The Naiad *niid lier reeds
Press'd her cold (loger doser to her lips.
(i LE CHATEAU D'iNDOLENGE. » 621
c l'écume crémeuse ». Mais toutes ces visions se succèdent et se déroulent au milieu d'une nature muette. S'il est fait mention de bruits, ce sont moins des sons que de vagues images auditives comme ces « battements du cœur qui font entendre c aux oreilles une musique », ou a celte délicieuse harmonie ce qui retombe plus doucement que les pétales ne tombent des c roses épanouies sur le gazon », ou « ces humides échos qui « se répondent d'une caverne à une autre à travers les festons « épais de la vigne ». L'art avec lequel Tennyson poursuit cette évocation d'un monde de visions muettes et rend sensible le silence est merveilleux. Ce sont tantôt des vers à la résonance étouffée \ tantôt des répétitions qui produisent un efifet voulu de monotonie, tantôt des interruptions du rythme où la voix du poète semble mourir dans de courts vere trimétriques. Il semble qu'à la lecture d'une pareille pièce un auditeur qui ne comprendrait pas le sens des mots doive cependant ressentir cette impression de langueur assoupie, de lassitude accablée des hommes et des choses qu'a voulu évoquer le poète.
Le monde au milieu duquel vivent les hôtes du Château d'Indolence est moins simple, et leur psychologie moins sommaire. Tout bruit importun ou discordant est écarté de leur domaine, mais l'air y est tout plein d'agréables mélodies. Leur destinée n'est pas uniquement de rêver ou de dormir, et le souhait des mangeurs de lotus n'est pas leur fait : a Donnezc nous un long repos ou la mort, la mort noire ou un loisir « plein de songes * ». Les promenades parmi les bosquets, les pelouses et les fleurs, le charme des mille voix des choses : chants des oiseaux et des ruisseaux ou bruissement des forets, aussi bien que les plaisirs de la table et les merveilles de l'art, autant de distractions qui animent et diversifient Toisiveté au Château. Il y a donc chez Thomson une moins saisissante évocation du repos et du silence, mais d'autre part une plus^ grande variété d'effets. L'auteur ne dispose pas du vers à la libre allure dont s'est servi Tennyson. Mais de la strophe régulière qu'il emploie il a tiré le parti le plus heureux. Les groupes de vers se succèdent, tour à tour lents et graves comme^
1. Par exemple celui-ci : « Why are we weigird upon with heaviness? » (The Lotos EalerSj Choric song, 2.)