‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 122 sur 272 · Kxprcssion do .Mr. Shairp · texte numérisé non relu

Kxprcssion do .Mr. Shairp

î obsen'ation complaisante, à une description de la nature.

détails dès lors et les formes précises importent moins que vastes ensembles et les grands mouvements. C'est dans le nerre ou dans le mugissement de la tempête plutôt que is le murmure du ruisseau- que s'entend la voix du Toutissant *. L'immensité du désert ou de la mer parle de lui s éloquemment que la source ou la fleur '. Mais jamais la lire n'est par elle-même un objet digne de la contemplation 1 hommes. — Cet état d'unie qui subordonne si radicalement Tionde visible au pur esprit n'est pas propice à l'art. Il est le me qui, dans la civilisation musulmane, aboutit à éliminer ite représentation directe des choses. Et si le lyrisme biblique iferme en grand nombre des peintures merveilleusement ictes dans leur concision, on peut dire cependant que la escription » du Livre saint ne compte pas parmi les notables erprétations de la nature, parce qu'il y manque le sens d'une indeur indépendante dans le monde des choses, et une symthie pour ces existences inférieures.

Parmi les poètes modernes il en est beaucoup qui ont ainsi

dans l'observation des créatures l'occasion d'un hvmne donation au Créateur. Mais chez eux également nous pouls noter combien la préoccupation exclusive de cette dépenicedu monde nuit à l'interprétation artistique. Chez Cowper, >lus religieux des écrivains qui nous aient donné d'abondantes icriptions, la poésie de la nature ne s'élève jamais au-dessus n niveau familier, moyen, presque médiocre. On sent que n'est pas là que jaillissent pour lïime du poète les sources Jt'ondes d'émotion. On a pu se demander si l'auteur de ces •Icaux aimables et exacts eut réellement au cœur l'amour de nature -.

juand cet amour au contraire est puissant, le besoin d'idéailion auquel il s'associe d'habitude aboutit à une autre con- Hion. C'est dans le monde lui-même que le penseur place

• « La voix du Seigneur a tonné dans sa vertu et sa magnificence. )t elle (pli hrise les cèdres, cVst elle qui éteint Ui^ flammes, c'est elle ébranle les déserts. » (Psaume XXVIII.)

. • l)ieu est admirable dans les hautes mers » (Mirabilis in altis niuus). (Psaume XCIl.)

. - Keble does nol believe iu Cowper's love of nature, aud opp"'ses Ihc borate Evening, in the IV "* Book of IheTask, to Bnrns^s pastoral cliant Uainiy Davie, • (Siiaihp, On the Poetic Interpret.^ cbap. xiii.)

3S6 JAMES TROIISON.

alors le principe de vie et de grandeur. Il aboutit au panthéisme naturaliste. Son enthousiasme, refusant également de sabo^ donner Tunivers à l'homme et de le sacrifier à Dieu, élève le monde lui-même à la suprême dignité. Cette déification se produit quelquefois à Tinsu du poète. Elle peut être en contradiction avec les croyances philosophiques ou religieuses qu'il professe. Elle se superpose aux négations matérialistes de Lucrèce, comme à la foi chrétienne de Wordsworth. C'est elle qui, depuis ce dernier, est demeurée la conception fondamentale de la poésie descriptive. Elle a consacré l'importance extraordinaire donnée à 1 étude et à la représentation des choses dans nos littératures. Ellejustifie toute l'admiration et tous les transports des modernes peintres de l'univers. Elle ouvre en même temps au poète philosophe un champ illimité de recherches et de découvertes. Cette réalité unique et divine qui, « diffuse a parmi les choses, a son séjour dans la lumière des soleils cou- « chants, dans le cercle de locéan, dans l'air vivant, et dans le a ciel hleu * )>, sollicite de Thonime un eflbrt pour la pénétrer, la fixer et la comprendre. « Ne pouvons-nous pas espérer... a que nous y gagnerons un pouvoir nouveau de communier <( avec le monde invisible d'entendre le courant puissant (( des choses qui tendent à leurs fins parler, pour l'éléva- (c tion de notre pensée, d'une voix claire et sonore?* • Et la tâche du poète est alors de prêter l'oreille à cette voix mystérieuse, de pénétrer jusqu'à la réalité qui se cache sous

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