‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 202 sur 272 · I, 110.116. — 2. I, 273. — 3. IV, 471, 472. - 4. V, 326, 327. - 5. IV · texte numérisé non relu

I, 110.116. — 2. I, 273. — 3. IV, 471, 472. - 4. V, 326, 327. - 5. IV

signifie que Jacques II licencia le parlement. Alors méine qu'elles sont plus facilement intelligibles, ces charades ne soDt guère dignes du maître écrivain des « Saisons ».

« Que les bois de TAsie fournissent, sans culture, une toison « végétale; et que, en vue d*une vie plus haute, le petit insecte- « artisan construise sa tombe de soie. Que les rochers étonnés (i déploient naissants et radieux les enfants du soleil aux teintes « variées *.... »

L'imitation de Milton n'est pas moins apparente ici que dans les (( Saisons », mais elle est moins heureuse. Elle porte principalement Sur les passages de dialectique. Le poète n'a pas su se faire, comme pour son poème descriptif, un langage à lui, original alors même qu'il laisse voir l'influence d'un grand modèle. Dans « La Liberté » l'imitation est parfois servile, elle résultat est désastreux. C'est qu'aux transitions, aux artifices de narration, aux figures de style et de pensée violentfô de l'imitateur il manque cette foi à la vie de ses créatures, et cet intérêt du sujet qui excusent dans le ce Paradis Perdu i» tant de naïvetés. On en peut juger par cet exemple entre cent autres :

llcie, interposing I — Oh, Vîueen of men!

Hencath whose sceptre in esscntial rights

Eqiial Ihey live; thoiigh placed for commoii guod

Various, or in suhjeclion or command;

And thaï hv conimon choice : alas! Ihe scène.

Wilh virlue, freedoin and wilh glory brighl

Slrcams inlo blood, and darkens inlo woe *.

Quant aux défauts naturels de Thomson, ils se montrent ici beaucoup plus nettement que dans les «c Saisons ». Nous savons que bien des taches ont disparu de celles-ci, grâce aux retouches de chaque édition nouvelle. Mais le public ne demanda pas de rééditions de « La Liberté » et nous trouvons dans le poème nombre de vers rocailleux et de déplaisantes assonances :

'Tis ail one doserl, desolale, and grcy, (irazed bv thc sullen buffalo alone '.

There, as incrcasing familles disclosed Thc tcnder slale, l taughl an cqual sway *.

i. V, 9-14. — 2. III, 328334. — 3. 1, 135, 13«. - 4. Il, 7. 8.

A nobler noie, and bade Ihe banquet burn '.

Be Ihis Ihy praise. ihat thon and thou alone *. *-►

In the high thoughtless gaicly of game '.

And monk-dii-ecled cloister-seeking king *.

Et cependant il y a autre chose que des défauts dans ces cinq chants qu'aucun rayon de popularité n'a jamais illuminés. Les compliments de Hill font l'efTet de pures ironies quand il loue « l'élégance, l'harmonie, l'énergie vivante, et l'exacte propriété des termes. i& (Lettre du 17 février 1735.) Mais nous pouvons nous associer à lui quand il considère a la grandeur € du plan, la noblesse, la profondeur, la richesse des senti-: c ments ». Et nous trouvons encore après lui à relever dans cette œuvre de réelles beautés dont il a peut-être été peu frappé.

Après avoir consacré sa première œuvre à la nature, entreprendre un grand poème à la gloire de la Liberté et à celle de l'Angleterre ce n'était pas une tentative médiocre. Nous savons que le jeune poète y apportait autre chose que le savoir-faire indifférent d'un rhéteur. C'est tout son être moral qui s'exprimait dans cette longue revue des événements humains, comme son génie artistique s'était donné carrière dans la peinture de la vie de la nature. Le plan adopté pour l'exécution n'était pas moins ambitieux que la conception première. Il y a peu d'exagération dans ce résumé que donne Hill du poème : ... a Tout « ce que les hommes ont souffert, ont fait ou ont pensé à tra- « vers toutes les révolutions des âges oubliés, votre muse... « le rappelle, le rejoue, le fait revivre, jusqu'à ce que nous « devenions contemporains de tous ces siècles d'action, jusqu'à « ce que nous voyons et sentions les changements par lesquels « ils ont brillé ou ont péri ' ». L'enthousiaste et amical critique se trompe lorsqu'il déclare réalisé cet ample programme. Mais n'y a-t-il pas quelque grandeur à l'avoir tenté?

1. II. 46. — 2, H, 251. — 3. III, 265. (Remorquer la valeur de « gaiety ., trisyllabe). — i. IV, 727. — 5. Leltre du n février 1735.

L^dée maîtresse du poème c'est que la liberté est dans les communautés humaines la source de tous les biens, de toutes les vertus et de tous les progrés. Et l'auteur se trouve ainsi amené à retracer non seulement Thistoire des révolutions |»olitiques de la Grèce, de Rome, de Tltalie et de la Grande-Bretagne, mais aussi le tableau desarts, de la pensée philosophique et de la civihsation dans ces pays. On comprend que, malgré son étendue, le poème ne suffise pas à pareille tâche. Du moins dans cette étude incomplète abondent les pensées généreuses, les vues élevées et les nobles sentiments. En dépit d'une |)ersistante et insulaire étroitesse qui lui fait tout paraître inférieur à son pays, qui lui fait comprendre Thistoire tout entière comme une lente préparation de la grandeur de l'Angleterre et de ses libres institutions, jamais écrivain n'a célébré avec plus de chaleureuse conviction les gloires de la Liberté.

Il y a certes chez Tauteur une limitation du goût artistique, une incapacité à com|)rendi'e certaines formes de la beauté, qui nous frappe dans les riches développements où il apprécie rœuvre des grands artistes de la Grèce, de l'Italie ou de la France. 11 ne s'est pas affranchi des jugements qui, jusqu'à la fin du XVII i** siècle, ont eu force de loi en ces matières. On chercherait en vain dans ces pages une allusion à la beauté des édifices gothiques; on n'y trouverait rien qui ressemble aux quelques vers où Milton a dit l'émotion religieuse qu'il ressentait sous les hautes voûtes aux vitraux mystiques *. Le temjè était encore lointain où l'on devait voir dans l'art du moven âge autre chose qu'une décadence barbare ou d'informes tentatives vers un idéal nouveau :

<( Les Goths de tous les siècles n'ont fait que charger la terre <c de lourds et [irétentieux monuments de honte '. n^

Et l'efTort si curieux des primitifs italiens vers un idéal de beauté à la fois subtil et naïf est apprécié par notre poète en ces termes :

« Indigente était la manière de ses premiers adeptes, stérile « et sèche, s'écartant à peine du goût qui, pendant des siècles.

\. Il Pensei^osOt 155-166.

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