‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 20 sur 272 · You triumph over us translatord.... • (Même lettre · texte numérisé non relu

You triumph over us translatord.... • (Même lettre

f cissement à mon chagrin que dans le bonheur de mon pays c natal... j> *.

Très différent est le ton de sa correspondance avec Mallet. Sans doute il loue vivement les vers de son ami, et pousse la courtoisie jusqu'à se déclarer inférieur à lui * ; mais il lui adresse des conseils empreints d'un goût excellent ', et il maintient avec énergie, contre toutes les critiques, le plan de son nouveau poème *. Il remercie de même Aikman qui s'est proposé de corriger amicalement sa façon d'écrire, mais il défend, avec la fermeté du génie sûr de lui-même, la langue qu'il s'est faite et dont il entend ne pas changer *.

Ces lettres à Mallet, de juin à novembre 1726, sont d'un grand intérêt. Elles portent à chaque ligne la trace des préoc-

1. • Erery Muse, every Virtue, hère, languishes for yourreturn : to me your absence would be much severer, if my partial sympathy in the happioess of my native country did nol alleviate the misfortune....

■ May you sooo return to towo, résume the Plaia-dealer, and, if we are not defoted to destruction, restore the great dramatic taste by that Iragedy, part of which 1 had the honour and sublime pleasure of hearing read, by the finest reader, as well as the flnest author, io England. » (Uttre à Hill, du 20 octobre 1726.)

2. - Trust me, my friend, I could run with you the race of glory, if Heaven would permit; Irue I am iaferior, but through your assistance I niightbold out. » (Lettre de septembre ou octobre.) II pourrait bien y avoir <iuelqae malice sous cette extrême modestie.

3< Nous citerons seulement deux exemples de ces critiques. Elles serveat & montrer ce quMl y a de soin scrupuleux dans l'art de Thomson. Sur ce ^«8 de Mallet

IIIumin*d by the glow-worm's mimic day,

il remarque : « Tbere is a littleness in this I think, that does not suit the ^^^<^ioD. I would change it for the moon in distress, represcnted with as ooch ghaslliness as possible, to some such purpose as this :

Hlumin'd fainUy by the fading moon.

pans un autre passage. Mallet avait écrit • brown Night •, et son ami loi conseille de remplacer cette épithète qu'il juge bonne pour le Soir (Evening iu her brown mantle wrapt), mais non pour la Nuit. (Lettre de septembre ou octobre 1726.)

4. M. Logie Robertson suppose avec assez de vraisemblance que Mallet bUme ce plan parce qu'il Ta lui-même adopté pour son poème The Excursion. Thomson lui répond très simplement qu'il aurait dû exprimer ses objections plus tôt et que lui-même ne peut remanier maintenant un travail fort avancé déjà.

5. n Mr. Aikman did me the honour of a visit yesternight.... His reflections ou my wriling are very good; but he does not in them regard ibe tom of my genius enough; should 1 alter my way I would writc poorly, I mustchoose what appears to me the most significant cpithel, or I cannol with any heart proceed. » (Lettre à Mallet, du 11 août 1126.)

cupations littéraires, des lectures, des admirations du je écrivain. Des comparaisons avec Shakespeare et avec Mi lui sont suggérées par les vers de son ami. La façon m dont il mentionne le grand poète du xvif siècle indique qi place il lui a faite dans ses affections et dans son enthousias c This equals any image our Milton gave us of the evening Ici, comme dans d'autres passages de sa correspondance, allusions à Cervantes nous permettent de conclure que c Quichotte » était un de ses livres favoris. Enfîn ces lettres c tiennent force allusions aux événements littéraires du jour, qu'il annonce à Hill la publication des lettres de Pop Cromwell *,soit qu'il signale et déplore rabaissement du | public et le succès des comédiens italiens ', soit qu'il en tienne Mallet d'un récent ouvrage de Young * ou de la dern attaque dirigée par un poète contre Waipole '. Une seule a sion à sa vie privée nous laisse entendre qu'il ne s'isole paî la vie libre et peu édifiante de ses amis •. Évidemment il n croit plus aucune vocation pour le ministère sacré.

i. Lettre à Mallet du 11 aoûl 172C. Les vers de Mallet auxquels s*appl cet éloge sont :

« Onward she cornes with silent steps aud slow, In her brown mantle wrapl.... •

LMmilation de Milton est en efTet évidente.

