LES ŒUVRES DRAMATIQUES. — <' SOPIIONISBE
>te. Le chant nuptial qui figure dans ses œuvres diverses nine ayant été destiné à la tragédie de « Sophonisbe » devait y e entendu à Tacte IV, au moment où le peuple se réjouit du iriage de Massinissa et de Sophonisbe. C'est ce chant qui vait apprendre à Lelius un mariage auquel il a peine à )ire. Certes nous ne voulons pas exagérer Timportance du )rceau. Il ne suffit pas à nous faire voir en Thomson un (île lyrique. Mais cette pièce à Vénus et cet éloge du dieu de rnour sont à coup sûr mieux venus que la plupart des aides ampoulées des protagonistes.
Vu début de Facte V, on peut noter aussi un court et brilit passage où se retrouve la maestria du grand poète desptif. Massinissa joyeux voit toute la nature s'associer à son nlieur :
The breezy sprin^^
Slands loosely floating on thc mounlain-loi). And deals Iut sweets arunnd.
blette comparaison des défauts et des beautés de la ti*agédie it sans doute suffire à expliquer le peu de succès de l'œuvre, sait cependant que Téchec en a été attribué à certain vers irné en ridicule au moment de la représentation. Nous )ns dit autre part avec quelle réserve il faut accepter ce iiu fait de l'histoire littéraire. Mais nous ne pouvons terner notre étude de la a Sophonisbe » sans rappeler le seul ssage qui en soit resté célèbre :
Oh!Sophonisba, Sophonisba, oh!
S'ous n'entreprendrons pas de réhabiliter ce vers malheu- IX. Il n'est que juste cependant d'affirmer que les contemrains de Thomson ne le trouvèrent pas, a prima facie », icule comme il nous apparaît aujourd'hui. Pour le rendre )tesque, on le coupe en deux hémistiches symétriques. Il est ir que c'est une trahison que ne prévoyait pas le poète. Sa [îctuation indique un arrêt après la première et avant la der- Te interjection. — Quant à ces interjections, elles sont moule courante dans la langue dramatique pendant une longue riode. Tliomson en use largement. Les « 0 Sophonisba! » ne it pas à compter *. Parfois même un autre nom propre
. Voir, par ex., acte II, se. u, et acte Ul, se. m.
exprimé deux fois et flanqué des deux interjections : c Oh! Narva, Narva, oli M » reproduit exactement le mouvement de rexclarnation plus célèbre de l'acte III. Mais n'oublions pas que les exemples de formes semblables abondent dans le théâtre depuis la Restauration. Le vers de Thomson se trouve presque identiquement dans Lee :
« 0 Sophonisba, oh! » (Acte I, se. n.)
Et quel est le personnage tragique de toute cette période dont le nom ne figure point au moins une fois précédé ou suivi de rinévitable a oh » *?
Thomson et ses contemporains semblent du reste avoir trouvé dans cette seule syllabe des beautés que nous n'y voyons plus. Leurs acteurs sans doute savaient les y mettre. L'indication scénique la fait quelquefois émettre simultanément par {plusieurs personnages. — Mandane et Memnon dans la dernière scène du Busiris de Young s'écrient à l'unisson :
a Oh! oh! »
C'est aussi par cette exclamation que se termine la plus célèbre des trtgédies du xviir siècle, le Caton d'Addison '. Voici le commentaire de Thomson lui-même sur cet éloquent monosyllabe et sur la façon dont il Ta entendu interpréter par Tacteur Booth : « In the last act in Cato... you would think he « expired with the Oh ! that ends it * ».
Thomson est donc loin d'être le seul coupable, et ce n'est pas à lui mais aussi bien à toute la race des dramaturges depuis Dryden et Lee que s'adressait la parodie deCarey, faisant tenir tout un vers dans cette unique et éloquente syllabe :
1. Acte II, se. m. — Fielding relève ce vers en même temps que fauUv. On a rapproché de ces passages de Thomson, une expression de Shake speare lui-même : • 0 my motherî mother, 185. 0! ■ {Coriolanus, V, m!j
2. On aurail pu supposer que l'un d'eux au moins devait échapper à la commune loi : VOroonoko de Southerne. Il n'en est rien.
• — Imoinda, oh! thy Oroonoko calls.
Imoi^da [coming to life].
— My Oroonoko! oh! 1 can't believe • etc.
(Oroonoko^ acte U, se. ui.)
3. • The besl may err, but you are good, and — oh! • (Dies,) i. « Lettre à Cranstoun du 3 avril 1725. •