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l'un de ces lieux communs éloquents où se plaisait Pope, ils eyoutent le souvenir d'une douleur privée et cette pointe d'émotion qui manque aux chatoyantes antithèses du maître.
-.\ inesun» que tombent ceux que nous aimons, nous mourons en
L'un après l'autre se rompent les liens de noire cœur; [partie.
Jusqu'à ce qu'enfin la vie détachée — argile qui respire
Kt no sent plus la douleur, soit heureuse de se dissoudre.
Malheureux celui «jui le dernier est frappé.
Dont los yeux ont pleuré tous ses amis couchés dans la tombe,
Uni, attardé sur la terre, s'est traîné d'une mort partielle à une autre;
Jusqu'à ce que mourant, il n'ait plus rien à perdre que le souffle *.
Poème sur la mort de sir Isaac Ne'wton.
Newton mourait le 20 mars 1727. Thomson, qui venait de publier la seconde partie de son poème, et qui y avait confirmé le succès de 1' a Hiver d, consacra au souvenir du grand savant un poème de deux cent neuf vers. L'analyse des a Saisons » nous a montré déjà que Tauteur avait conservé, de ses études à l'Université d'Edimbourg, un goût très prononcé pour les spéculations scientifiques. Son sentiment très vif des aspects pittoresques de la nature s'accordait avec une curiosité active des lois scientifiques et des causes profondes qui se cachent sous les phénomènes apparents. Cette double raison le justifiait donc quand ce à défaut », comme il le dit modestement, a d'un autre poète », il prenait ce rôle de panégyriste du plus illustre des savants de l'Angleterre et des temps modernes. Son poème mérite de n'être pas oubHé parmi ses titres de gloire. C'est, si nous ne nous trompons, un de ceux oii se trouve exprimée le plus heureusement cette beauté, ditrércnte sans
i, « As thosc we love decay, we die in part,
Striug after string is severed from the heari; Till loosened life al last — but breathing clay Wilhoul one paa;^', is ^lad to fall away. Unhappy he who latest feels the blow, Whose eyes bave wept o'er every friend laid low, Dragged liogering on from partial death to death; Till dyiDg, ail he can resign is breath. •
doute de celle qui frappe l'artiste, que le savant sait voit d sentir dans les grands spectacles de la nature. Thomson apport* à rénumération des principales découvertes de Newton une chaleur d'enthousiasme qui lui permet d'échapper à la sécheresse, tout en restant suffisamment précis. Il rappelle eu quelques mots la grande loi de l'attraction ; il célèbre ce qu'offre d'admirable la simplicité de cette conception qui explique la mécanique céleste, « en affranchissant le monde des tourbillons ou des sphères D dont Ta valent encombré d'aventureuses hypothèses *. 11 oppose la pure grandeur de ce triomphe du génie aux sanglantes et stériles victoires des plus fameux conquérants. Puis il énumère les autres travaux et les découvertfô de sir Isaac : ce sont les satellites nombreux qui entourent et « égaient d les planètes lointaines, ce sont les mouvements de la lune (c alors qu'elle s'efface et ne laisse plus apparaître « qu'un faible croissant, ou bien quand elle grandit, et que (( ses [)àles et vagues rayons inondent le ciel du déluge de lenr <( douce lueur ». C/est le phénomène des marées rattaché à Tatlniction de la lune. C'est le nombre inlini des étoiles soumises aux lois de cette même pesanteur : a et celles que le <( dùme brillant d'une nuit d'hiver verse à nos yeux, et celles <( que la lunette va bien loin arracher au même abîme, celles (( même qui dans descieux de plus en plus lointains ne brilleol (( (jne pour les yeux de l'imagination - ». Il s'interrompt un moment pour louer la magniticence divine qui, d'une seule cause, a su produire de si magiques effets, et, dans un langa^ tout imprégné des souvenirs de Milton, il célèbre le mortel qui a su lire dans les cnuvres le plan du Cre»ateur '.
Il nous montre ensuite le savant poursuivant la comète dans sa longue courbe ellipti([ue « jusqu'à ce que le météore tlam- (( boyant revienne briller au front de notre ciel du soir, et a répandre la terreur sur les peuples tremblants ».
Puis, passant aux travaux de physique de Newton, il rappelle
1. l)<^Jà la premitTc édition de V » Klé - consacrait cinq vers ù un exp'J' de 1,1 Uiéorie de la gravilalinn. Le passage plus lard êlendu occupa aujourd'hui dans le poème les vers 08 à 10*).