Voir Boswell's Life of Johnson, 11 avril m
ire que la musique de la phrase préexiste dans son esprit. )t elle qui sollicite la pensée, et celle-ci vient, non pas. jours sans effort, remplir le moule. On peut aloi^s en arriver 3gretter les longueurs, les obscurités et les gaucheries de ton, ou la simplicité prosaïque de Wordsworth. lette façon de composer de Thomson, ce n'est pas seulement î impression générale laissée par la lecture de son poème
la révrle; on en peut noter quelques indices très précis. 1 est un certain nombre de modèles de phrases qui revieu- U sans cesse dans les « Saisons id. C'est un cadre tout fait
doit se placer tant bien que mal la pensée. Le poète a, • exemple, une prédilection spéciale pour une construction is laquelle un déterminatif du sujet termine la phrase. Tantôt sujet lui-même est à peu de distance de ce déterminatif, tôt au contraire (et c'est alors surtout que le mouvement la période est caractéristique), le sujet est placé au début.
But yondcr cornes tlic poworfui kinj^ of dav hejoicirnj in thceast, The lessening cloiid,
The kindling azure
his ncar approaoh
Betoken glad K
Ile sheds Ihe shilling day, thaï huniished plays
On rocks, and hills, and towcrs, and wandering slrcanis
ïliyh gleamhifj from a far *.
. . . her dreadful Ihundcr hcnce Rides o*cr Ihe waves aublime '.
away they fly
Affectionate ♦.
Tins onc glad oflice more, and now dissolves Parental love al once, now needlcsa grown ^.
In Ihe pond
The finely checkered duck bcibrc her train Rows gairuloita. The stately sailing swan
Bears forward ficicc ^.
The house dog, wilh the vacanl greyhoiind lies Out-siretched and siecpy '.
And, lixing in the wrelch his cruel fangs, Strikes backward. grimUj plcascd '.
Summer, 81-85. — 2. Ibid., 88-90. — 3. Ifnd,, 428-429. — 4. Spring. 676. — 5. Jbid,, 731, 732. — 6. /6irf., 775-780. — 7. Snmmc)., •J32, 233. . Ibid,, 277, 278.
Ce complément ainsi rejeté à la fm de la phrase prend pa lois un développement considérable.
The food of man
While yet lie lived in innocence, and told A lengtli of golden years, unfleshed in blood, A stranycr to the savage arts of life,
The hrd, and not the tyrant of the world *.
The mountain brow
Where sils Ihe shepherd on the grassy turf, Inhaling healthful the descending sun ^.
Where gloomily retired
The villain spider lives, cunning and fiei^ce. Mixture abhorred ='/
Ce déterminatif du sujet vient dans d'autres cas se place début de la phrase. La suspension de sens ainsi obtenue, qu'à ce que paraisse le sujet reporté quelquefois à la fm, es des effets le plus fréquemment recherchés par le poète.
Hence al eve,
^teamcil eager froni the red horizon round, Wilh the (\orce rage of winler deep au/fused, An icy gale, ol't shifting, o'er the pool Hrealhes a blue film *.
Projrcted hugc and horrid o'er the surgc Alps frown on Alps ■*.
While, full of death^ and fierce wilh lenfold frost, The long long night, incumbent o'er their heads, Falls horrible *.
Subdued
The frost résolves into a Irickling thaw. Spolfed the mountains shinto ''.
C'est surtout au commencement des paragraphes que raît cet artifice de style. Il y a là comme un moyen d'à l'attention du lecteur par cette suspension du sens. Mais l'abus du procédé en émousse l'effet. Il semble que ce s propre verve et sa a muse haletante * », que le poète épi Je besoin de stimuler pour un effort vigoureux. Les exei
\. Spring, 235-240. — 2. Ibid., 831-833. —3. Jbid., 268-270. —4. V 720-124. — 5. Ibid,, 909, 910. — 6. Ibid,, 923-925. — 7. /6irf., 989-î 8. - My panling muse » {Spring, 573).
suivent sont tous des débuts de paragraphes; tous sont 'untés au même chant ; et ite ne sont qu'un choix parmi (ju'on y pourrait citer.
Ry wintry famine rouaed, from ail Ihe tract Of horrid niountains which thc shiniiig Alps And wavy Apennines and Pyrénées liranch out slupendous into distant lands, Cruel as ileath and hungry as the grave, Bnrning for blood, bony, and gaunt, and grim, Assembling wolves in raging troops descend *.
Among those hilly régions, ^vhere embraced In peaceful vales the happy Grisons dwell, Oft, rushing sudden from thc loaded cliffs, Mountains of snow their gathering terrors roll '.
There, tlirough the prison of unbounded wilds, Hnrred hy thc hand of Sature from escape, Wide roanis the Russian exile ^.
St il l pressing on, beyond Tornea's lake, And Hecla flaming through a wasle of snow, And farthesl Greenland, to the pôle itself, Wherc, failing graduai, lii'e ai length goes ont, Thc musc cxpands lier solilary flight ♦.
Thcnce winding eastward to the Tartar's coasl Shc sweeps thc bowling margin of the main *\
Muttering, thc winds at cve with blunted point hlow hoUow-blustcring from the south. Subdued The frost résolves into a trickling thaw •.
