes, d'autres : brillent transparentes, et la saison de pleine maturité souflle i sur les grains gonflés une blanche pellicule de vivante ï rosée * ». — Il faudrait tout citer de lu description du brouilard; rappelons seulement (( la rivière, indistinctement aperçue, ( qui semble, morne et lente, rouler la vague de brumes * ».

— Suivons avec le poète un sentier de forêt en cette saison nélancolique : « chaque fois que le vent gémit parmi les brani ches, un déluge de feuilles tombe sur le sol, jusqu'à ce f qu'enfin les sentiers tapissés et étouff'és par cette triste pluie

{. Summer, i23t, 1235. — 2. //m/., 1058-1600. — 3. AutuMti, 410-414. ^. Ibid., 629-640. — 5. /6îV/., 690-903. — 6. Ibid., 719, 120.

344 JAMES THOMSOiN.

« roulent, à cliaque souflle qui s'élève, des monceaux flétris, « et s'emplissent d'un sifflement lugubre* ». — L'automne a aussi ses aspects riants, et Tobservateur y a noté « la mona tagne brillante qui tout entière s^anime de mille ruisseaux « jaillissants d ^ — Et, pour prendre aussi un exemple aux dernières pages de ce chant, rappelons cette pure et calme journée : a II n'y a de brise que ce qu'il en faut pour élever <( du sol les tils ténus de rosée évaporée ' ». M. Logie Robertsou se porte garant de la délicatesse et de Texactitude de Tobservation. « Par ces tranquilles matinées d'automne, dit-il, quand « un de ces lils légers vous touche le visage, on est tenté de a croire qu'il va pleuvoir, mais le ciel est partout bleu et enso- « Icillé, et nul vent ne peut chasser la rosée des lourds épis « de blé *. »

L' (( Hiver » contient une admirable description de la tempête. Parmi les signes précurseurs du grandiose phénomène, le pocile a noté de bien subtils et de bien menus détails : « Vues a à travers lair trouble et agité, les étoiles émoussées émettent « un rayon frissonnant; et dans la chaumière où la ménagère « pensive, toute à sa laborieuse veillée, allonge le lîl de lin, les (( souffles brefs du vent, qui au dehors soulèvent les feuilles « flétries en rapides tourbillons, font couler la chandelle et (( pétiller la llamiuedu foyer ^)). — Quand la tempête l'ègnesur le monde bouleversé, « les nuages fuient sur le ciel, confusé- « ment mêlés aux étoiles qui glissent rapides ® ». — Sur la terre uniforiaêinent recouverte par la neige, avec quelle netteté se détachent les objets qui seuls tranchent sur Tuniverselle blancheur : « le cours d'eau sinueux sur lequel fondent les a flocons" » ou « les hôtes fauves qui fuient les déserts où ils ne (( trouvent plus de nourriture *• ». — Là où la neige, accumulée dans un étroit vallon, l'a comblé et s'élève en une éclatante colline, le poète a vu au sommet le blanc « panache qui monte a et tournoie '•* » cjuand le vent emporte cette poussière de neige. — (( La bise glacée, qui souflle tour à tour des divers points de (( l'horizon, dépose sur le marais une pellicule bleuâtre, et iL arrête au milieu de son cours le ruisseau jaseur *°. » — La

1. Aulinnn, t»9;j-în)7. — 2. Ihid., 'i\\^, "îcifi. — 3. IbiiL, 1211, 1212. - 4. Thnmson *s Works (Glarendon Press Séries), noie p. 343. — 5. \Vintn\ 130-136. — 6. Uni., ir,, 1%. — 7. IhhL, 23i-2:U). — 8. Ibid,, 256, 257. — ». M/V/., 273-275. — 10. tbid., 723-720.

€ gelée affine et rend plus blanche la neige * ». — Et quand le dégel se produit n les montagnes brillent tachetées * ».

Combien d'autres exemples on pourrait ajouter à ceux-là! Quand l'attention s'est une fois portée sur ce caractère des descriptions de Thomson, on demeure surpris qu'il n'ait pas été plus souvent et plus fortement signalé. Aucun poète peut-être n'a plus souvent enregistré de ces vives notations des choses. Aucun non plus (et ici la traduction est bien insuffisante pour mettre les preuves sous les yeux du lecteur) n'a reproduit ces délicates observations par de plus heureuses trouvailles de langage.

Page 1