La plaine brille, heureuse et pure
Le bois jase, Therbe fleurit....
HomDie ! Ne crains rien ! La nature Sait le grand secret, et sourit. »
(Ij:s Hayons et les Ombres. Spectacle rassurant,)
2. IL Taire, La Fontaine et ses Fables^ chap. ii, l'Expression, p. 306, 301.
craindre de Tesprit de science, de précision et de vérité, avec lequel il est dangereux, même à la poésie, d'entrer en lutte. Le monde qu'atteignent directement nos sens, et la passion humaine dans des cœurs humains, voilà le véritable objet de Tétude de l'artiste. C'est là son domaine, et là seulement il est assuré de ne pas perdre pied.
« La beauté cV>l la vérité: la vérité c'est la beauté, voilà tout ce qu«» Vous savez sur la teri-e. el tout ce que vous avez besoin de savoir • ».
Ce n'est pas sans doute tout ce que nous aspirons à savoir. Malgré le conseil du poète, l'humanité ne cessera pas do faire effort pour ajouter aux plaisirs du beau les joies plus chèrement acquises et plus austères de la connaissance. Et si cet effort des philosophes est condamné à un éternel insuccès, l'art trouvera son compte dans les doutes, les échecs, les douloureux désespoirs de cette lutte, plus encore que dans les prétendues révélations d'une divination imaginaire.
Voici une conque marine. Il y a pour notre œil une caresse et un charme dans la ligne élégante de ses spires, dans le rose exquis et les délicates teintes opalines de sa nacre. C'est la joui.^ance ingénue et sans sophistication que ressent en face de la nature un observateur naif. Elle peut s'associer aux émotions graves et hautes que suggère la pensée de ces deux immensités, la mer et le temps, qu'a traversées le gracieux objet. C est l'impression de beauté que s'efforce de traduire, avec ses retentissements profonds dans notre àtne, une poésie descriptive sincère et simple, telle que celle de Thomson.
Wordsworth ne se contente pas d'impressions aussi directes, et il met dans ce coquillage une vie, un souvenir, une âme, un enseignement.
« J*ai vu l'n iMifaiil curieux, qui. habitant une ré^'ion De l'intérieur des liTre»», apfdiffuait à son oreille Ij's volutes il'une roquill»' aux lévii's f>olies : Kt abjrs. dans un nuirï >ilcn«.e. son âme même