Wide oVr the spacious régions of tiie north, That see Bootcs urgc bis tardy wain, A boistcrous race, by frosty Caurus pierced, Who littlc plcasurc know and fear no pain, Prolific swarm '.
And, half enlivencd by tiie distant sun (That rears and ripcns man as well as plants), Herc human nature wears its rudest form. Deep from thc picrcing scason sunk in caves, llere bydull (ires and with unjoyous cbcer They waste the tedious gloom •.
is ce sont les fins de paragraphes qui, plus encore peutue les débuts, font apparaître dans le style de Thomson
inter, 389-395. — 2. lùid,, 414-417. — 3. Jtid., 799-801. — 4. Itid., . — 5. lùid., 902, 903. — 0. Jbid., 988-990. — 7. Ibid,, 834-838. — ., 938-943.
un procédé coutumier, une a manière "ty une forme de langage qui préi»xiste à la pensée et lui est imposée. Après ces périodes prolongées où il se plaît à étaler ses développements, il semble vouloir fermer et boucler son paragraphe, li fait alors appela une plirase concise, d'une seule proposition, qui, en un vere sonore amené par une conjonction, vient clore le passage. Au début du <( Printemps d, six paragraphes de suite (du quatrième au neuvième), se terminent ainsi par une phrase à effet qui occupe ou la fin du vers ou plutôt encore le vers entier :
Tlic harrow follows harsli, and shuls Ihe scène *. And sing thcir wild notes lo Ihe listening wasle *. And bc the cxhausdess granary of a world ^i etc.
Dans toutes les parties du poème se retrouve l'emploi de ces vers retentissants à la fin des alinéas, et presque toujours ils reproduisent un même modèle de construction.
And pour untoiling harvesl o'er Ihe land *.
And mark his beauteous chequered sides with gore *.
And lay the meddling sensés ail aside *.
And murinur hoarser at the fixing frost ^.
Parfois, un déterininatif est introduit entre la conjonction et le verbe :
And chcoricss drown the crude unripencd year •. \m\, once rojoicin^', nevcr know them more •. And in unbounded commerce mixed Ihe world *». And in loose fragments lling Ihem floaiing round **.
Un degré d'emphase plus accentué est fourni par un type de vers terminal où le sujet suit immédiatement la conjonction :
An«l Egypl joys benealh the spreading wave **. And Océan trembles for his green domain '5. And Mecca saddcns at the long delay *♦. And Thule bellows through her utmost isles *". And the sky saddens with the gathered storm ".
1. Spring, 47. — 2. Ibid., 25. — 3. Itid.^ 70. — 4. Summet\ 82i. -- 5. Auttimn, ij7. — 6. Winter, 208. — 7. Jbid., 713. — 8. Spring^ 141. — 9. Ibid., 753. — 10. Summer, 1012. — 11. Winter, 174. — 12. Summei, 821. -- 13. Ibid., 859. — 14. Ibid., 979. — 15. Ibid., 1168. — 16. Winter.iî^,
LES « SAISONS ». — LA LANGUE ET LE STYLE. 46S La similitude des phrases ne se borne pas à l'uniformité des luîtes; elle s'étend (larrois â la période entière. On peut, onime exemple, noter deux paragraphes de 1' « Hiver » qui ie suivent immédiatement '. Tous deux ont même nombre le vers; fous deux commencent par une phrase d'un demi- vers, suivie d'une phrase d'un vers et demi :
lluiia uproar lonls it wiAc. Tiic clouds commixcd Wilh star? swilt-^liilin); swecp along the sky. As ycl 'tis mldniglit ilccp, The wcory clouJs Slotv-ineeting, mjii{;lc inlo nolid gloom.
Et tous deux se terminent par un septième vers qui se di'taclie, isolé du reste, dans le mouvement de la période.
Mais lors mrme que l'impression de monotonie n'est pas accrue par cet exact parallélisme des plirases, cette chute sur un vers retentissant, de modèle si uniforme, est un procédé dont le poète a l'ait un regrettable abus. Au cours du paragraphe nous prévoyons et attendons l'effet saillant réservé pour la fin. Kt ce vefs sonore qui vient signaler le terme d'un développement, nous fait un peu l'effet de ce « han ! » final qu'a noté maître Itabelais che^ l'ouvrier (|ui achève un travail fatigant.
Ces défauts très apparents du style de Thomson ne doivent pas nous faire oublier les précieuses conquêtes que lui dut la langue de la poésie. .Nous avons rappelé comment il y avait ramené la liberté du rythme. Il nous reste à dire quels effets il a BU tirer de cette coupe plus souple et plus variée des vers. Kpuiser cette étude, ce serait analyser chacune des phrases du poème. Nous nous bornerons à quelques indications sur les formes les pluscaralêristlques.
Tous les effets de cette niture peuvent se ramener à deux types, selon qu'ils sont dus à la continuité du sens d'un vers au suivant, ou à l'arrêt de la phrase avant la lin d'un vers, — Le premier effet à attendre d'un prolongement de la phrase par enjambemeni, c'est l'itnpresssion d'un mouvement rapide. C'est bien l'effet que se proposent des vers tels que ceux-ci :
Lf iid me j'Oiir soiiff, ye 1%'hliiigiiU'--: ; oh pour The maij-ninniiig soûl of melorlv Into mv varieii verse '.