‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 197 sur 272 · ResigD8 to folly and his mimic rout. • (v · texte numérisé non relu

ResigD8 to folly and his mimic rout. • (v

- Wilh laughter unreproved. • (2, 52.>Ktc.

Thou^h laboured happy, and though stroDgrefîncd*.

each fair desi<ni

Wilh frccdom regular, correcUy greal, A masicr's skilful daring*.

Induite motion ! source Stipreme of bliss.

Or Nvoe to man: our heavcn, or hell, below! ^

What Halifax approved, and Marlborough moums *.

lo mischicf prompt

Though impotent to wound : profuse of wealth Vol friendless and unloved; vain, fluttering. false, A vacant hcad, and an ungenerous heart '.

Ces derniers vers font partie de portraits qui visent évidemment deux critiques contemporains : « fieree-eyed Asper ■ et <( meaner Cenus ». M. Cunningham lui-même croit reconnaître Jolm Dennis dans le premier *, et admet pour le second la supposition qu'il s*agit de Aaron Hill '. Or, nous n'avons aucune raison de croire à une pareille attaque de Thomson contre Dennis ; mais nous savons que le poète a généreusement aidé de sa bourse et de son influence le critique vieilli. Quant à la supposition que Thomson eût, en 1729, dirigé une attaque violemment injurieuse contre Hill, son protecteur de la veille et son ami, elle ne résiste pas à Texamen.

Il faudrait, il est vrai, une pareille invraisemblance pour expliquer ce fait singulier que, ni le poète, ni après lui Murdoch et Millar n'aient inséré cette pièce dans les œuvres complètes; et que nulle mention n'en paraisse dans sa correspondance ni dans celle de ses amis.

G. Il ne parait gut're douteux que le compliment s^applique à Dennis «* poor, vicious, old -. Le « fierce-eyed Asper » rappelle clairement le portrait qu'a fait Pope du critique :

«• Dut Appius reddens at each >vord you speak And stores trcmendous. •

{Essat/ on CHticism.)

7. L'hypothèse est cependant beaucoup plus incertaine & notre avis. IjCs insultes adressées h Cenus n'auraient guère d'application possible a liill. Pope lui-mr?me, aux jours de sa querelle avec l'ami de Thomson, n'a lancé contre lui aucune des accusations injurieuses qui sont ici amoncelées. Le " mépris de toute pensée sérieuse • semblerait le dernier reprocha k Taire i\ Tanteur de tant de graves tragédies et de tant de projets diveri^ pour Tépuralion de la scène, ou pour l'approvisionnement de la marine anglaibe, on pour l'extraction industrielle de l'huile du hôtre.

PIKCRS DIVERSES. iiOo

lUtMi lu' vioiil doih' rliil)lir do laron })nsiti\r la paternilé de Tlioiiison, et dr tivs sérieuses cunsidéi'alions s'opiioseiit au ooiilraire à l'hypothèse do Cary et do Clunniugham. Puisque toute earrière est en cette circonstance ouverte aux suppositions, nous serions plutôt tentés de croire qu(î la pièce eut poui* auteur quelque poète du cercle de Thomson, peut-être Mallet, et que l'auteur des (c Saisons », apportant à Tœuvre son amicale collabomtion, y laissa ces traces, dont nous avons nous-nième signalé quelques-unes, de sa manière et de ses idées.

Poèmes divers.

Les éditeurs de Thomson classent sous la dénomination de «1 Miscellaneous poems » un grand nombre de morceaux d'importance très inégale. Nous avons isolé et considéré à part les pièces consacrées à la mémoire de grands hommes ou d'êtres aimés. Parmi les morceaux qui restent *, une première division s'impose. Trois au moins de ces courtes pièces devraient figurer parmi les œuvres de jeunesse. Leur valeur littéraire est faible, et Pintérèt le plus grand qu'elles puissent revêtir est de nous fournir des indications, conformes à celles que nousavons déjà recueillies, sur les débuts de la carrière poétique de Thomson, sur les premiers UUonnements de sa langue et de sa versification, et même sur les particularités de sa prononciation.

