Choric song
Pliilomelus, la transformation finale du séjour, autant de morceaux écrits de main de maître. Mais ce que nous ne trouvons plus, c'est cet air lumineux et enchanté qui flotte à travers la première partie et qui gagne notre foi aux merveilles de ce conte. Le charme du début est rompu. Le chevalier des Arts et de rindustrie est un personnage bien insubstantiel. L'allégorie dans son cas n'est pas arrivée à prendre corps, et nous ne pouvons croire douée de vie cette abstraction au nom interminable. Comment nous intéresser à son combat avec le méchant magicien? Thomson n'a pas ce naïf entliousiasme |)Our les nobles joutes et les beaux coups de lance qui se communique du poète au lecteur dans les récits de Chaucer ou de Sf)enser. L'auteur du reste n'est guère entraîné lui-même par l'illusion de sa fable. Il s'interrompt parfois pour nous parler de la condition misérable faite au [)oète par les lois et par la société, ou de la noblesse d'âme qu'a mise en lui la nature. Prises à part, ces strophes * sont fort belles. Mais elles détruisent l'illusion. C'en est fait des songes merveilleux et des régions qu'habitent les magiciens perfides ou les chevaliers libérateurs. C'est à un autre monde qu'appartiennent les écrivains besogneux, les grands seigneurs impertinents, les bourgeois indifférents et les éditeurs indélicats.
Philomelus fait de louables efforts pour combattre l'effet des chants par lesquels Indolence a ensorcelé ses victimes. Son langage est toujours fort beau et parfois très éloquent. 11 semble qu'il ait lu les « Saisons d et se soit approprié la déclamation sonore des passages de ce poème où l'auteur expose ses doctrines philosophiques". Mais les raisonnements et les objurgations ne peuvent offrir le charme des belles images et des évocations poétiques. Toute l'éloquence du sermon de Philomelus ne vaut pas une des strophes qui chantaient les délice du château et les séductions de la i^aresse.
L'inspiration du Château d'Indolence ne connaît donc pas ces fiers coups d'aile qui élèvent le poète loin au-dessus des