2. « Notliing lias appcared hère since your departure, unless it be s mushroomisli pamphlets, beings of a Summer's night... I beg Mr. Pc pardon, some of wh «se letters to .Mr. Cromwell were surreptitiously pri by Curll; and yct, Ihough writ careless and uncorrected, full of wit gaiety. » (Lettre du 20 octobre 1726.)

3. • A new torrent of Italian farces is lately poured io upon us. advcrtisement which now lies before me... is such a maze of increc imperlintince, and promises so much folly, thut it is to be presumed bouse will be very full, and that too with persons of the first qualil (Même lettre.)

4. • I hâve not secn thèse reflections on the Dr. *s - Inslallment », hear they arc as wretched as their subjccl. The Dr. 's very buckram run short on this occasion; his alTected sublimity even fails him, and d* be cornes with no small velocily. A star to us, a cornet to the foe. » (Le sans date; [septembre ou oct. 1726] à Mallel.j

5. « Havc you heard that our blockhead Lauréate, or Lauréate Blockli (c'était Lawrence Eusden) bas had a fling at Waipole too? He had be bribe Ihem to silence. • (Môme lettre.) — On trouvera sur les rapp de Waipole avec les écrivains des détails très circonstanciés et très i dans Alexandre Bbuame, le Public et les Hommes de lettres^ etc., p. et suiv.

6. « What you write about is very diverting. She can make you s for ail that, when you think upon her. Perhaps I may tell you in my i

De la lecture de cette correspondance on reçoit cette impression, que les histoires littéraires ont fort exagéré la misère et l'indignité de la vie des écrivains à cette époque. Il en est peu, sans doute, qui, comme Pope, trouvent dans leur profession la richesse; mais d'autres temps ont réservé aux hommes de lettres plus d'épreuves et moins de considération *. Si Thomson, n'ayant d'autres ressources que sa plume, traverse quelques années de gêne, quand en a-t-ii été autrement des poètes? Le succès s'imposant de prime abord, c'est déjà un phénomène assez rare. Le succès d'argent accompagnant immédiatement I la notoriété littéraire, c'est une conjonction de faveurs que la Fortune accorde d'une main parcimonieuse et fort capricieusement '. D'ailleurs, il y avait autre chose que de la misère et de l'inconduite dans ce groupe de jeunes gens qui demandaient aux lettres la gloire et la richesse et ne les recevaient qu'en de bien modiques mesures. Il y avait aussi des qualités de cœur, une vivacité d'affection qui apparaît chez ceux-là mêmes dont la réputation laisse le plus à désirer, comme Savage ou Mallet'. Ces réunions, où tous apportaient du talent et du savoir, où se mêlaient aux littérateurs des artistes comme Dyer 6t Aikman, étaient sans doute l'occasion de conversations éle-

^betheror notwe design to consummate our unfinished loves, and trans-

'oîl yoa a letter I received yesterday (Lettre à Mallet, septembre ou

octobre.)

^8 termes « to consummate our uafinished loves • sont un souvenir ^'un amusant passage de Tke Hehearsal^ parodiant une tirade de • La Con- <|Qéle de Grenade • : ce souvenir indique suftisamment que les amours ^Qt parle ici Thomson n*ont rien de platonique :

« Boar beckons sow to trot in cbcsnut groves, And there consummate their unfinished loves. •

{The Rehearsalj fln du premier acte.)

!• Dans notre siècle même, et sans sortir de rAnglelcrre, qu'on se rappelle, à côté des succès de. Scott, de Byron ou de Moore, robsciirité où estaient les chefs-d'œuvre de Wordsworth et de Keats, ou les diflicultés i&atérielles contre lesquelles se débattait Coleridge alors même que son talent était reconnu.

2. Quelque trente-cinq ans plus tard, Goldsmith se plaindra de la situation faite aux gens de lettres par ses contemporains, et y opposera la façon dont ils étaient traités du vivant de Young. (Voy. Forster's Goldsmith, B. II, ch. VII, p. 120.)

