‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 207 sur 272 · Voir p. -270 et suiv · texte numérisé non relu

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« LA LIBBRT&. » 833

parle en son nom, célèbre la terre classique des hommes libres :

a Par moi rendues joyeuses leurs montagnes hérissées «L savent plaire, plus que les plaines de la Gaule ou de lltalie. c Et souvent, quand ils en sont depuis longtemps éloignés, c ils languissent malades du désir de revoir les scènes de leurs « Alpes; le torrent au cours sinueux et profond; la vallée qui « étale sa beauté au milieu d'un amphithéâtre de montagnes. c Là, sur ^l'aile des vapeurs, s'élève soudain la tempête; puis c c'est le gai cortège des brumes qui montent d'étage en étage « et dont les masses roulent et prennent des formes pittores- « ques; le nuage rapide qui vient heurter une cime et, illua miné du soleil, répand une brillante pluie de pierreries. « C'est, suspendu au-dessus de rochers vertigineux, le frêne des «c montagnes et le sapin solennel et sonore; le torrent qu'ali- € mente la neige, et dont les eaux blanches tourbillonnent et « tombent jusqu'au clair lac bleu; et, dominant de bien haut « toute cette scène variée, la montagne qui se perd dans le « ciel, où brillent les glaces accumulées par les hivers succès- <i sifs, et dont la cime léchant les nuages retient les neiges Cl dont ils sont chargés *. »'

Le passage n'occupe que vingt vers de ce long poème, et cependant son importance nous semble ne pouvoir être exagérée. Les c Saisons i> nous ont fait connaître sous un double aspect le talent de Thomson comme poète descriptif. Il y sait peindre avec une force et un éclat uniques les scènes les plus fomilières, disons les plus banales, de la vie de la nature. Il enregistre en outre nombre d'aperçus exacts et de délicates notations qui, étoufTés parfois sous l'ampleur sonore, sous l'abondance un peu monotone, sous la noblesse parfois emphatique du langage, décèlent néanmoins la fmesse de sensations d'un rare artiste. Mais ici, il se montre à nous comme faisant entrer dans le domaine de la poésie un monde de formes et de visions nouvelles, aussi sublime que le monde des étoiles et que celui des flots, mais plus divers, d'une complexité plus riche et plus pittoresque.

Rousseau qui semble avoir profondément subi, avec tout son siècle, l'influence de Thomson, Rousseau dont les idées

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