‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 4 sur 272 · Autumn · texte numérisé non relu

Autumn

3. W. HowiTT, Uimu-s and llaunts of the mosl Eminenl Urilish Poetf, p. 142.

Disons cependant qu*une tradition s'est conservée dans le pays, d'après laquelle Mrs. Thomson se serait trouvée, au moment de la naissance de James, à Widehope, près do ses sœurs. Le Révérend Mr. John Mair, de Southdean, est enclin k accepter l'hypothèse, et nul plus que lui ue fait autorité pour tout ce qui regarde l'histoire de la jeunesse du poète. Il nous semble cependant qu'eu l'absence de témoignages précis et directs» le reoseiguement reçu par Uowitt pèse d'un poids plus grand.

12 JAMES TnOMSON.

mois après la naissance de James, le 7 novembre 1700, il prêchait son sermon d'adieu dans Tégiise d*£dnam. Les paroisses de Gastleton, de Morebattle et de Southdcan avaient brigué Tavantage de l'avoir pour ministre. Il s'était décidé pour cette dernière, et, traversant d'un bout à l'autre le comté de Roxburgh, il alla se fixer au village de Southdean ou Soud'en. Il devait y passer le reste de sa vie, y voir s'accroître de cinq enfants la famille qu'il y amenait, et mourir à cinquante ans sans avoir entrevu la gloire réservée à son nom, et sans laisser aux siens d'autre fortune que le souvenir de ses vertus.

Ce n'était pas en effet Topulence que la paroisse de Southdean offrait à son ministre. Le presbytère était, nous dit un écrivain qui l'a vu, un petit cottage au toit de chaume *. Les appointements demeuraient sans nul doute en rapport avec la modestie du logement. Soixante livres sterling passaient alors pour un traitement très sortable à offrir au pasteur d'une paroisse écossaise. Au moins le pays était-il très supérieur en beauté pittoresque à la vallée de TEden. Southdean, ou la vallée du sud de la forêt jadis célèbre de Jed, est une paroisse d'une vaste étendue et d'une grande diversité d'aspects. Elle est arrosée par le cours sinueux delà rivière Jed (autrefois Ged); elle est coupée de collines, et terminée au sud par la chaîne imposante des Cheviots qui sépare l'Ecosse de l'Angleterre. Le Carter Fell qui domine l'horizon dans cette région atteint la hauteur de 1815 pieds. La manse était heureusement située à la base du Southdean Law qui l'abritait. Elle était précédée d'un jardin que le Jed entourait a comme une ceinture d'argent » ', et d'où l'œil embrassait toute la pittoresque vallée jusqu'au C-arter Fell dont le profil se découpait nettement sur le bleu du ciel, et dont les pentes couvertes de bruyères s'empourpraient au soleil couchant. Ce spectacle et celui des violences et des tempêtes de la mauvaise saison ont souvent arrêté l'attention de James. Il nous dit lui-rnénie comment, du seuil du presbytère ou de la fenêtre du petit salon, il observait le torrent gonflé, ou voyait se former la tempête dans le ciel menaçant du soir. L'influence de CCS tableaux fut à coup sûr considérable sur l'esprit

i. HoB. CnAMBERS, The PiHurc of Scotland^ p. 87. Cité aussi par IIowitt, Uomex and Haunts^ etc., p. 144.

2. D';iprè8 la description communiquée à M. Logic llobcrlson pur le Dr. John .Mair.

L^ENFANCE ET L'ADOLESCENGE. 13

dn jeune Thomson, à Tâge où se gravent dans 1 aine d'indélébiles impressions. Les notations précises des phénomènes naturels ou des faits de la vie rurale qui se présentent en si grand nombre dans les a Saisons » et surtout dans Te Hiver »* sont manifestement des souvenirs des choses vues dans la vallée du Jed. Dès que l'enfant fut en âge de recevoir des impressions d'ordre plus complexe, il subit sans doute le charme des souvenirs du passé mêlés partout aux beautés naturelles dans cette région des « Borders », terre d'exploits et de chants héroïques où les drames de l'histoire sont, dans le seul comté de Roxburgh, rappelés par tant d'édifices ou de ruines imposants : Jedburgh, Ferniehurst, Dryburgh', Kelso, Floors et Melrose. Nous aimerions à nous rendre compte aussi de Tinfluencc exercée sur son jeune esprit par les parents qui rélevaient. Malheureusement les renseignements sont sur ce point assez maigres. Thomas Thomson était un ministre plein de zèle, et sans doute un prédicateur de talent, puisque, nous l'avons vu, plusieurs paroisses avaient désiré se l'attacher. Mais il n'est fjjuèi'e probable qu'il se soit élevé à une indépendance de pensée et à un souci des choses littéraires qui n'avaient guère de place alors dans l'esprit du clergé presbytérien. Pour la sévère et sombre religion qui depuis deux siècles avait pris possession de Tàme écossaise, toute occupation capable de détourner les esprits de i'obsédante pensée du salut et de l'humaine indignité devenait ikcilement suspecte. La poésie paraissait un des moyens de séduction de l'Ennemi; l'imagination était traitée comme une inquiétante et dangereuse maladie '. Nous n'avons aucune raison de supposer que Thomas Thomson ait pensé sur ce point autrement que ses confrères. Son horizon intellectuel ne s'étendait guère au delà de ses devoirs pastoraux, de la sèche et scolastique étude du dogme dont il était le ministre, l't des conversations de ses collègues. Il était hautement honoré par

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