Ce sont des observations de détail qui nous permettent d'appuyer sur une base solide l'avis ici exprimé. Toutes ces pièces sont rimées, et l'examen de ces rimes détermine une division assez nette. Si nous considérons quelques morceaux dont la <Iate soit fixée, sans nul doute possible, à l'époque de la maturité de Thomson, par exemple : On the report of a wooden Bridge to be huilt al Westminster; To his Royal Highncss the PHnce of Wales, on the Birth of his first child (1737) —

1. Ils sont au nombre de 28 dans VAldine Edition, ou de 29 si Ton y comprend le poème Hn'tannia.

OU bien la pièce sur miss Stanley morte en 1738, nous y observons une entière propriété des rimes. Dans cette dernière pièce en particulier nous trouvons les rimes a tear » et « sincère •, tt die » et a eye », contrairement à ce que nous ont montré les pièces juvéniles. Mais dans A Paraphrase on the latterpart ofthe Vr^'chaptev of saint Maiihew *,nous voyons ce même substantif « tear »> rimer avec * care », « appears » avec le verbe « bears » et a feeds » avec a spreads ». — Dans la chanson intitulée T» Fortune^ que du reste Buchan, qui Ta publiée le premier, déclare avoir été écrite dans la jeunesse du poète et seulement remaniée plus tard, nous relevons les rimes a prove » et « love n. « flown » et « gone », « proan » et a on ». C'est là une raison suflisante pour que nous reconnaissions dans ces pièces quelques-unes des productions de la jeunesse de l'écrivain *.

Une mention spéciale est due à la pièce très curieuse et trè> intéressante qui a pour titre An Elegy upon James Therhuru, In Chalto. Le morceau nous est parvenu dans un état imparfait, trois strophes sont incomplètes, et le sens général n'est pas entièrement clair. Mais c'est la seule pièce de dialecte écossais que nous possédions de Thomson, et elle est de nature à nous faire regretter qu'il ne se soit pas abandonné plus souvent à cette veine de facile et gaie fantaisie. Rien dans ses petites pièces n'approche de l'allure chantante de cette élégie ironique. Par la vivacité du tour, aussi bien que par la langue, elle appelle le souvenir de Burns. Ce n'est pas faire de cette esquisse inachevée un éloge immérité que de dire qu'elle pour-

1. Le fragment n'est pas sans valeur. U souffre de la comparaison que ue pourra mauquer de faire le lecteur français avec le chœur d'.4/A<i/iet avec quelques lignes admirables où Bossuel nous donne aussi une paraphrase du chapitre de saint Mathieu. {i>ennon sur la Providence.)

2. Ce n'est pas à dire <iue dans les autres morceaux la proDonriatiorï soit loujt^urs parfaitement correcte. Mais les anomalies y sont rares ei portent sur un nombre de mots fort restreint. • Blood • rime avec • good • dans la pièce To the Prince of Wales on the birth of fus first born child. Les deux sons longs de la voyelle u sont assez souvent confondus : • solitude » et • good », • assume » et « bloom • riment dans VHymn ";i Solitude; « sure » et - pure » dans To Serophina, • clioose • et • muse • dans Stanziis to Lyttclton, etc. — Le mol « love «iqui joue un grand rôl«dans ces pièces, y est toujours accompagné d'une rime fausse pour n<'^ oreilles. C'est «« approve » [To Amandn in imitation of Catullus), • grove • [On Mrs Mendez' Dirthda}/), • im prove • [Corne, dear Amanda), « prove • {To Fortuné)^ • grove • (The Lover s Fate, To the Sightingale, To Myni\ • uiove » (Song. When lilooming Spring, etc.)

IMKCKS DIVERSES. TiOT

l'ait vUv alLriliuée au |)(>»'li' (rAyr^liirc (i'esl la iiirim; liardit'.sse (Je plaisanterie; cVst la inèiiie allure Ibrteineiit rythmée du vers; c'est aussi la niènie strophe prosodique dans laquelle se développent plusieurs des pièces de Robert Burns '. Ne seraiton pas tenté de croire cpie le grand lyrique, dont l'admiration pour Thomson est bien connue, a trouvé quelque inspiration dans cette élégie, si Ton ne savait qu'il a directement imité l'élégie de Sempill que rappelle la pièce de Thomson -? On en jugera en lisant de celle-ci le début et deux strophes caractéristiques :

Xow, Chatte, yoii'ro a dreai'y place, Pale sorrow broods on ilka face, Therburn lias ruii lus race

And now, and now, ah me, alas î The cari lies dcad.

The fumbling fellow, some folks say, Should be jobbed on baith night and day, Sho had withoul'en bel ter play,

Hcmained still, Barren for ever and for aye,

Do what he will.

Therefore thoy say hc got some help

]n getting of the HHle whelp;

Bul passing that, it makcs me yelp.

But what remead?

Death lent him sic a cursed skelp,

That now he's dead.

1. Celte strophe est composée de trois vers tétramèlres, puis un Irimètrc, un tctranièire et uu trimètre. Les quatre tétramèlres ont une seule rime, les deux Irimètres rimenl ensemble. — Robert Fergusson el Allan Ramsay avaient fait usage de cette strophe; Robert Sempill l'avait employée avant eux.

2. Si bien que nous retrouvons certain trait à la fois chez les trois

poètes :

- But what remead?