3. Voyez avec quel dévoûment il aide aux débuts de Thomson. Il sait même, et le trait est plus beau, ne pas souffrir du succès de son ami. Quant à Savage, il est prodigne d'effusions reconnaissantes envers ceux chez qui il a trouvé quelque appui.

vées où, avec la vervr de leurs \ iïi}^^t-ciiu] ans. Ions ces jeunes gens aj^ilaienl les problèmes les plus intéressants de la critique. Cela nous aiderait à comprendre i)ourquoi rinlluence littéraire de Thomson s'est exercée principalement sur les poètes qui ont vécu dans sa société innnédiate : Mallet, Savage, Dyer, Young, Somerville, Armstrong, etc.

Enfin les charmes d'une société aimable et raffinée n'étaient pas inconnus à ces pauvres écrivains. Us n'étaient pas toujours dépenaillés comme les représente la légende. Nous ne devons pas nous figurer Thomson sans souliers et Savage en guenilles. Ils avaient accès auprès de Pope dont la délicatesse élégante se serait mal accommodée de pareils hôtes. Ils voyaient dans la maison hospitalière d'Aaron Hill, un intérieur charmant auquel présidait une femme distinguée qui s'intéressait au^ lettres et était elle-même poète *. Par la suite, il est vrai, l^s choses ont changé. Savage est devenu l'incorrigible et vicieu^ bohème que l'on sait; Mallet en est descendu à faire, moyerf nant rémunération, d'assez tristes besognes littéraires; mais, ^ l'époque dont nous parlons, il faut voir Thomson entou^^ d'une pléiade de jeunes hommes confiants dans leur talent, ^^* riches de bonne humeur et d'espoirs.

L' a Hiver » avait, à la fin de cette année 1726, atteint à Londr^^* une quatrième édition, sans parler d'une édition publiée ^ Dublin * ; a l'Été » était en bonne voie d'achèvement, poète pouvait espérer un nouveau succès accompagné de pli solides avantages pécuniaires. II quitta donc l'a Académie» Mr. Watts vers les derniers jours de l'année, à l'époque peu têtre où Mallet revenait de Twyford à Londres. Il avait la l^te pleine de projets. Après l'achèvement de 1' a Été », il entendait compléter le poème en chantant les deux autres saisons. I' voulut se consacrer tout entier à son travail littéraire.

Millan se chargea encore de la publication de l' d Été ». On peut s'étonner qu'après le succès du premier poème, Thomson n'ait pas obtenu de son éditeur de brillantes conditions pour le

1. Savnge lui a adressé des vers qui figurent dans le recueil de ses œuvres, et où il rend hommage au lulent de son aimable confrère.

second. Johnson dit qu'il en reçut peu de chose de plus que pour r « Hiver j> ; Wright, qui a mis en circulation l'anecdote des trois livres payées pour le premier poème, indique cinquante livres pour le prix du second *. Il est vrai qu'il se trompe sur la désignation de ce second poème, et croit le a Printemps » antérieure T « Été ». La vérité, nous le savons, est que Thomson ne se dessaisissait pas plus cette fois que précédemment de la propriété de son œuvre. Il n'a pu recevoir de Millan qu'une avance sur le produit certain de la vente. Du reste, à cette occasion encore, le poète entendait s'assurer un autre profit, en faisant choix d'un patron. Il voulut dédier le poème à lord Binning. Mais celui-ci déclina cet honneur, dans l'intérêt même de son jeune ami. Il lui conseilla de s'adressera un personnage qui fût plus en mesure de lui procurer quelque place lucrative, et suggéra le nom de Sir George Bubb Dodington, l'un des lords de la Trésorerie '. Les sentiments de bienveillance de

<• «This poem (Winter) sold so well that Mr. Miilar gave Mr. ThomsoQ ^0 1. for Ihat oo the Spring, and increased Ihecopy money for Ihe Summer •nd Autumn. . (Édit. de mo, Life of Thomson.)

C'est à cette • Vie » que Goodhugh a emprunté bon nombre des renseignements qui sont depuis entrés dans la plupart des biographies; à ^^iimencer par Tanecdote des 3 livres payées pour l'Hiver. — Nous pou- ^^hs voir ici encore combien Wright mérite peu de confiance. La petite ?^te que nous venons de reproduire renferme trois grosses erreurs : c'est ^lllàn el non Miilar qui publie les deux premières Saisons. La 2^ saison publiée est TÉlé et non pas le Printemps. Enfin ce n'est pas le même édi. ^^urqui a publié les deux dernières Saisons.

