How froni Uie diamond single out cacli ray
Thaï, Uioiigb they tremble wilti ten tUousand Unes, EiTusc one poignant undivided light? • (11>13.)
Thomson ici lire parti d*unc comparaison déjà employée dans sa courte pièce sur Aiiunan :
« View'd round and round, as lucid diamonds Ihrow SliU as you lurn them. a rcvolving glow, So did his mind rcHect with secret ray, In varions virtues, Heaven's internai day. •
P4ÉCES DIVERSES. SOI
Et alors, après avoir célébré de façon générale les beaux traits (lu caractère de son personnage, il croit devoir louer tour à tour Talbot avocat, Talbot magistrat, Talbot membre du parlement, Talbot ministre, Talbot patron des arts et des lettres, Talbot homme privé, sans négliger de donner un souvenir à la table hospitalière du chancelier. Pour couronner le tout, une vision un peu inattendue montre au poète Talbot au ciel recevant la récompense de ses vertus. — A bien des moments le pieux entiiousiasme du panégyriste faiblit; les détails au moyen desquels le haut mérite du défunt est établi ne soutiennent pas toujours la chaleur et la verve de Técrivain. Son vers blanc, à la coupe très libre, devient alors facilement lourd ou prosaïque. Il semble que le poète en ait luimême conscience et s'efforce de relever 1 -allure languissante de son poème en y ajoutant Tattrait de digressions propres à stimuler l'attention. Il donne donc une fois de plus expression à ses sentiments de gallophobie (84-86); ou bien il développe des comparaisons étudiées et trop ingénieuses, comme celle où il met en lumière la différence qui distingue les diverses méthodes d'encouragement des lettres :
<c Cette onde bienfaisante, sous laquelle s'épanouit le monde « des lettres, ce n'est pas le don bruyant d'un midi estival, dont a le Ilot subit enlève aux racines mises à nu le peu de terre qui <c s'y trouvait encore, et ne fait qu'achever la ruine des fleurs ti rougissantes; non, c'est la rosée qui descend doucement le n soir, trésor silencieux des printemps, qui, pendant toute la a durée de la nuit, livre abondamment ses richesses; jusqu'à K ce que, lorsque revient le matin, le monde rafraîchi soit tout « parfum, beauté, joie, et chansons *. »
A ces jolies choses on préférerait quelques vers venus du cœur, au moment, par exemple, où, pleurant officiellement la mort du chancelier il se trouve mentionner le jeune Talbot, son élève, son compagnon, son ami si tôt enlevé. «C'est le meilleur des lils! le meilleur des amis * », dit Thomson, — et il ne s'arrête pas davantage.
Les vers qui terminent le poème en sont une des meilleures parties. Il y a sans doute beaucoup de rhétorique dans cette apostrophe à Talbot défunt. Mais par le nombre à la fois noble,
i. Vers 198-207. — 2. Vers 336, 337.
varié et soutenu, par Téclat et l'harmonie du langage, cette prosopopée n'est pas indigne des passages lyriques les plas heureux des a Saisons ».
A Poem to the Memory of Mr. Ck>ngreve.
Il nous reste enfin à parler d'une pièce, « A la mémoire de Goufi^reve », que les éditions modernes attribuent à Thomson. Elle a été publiée pour la première fois en 1729, et fut réimprimée en 1843 pour la a Percy Society » par Peter Cunningham. Elle lui avait été signalée comme devant être de Thornson par H. F. Gary, le traducteur de Dante.
On serait heureux de pouvoir confirmer cette attribution. Le poème en lui-même fait honneur à son auteur. Il serait d'autre part intéressant de noter ce dernier bonheur de Técrivain privilégié dont les débuts avaient été célébrés par Dryden. à qui Pope avait dédié son Iliade, que Voltaire était venu saluer comme Thomme de lettres le plus illustre de son pays, et à qui un autre grand poète aurait dit, quelques jours apn? sa mort, Tadieu suprême. Mais il faut bien convenir que les raisons alléguées pour attacher le nom de Thomson à wttt' production ne sont guère probantes. Mr. P. Cunningliam adopte la supposition de Gary, en raison de sa vraisemblance intrinsèque, et il la confirme par deux observations de fait. A la fin du petit volume que forment ces cent cinquante vers, l'éditeur donne une liste d'ouvrages par lui publiés. On y voit figurer lV'i?i(er, Summer, A Poem on ihe Deaih of Sir Isaac Newton^ et Britannia, — Get éditeur, Millan, était alors, dit Gunningham, Téditeurde Thomson. — La première constatation est peu significative. La seconde repose sur une erreur matérielle. Millau n'était plus Téditeur de Thomson en 17tS>. Sprhig, paru en 1728, était publié par Millar \ et Britannui (janvier 1729) par Warner. — G'est donc uniquement dans une étude des cai*actères de l'œuvre qu'il faut chercher les éléments d'une opinion sur ce point d'histoire littéraire.
i. Voir Biograpliie, p. T6,
PIÈCKS DlVKUSl'lS. 503
Il serait trè.s vralï^cnihlable que Tiiuiuson eùl lait pour Clongreve ce qu'il avait Tait avec succès deux ans auparavant pour Newton. On pourrait en outre, dans ce poème écrit en vers blancs, relever certains tours ciui sont bien dans la manière de Thomson :
The (jrcatly yoocL those uni versai miiids *, ou un début de paragraphe tel que celui-ci :
But slighting thèse ignoble namcs, thc muse Pursues lier favorite son, and sees him now, From tliis dini spot onlarged, triumphant soar, Beyond thc walk ol'Time to betler worlds, Where ail is new, ail wondrous, and ail blost! *
On pourrait aussi remarquer, comme cliez Thomson, des réminiscences d'expressions toutes miltoniennes^. On pourrait même signaler certain passage où il semble que Ton retrouve quelque chose des opinions très particulières de Thomson sur la pluralité des mondes et sur les migrations des âmes.
The unerring Hand...
That planted in Ihe soûl this powcrful liope,
This inlinite ambition of ncw lifc,
And endlcss joys, still rising, ever new *.
Mais ces ressemblances avec les œuvres authentiques sont vagues et sont très peu nombreuses. Et d'autre part les objections abondent à la thèse de Cary et de P. Cunningham. Le style du morceau, net et ferme et de bonne qualité, n'a rien de cet éclat que, même au prix d'un peu d'emphase et de tension, la langue de Thomson à cette époque nous montre toujours. La période n'y prend que rarement le développement ample et sonore qui caractérise la phrase des a Saisons d. Mais au contraire les vers secs, antithétiques, directement imités de Pope, ces vers si rares dans la langue de Thomson, sont ici relativement nombreux.