Hab Samson's dead. •

(U. Sempill, The Piper of Kilbarchan.)

« Bul what remead

That now he*s dead. »

(Thomson.) • Yet what remead?

Tarn Samson*8 dead. • «. o » ci \

(BuRKS, Tarn Samson's Elegy,)

Le reste de ces œuvres légères nous montre, avec une certaine diversité de sujets, plusieurs points communs. Toutes ces petites pièces sont rimées; elles sont presque toutes à rimes croisées. 11 y a là des sujets qui appellent l'allure grave du pentamètre. Ce sont des morceaux de morale ou de description de la nature, comme celui que Thomson adresse à Dodington : « THomme Heureux », ou bien des pièces ironiques, de plaisantes parodies telles que a L'incomparable Docteur soporifique », ou la pièce a Sur le bruit qu'un pont de bois doit être construit à Westminster », ou encore des pièces inspirées par un sentiment élevé telles que les « Stances à Lytlelton i, ou « rOde à la Harpe Éolienne », ou la pièce a Au Rossignol ». Même alors le poète s'efforce d'introduire quelque variété dans l'allure noble et facilement monotone du vers héroïque, en le divisant en strophes et en y croisant les rimes. Mais toutes les fois que le sujet s'y prête, et en particulier dans les nombreuses pièces (la plupart adressées à Amanda) où il prend posture d'amoureux, il varie son rythme, a recours au létramctre, croise ses rimes, ou combine dans la même strophe les rimes alternées et les rimes plates. Voyez par exemple la pièce (( A son Altesse Royale le Prince de Galles ».

Quant au fond, il n'est pas de nature à nous arrêter lonj:temps. Thomson n'est ni poète lyrique ni poète erotique. Sa gloire ne serait en rien diminuée par la disparition de ces courtes pièces peu connues et rarement attrayantes. Les dissertations morales de k l'Homme Heureux » sont d'une facture aisée mais monotone et sans accent. Les poésies de circonstances ne valent guère mieux que ce qu'auraient pu produire alors Cibber ou Eusden, les poètes-lauréats en fonction. Rien de tout cela ne vaut la courte pièce de dialecte écossais dont nous avons parlé plus haut. Les poésies amoureuses peuvent nous fournir quelques renseignements peu certains sur l'histoire de la passion de Thomson pour Miss Young. Mais il n'y faut chercher rien de ce feu, de cette éloquence, de cette grâce ou de cette force qui se trouvent dans les moindres couplets adressés par Burns à Tune des femmes qu'il a aimées. Faut-il croire que la pureté même des sentiments exprimés par Thomson se prêtait mal à l'inspiration enflammée de la grande poésie erotique? Sans doute un amour qui se déclare même chose que l'amitié (« Le Destin de l'amant ») se condamne à

une éloquence tempérée. Mais surtout Thomson, la chose est claire, n'a rien de ce qu'il faut pour ce genre de poésie. Il n'y a pas en lui ce pouvoir de concentration qui met dans une courte strophe ou dans un seul vers toute l'énergie d'une passion et toute la vie d'un cœur. Il n'y a pas non plus la grâce et la légèreté de main qui, à défaut du grand ébranlement de l'âme, donne un charme aux badinages de quelques poètes erotiques. Ses madrigaux sont lourds, sans spontanéité, sans aisance. — Voyez par exemple les a Vers en recevant une fleur de sa maîtresse » ou la pièce « A Myra » dont nous citerons une strophe :

Ah ! c'en est trop ! Je ne puis supporter

l'n rayon à la fois si doux et si perçant ;

Par pitié donc, ma belle bicn-aiince,

Détourne ces yeux capables de donner la mort! *

Encore est-ce là une des plus intéressantes parmi ces pièces amoureuses. La première strophe, de facture médiocre, contient un trait qui n'était pas banal. Avant de leur adresser le plat madrigal de la fin, Thomson avait vu dans les yeux de son Amanda des choses d'une complication assez moderne : l'azur limpide du ciel en même temps que Tombrc pensive des bois *.

Une fois encore le poète touche à une source d'inspiration qu'on croirait devoir lui être particulièrement favorable. Écossais et tout nourri de Spenser, il devrait être un heureux interprète du merveilleux, des fées et des esprits. Mais son « Ode à la Harpe Éolienne i> reste une froide composition, sans rien de la grâce vague et vaporeuse qu'il saura lui-même exprimer dans le a Château d'Indolence »; sans rien non plus do cette émotion mystérieuse que Collins fera vibrer dans ses vers; à plus forte raison, sans rien de la puissante évocation do ces êtres surnaturels et à demi inquiétants que nous donne l'auteur de Tarn 0' Shanter. De toute cette collection de poèmes divers, le mieux venu sans doute est cette page de fantaisie

Page 1