â. Bubb Dodington, né en 1691 el héritier d'une grande fortune, devint ^D 172i un des lords de la Trésorerie. En 1737 il se range parmi lesadhé- ^ots du prince de Galles contre le roi, et Walpole lui fait quitter la Tré- ^rerie. A la chute du grand ministre, il devint trésorier de la Marine. Après ravènement de George III, il fut un des confidents de lord Bute, et ^Q 1761 fut élevé à la pairie avec le titre de lord Melcombe-Regis. Il mourut l'année suivante. Mêlé très activement aux luttes politiques, et très répandu d'autre part dans la société littéraire, son nom est un de ceux qui reparaissent le plus souvent dans les écrits du temps. Il est loué par Thomson, par Young;, par Bentley qui le place sur le même rangqu'nn antre protecteur des gens de lettres : Halifax; Horace Walpole a pour lui quelque bienveillance (Royal and Noble Authors, vol. IV). — D'autre part Pope et Churchill le traitent durement (les traits lancés contre Duho sont fréquents dans les Satires et les Épîtres de Pope). Foote le met en scène dans The Patron, sous le nom de sir Thomas Lofty. Ilogarth le poursuit de ses satires mordantes; il ne tarit point en caricatures sur l'embonpoint du personnage, sur ses vêtements couverts de galons et de broderies, sur son énorme perruque et ses vastes manchettes de dentelle.

Dodington était un orateur abondant, brillant, pompeux et de mauvais goût. Il ne se contentait pas d'être le patron des gens de lettres, mais lai-ménie ambitionnait la renommée littéraire. • Il écrivit, dit Cumberland

70 JAMES THOMSOiN.

cet homrne d'État, qui se piquait de littérature, n'étaient pas douteux. Il avait, après la publication de 1* « Hiver », fait porter à l'auteur ses compliments par le Dr. Young, et avait exprimé le désir de le voir. Ce choix fut en effet plus heureux que celui de Sir Spencer Gompion. Thomson trouva en Dodington un protecteur et un ami; nous le verrons jouir plus d'une fois de l'hospitalité à la fois cordiale et fastueuse d'Eastbury.

L' « Été » parut dans la première partie de l'année 1727, en un format in-8, comme celui de la 2' édition de 1' « Hiver », et fut mis en vente au pris de 1 shilling G pence. La dédicace égalait en flagorneries extravagantes celle que Mallet avait écrite pour Sir Spencer, ou les lettres de Thomson à Hill. « La louange a publique célèbre hautement tint de vertus, mais la postérité « seule leur rendra justice. Puissiez-vous, Monsieur, vivre de « longs jours pour ajouter encore à l'état de votre gloire par « vos actions, et pour être par elles indiqué aux siècles à venir a comme le Mécène britannique!... Si ce que je vous présente « ici a quelque mérite qui obtienne votre approbation, je n'ai « pas d'inquiétude sur le succès; et, si l'œuvre ne réussit pas a à arrêter votre attention, je l'abandonne à son juste sort ', i^

Cette adresse en prose disparut après la seconde édition, et, comm3 la première dédicace de V « Hiver », fut remplacée par ur^ hommage en vers inséré dans le début du poème. H n'y a dm reste pas plus de discrétion ni de vérités dans les flatteries poé tiques que dans les autres. On se demande si le jeune Écossais ne se moque pas de son noble patron lorsqu'il célèbre son « génie et sa sagesse », « sa gaieté toujours décente », « son honneur sans tache », a son zèle infatigable pour la gloire a de la Bretagne, pour la liberté et pour l'homme » '.

de petits poèmes avec de grands cfTurts, et dos lettres travaillées où il moDtrt) une jjrande élégance de style et une cerlaine étrangeté d'expression. • — On a de lui un Jo-.irnal qui s'étend de 1740 à 1761. Il a probablement collaboré h Tonvrago historique de son protégé Ralph : Englaml durituj the reir/fis of William ///, Quren Anne and King George I. On Ta aiissi suppo«îé rauteiir d'une Epistle to the Right Uonourahle Sir Robcil Walpole (l>« édit.. 1720).

i. « .... The genoral voice is loud in the praise of so many virtues, though poslcritv nlone will do Ihem justice. But may you, Sir, live long to ilhistralo yoiir own famé by yourown actions, and by them be traasmitted to future time as the Britisli M«>cenasî... If what 1 berc présent you has any merit, so as to gain your approbation, I am not afraid of success; and if il faits of yoiir notice, I give it np to ils just fale. •

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