Summer, de 2) à
Le mois de juin 1727 vit paraître une des œuvres les plus heureuses qui figurent parmi les petits poèmes de notre auteur. Newton était mort le 20 mars. Thomson qui, dès FUniversité, avait acquis le goût des sciences naturelles; qui, dans son étude prolongée et enthousiaste de la nature, avait plusieurs fois rencontré les explications ingénieuses ou profondes, et les hardies synthèses de Newton, Thomson écrivit un Poème à la mémoire de Tillustre savant *. Nous aurons à apprécier plus tard la valeur de ce travail. Contentons-nous ici de noter Theureuse rencontre qui unit dans une œuvre digne de Tun et de l'autre, l'homme de science qui a donné aux phénomènes du monde sensible leur plus large et leur plus grandiose explication, et le poète qui, à ce moment même, en donnait la plus vaste et la plus noble traduction artistique.
Le poème parut en in-folio chez J. Millan V II était dédié au premier ministre. Nous savons que Robert Walpole n'était guère un patron des poètes. Il n'avait ni instruction étendue, ni goût artistique ou littéraire. Son bon sens robuste mais fort terre à terre tenait en petite estime tout ce monde des écrivains besogneux tour à tour humbles ou insolents, mais presque toujours quémandeurs. Sa politique ne s'appuyait pas sur l'opinion publique tejle que pouvait l'inspirer ou la diriger la foule des gens de lettres. Attaqué par la plupart d'entre eux, '1 opposait à ce débordement de violences et d'outrages une ^nhomie indifférente ou dédaigneuse. Thomson, nous l'avons pu voir », avait une certaine sympathie pour le ministre
^' Pour les renseignements scientifiques très [«récis et très exacts qui *« '■enconlrent dans le poème, il fut aidé par J. (iray Esq., F. H. S., l'au- ^^ur d'un traité sur l'artillerie, un des collaborateurs aux Philosophical ^^ntardions de la Société Royale, et Tua des disciples les plus éclairés de '^philosophie scientifique de Newton. 11 est probable aussi que Murdoch, '^ futur biog^phe de notre poète, qui devait se faire un nom parmi les <DaUiémalicieDS de son temps, a contribué à donner à son ami la connais- ^oee qu'il montre des théories newtoniennes. 2. La même année, une édition en était publiée à Dublin. Un des vers du poème, dit Murdoch, sort d^épigraphe aux Dialogues publiés par le comte Algarotti sous ce titre : // Neutonianismo per le- Oame. Algarotti et Thomson ont pu se connaître chez Pope, où lo brillant Italien fréquentait. Mais Tinformation de Murdoch n'est pas exacte, la première édition des « Dialogues •, publiée à Naples en 1137, avec une dédicace à Fontenelle, datée de Paris 1730, porte pour seule épigraphe ces quelques mots de Virgile, X« églogue :
— Quœ légat ipsa Lycoris.