‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 193 sur 272 · Ess(n/ on the Life of Thornson, etc · texte numérisé non relu

Ess(n/ on the Life of Thornson, etc

conclusion qui s'impose : Thomson, alors même qu'il traduit le sentiment le plus sincère et le plus profond, ne trouve pas une forme littéraire où se révèlent la spontanéité, la simplicité ou l'ardeur des vrais lyriques. Il y a une indéniable franchise de sentiment dans plus d'un passage de cette pièce. On sent comme il le dit « qu'une douleur réelle inspire son cœur palpitant * » quand il rappelle les épreuves cruelles de sa mère :

La ninrt a f«Miiir ses yeux toujours bai|^més île larmes, Elle a enliii «lonué un séjour de paix à ee cœur lassé '.

Nous retrouvons la sensation d'un souvenir douloureux dans le passage où il rappelle les adieux, sur le quai de Leith, de cette mère qu'il ne devait plus revoir. — Mais ces émotions revêtent le plus souvent une forme bien artilicielle, bien littéraire ou bien pompeuse. C'est ici une réminiscence de Shakespeare que le poète adopte et développe comme pour un exercice d'amplilicalion :

Elle ne ressent plus le sort désolé de la veuve. Ni les cruelles épreuves que cache la pauvreté modeste, Ni le fléau du tyran, ni h) mépris de Torf^Hieil opulent. Ni tous ces autre< maux innnmhrahles de l'indigence^.

A côté des souvenirs d'école, les hyperboles et l'emphase de récolier :

Uu'à cotl(^ nouvelle la jnie abandouiu* ses hosquels de rnses Et (juc la douleur aux cris perçants désoh? ces heures néfastes '.

OU encore :

Puunjunj donc ai-je été, puissances divines, réservé à ceci? I*ourqu<»i n'ai-je pas h ce moment même «lisparu dans l'ahîme im- En^douli aussitôt par le flot im|)itoyal)le fmense?

VA h jamais enseveli dans une humide tombe ^'^

1. << True i^cnuine woe my throbbin^ breasl inspires. » (v. 'A.)

'2. ". And deatli lins shul hcr cver weepin^ eyes;

lias loil^ed at last in peace hcr weary i)rcast. » (8. 9.)

:^ « No more Ihe wi«io\\'s lonelv fate she feels,

The shock scvltc that modesl wanl conceals, Th'oppres?or's smurjrc, lh(» srorn of xNcallhy pride, And poverly's iinnundH'r'd ills beside. « (13-10.;

î. Vers 34, 3:;. — 5. Vers ît. 47.

En opposition à ces taches, il nous faut noter Tordinaire harmonie de la période qui se retrouve ici, malgré la rime, comme dans les vers blancs du poète. Il faut signaler aussi quelques traits auxquels se révèle l'observateur et le peintre puissant de la nature :

Au milieu «le Téolal joyeux du rouge soleil *.

Et nous mêlions nos murmures au p;rondement des vagues*.

Parfois même une épithète pittoresque vient affirmer que l'instinct du poète persiste sous la douleur du fils :

Je m'élançai désolé dans le navire aux lianes arrondis '.

Sur la mort d'Aikman.

De même caractère est la pièce beaucoup plus courte que Thomson a consacrée à la mémoire de son ami, le peintre Aikman. Les relations des deux jeunes gens avaient été des plus cordiales *. Le chagrin causé au poète par la mort prématurée qui interrompait une carrière pleine de promesses et qui brisait une chère amitié fut sans nul doute très profond. Les vers où il l'exprime ne sont pas cependant de ceux où son talent s'affirme. Il semble en avoir eu lui-même conscience. Ce petit poème ne figure dans aucun des recueils publiés de son vivant. Est-ce la forme adoptée qui l'a embarrassé et alourdi? Toute la pirce nous laisserait le souvenir d'une bien froide imitation du style de Pope, si les huit derniers vers ne venaient racheter la pauvreté du reste. Ils sont nets, brillants et concis comme les modèles imités. Comme eux aussi ils expriment des pensées devenues banales. Mais à l'exposé de

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