‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 3 sur 272 · Fasti Ecclesiœ Scotianœ by Hew Scott, part. II, p · texte numérisé non relu

Fasti Ecclesiœ Scotianœ by Hew Scott, part. II, p

l'enfance et l*adolescenge. 9

détail. D'autres membres de la famille de Thomson ont exercé le même métier*. Peut-être, soit par un phénomène de transmission héréditaire, soit au commerce de ces proches parents qui vivaient dans l'observation constante et intime du monde des plantes, peut-être le poète doit-il à son humble aïeul une part de son génie, celle qui est faite d'une connaissance familière, et d'une prise directe et sûre des choses de la nature. Pour le fils, Thomas, qui lui était né en KKkî, le modeste artisan ambitionna un rang social plus élevé. Grâce sans doute à Tappui de M. Edmonston, il put l'envoyer à l'université d'Edimbourg où le jeune homme prit en 1G86 le grade de maître es arts. Cinq ans plus tard, le 17 juin 1691, il recevait la licence qui lui permettait l'exercice des fondions ecclésiastiques, et, le 12 juillet 1692, il était appelé à Téglise d'Ednam, dans le voisinage de Kelso *. On peut croire qu'ici encore l'influence de M. Edmonston ne fut pas étrangère à cette nomination qui laissait le jeune ministre dans le village où il était né, où vivaient ses parents. Il ne tarda pas du reste à se créer une nouvelle famille. Le 6 octobre 1693, il épousait Beatrix, une des filles de M. Alexander Trotter ', propriétaire du petit

1. Sun ODclc et son cousin Robert Thomson oal été jardiniers à Minto. Deux de ses neveux, Andrew et Gilbert Thomson, sont venus s'établir & Richmond dans les dernières années de sa vie; Andrew travaillait au jardin du poète, Gilbert trouva plus tard un emploi de jardinier à Easl Sheen, chez un Squire Taylor. (Rob. Bell, p. 8.)

2. Le poste était inoccupé depuis la Révolution de 1688 qui avait chassé de toutes les paroisses les ministres épiscopaliens. Voir Thp New StaliS' tical Account of Scolland by the ministers of the respective parishcs, Yol. m, p. 41'J.

3. Le nom de la mère de James est donné inexactement par Johnson, et nous insisterons un peu sur ce point qui montre avec qu(.'ll» légèreté le docteur traitait parfois ces détails. « Sa mêro, dil-il, se nommait Hume. » L'erreur avait été commise par M urdoch, dans Tcdition de 11G2. (Kllc était due, ou k une confusion avec le nom d'une sœur de Mr. Thomas Thomson qui épousa d'abord un Mr. Hume et en secondes noces le Révérend Mr. Nicoljion, ou à une vague notion des relations avec la famille llnmc.) Murdoch avait corrigé cette erreur dans la seconde édition de sa biographie, en 1768. Bien plus, Boswell, chargé par Johnson de recueillir des renseignements en Ecosse sur Thomson, apprend d*un«^ sceur du po(!le, Jean, femme de Rob. Thomson, directeur de l'école de grammaire <le i^nark, le Tèritable nom de l'aîeule du poète, et il on informe aussitôt le biographe, non sans s'étonner de l'erreur de Murdoch. (Lettre de Boswell à Johnson, Edimbourg, 18 juin 1178.) Johnson ne tient cependant aucun compte de rindicalion et donne le nom inexact adopté par Murdoch en nr.2. — Plus tard, Boswell, après avoir blAmé son illustre ami d'une aussi llagrante négligence, publia lui-même sa prétendue découverte, en 1791.

domaine de Widehope ou Wideopen, dans la paroisse de Morebattle, voisine de Kelso et d'Ëdnam. L'union fut féconde et le registre des baptêmes s'enrichit successivement des noms de Andrew, 1695, Alexander, 1697, Issobcl (Isabelle), 1699, et enfin James, jusqu'au jour où une autre paroisse reçut le bénéfice des services spirituels du révérend Thomas Thomson (ou Thomsone, comme le nom était parfois écrit), et enregistra à son tour le périodique accroissement de sa famille *.

La date de la naissance de ce quatrième enfant, James, n'est pas connue avec certitude. Il fut baptisé le 15 septembre 1700, et la plupart des biographes acceptent le 11 du même mois comme date de sa venue au monde. Cependant l'usage de l'Église presbytérienne établissait plutôt un intervalle de huit jours entre la naissance et le baptême. Nous croyons donc de préférence, avec Johnson et avec M. LogieRobertson, que James Thomson naquit le 7 septembre *. Le séjour de l'enfanta Ednam fut de bien courte durée; il compta exactement deux mois. C'est assez cependant pour que ce petit village, isolé dans un coin du Roxburghshire, en dehors des grandes voies qui, do Kelso, se dirigent sur Berwick en suivant le cours de la Tweed, ou bien remontent au sud-ouest vers Edimbourg, revête à nos yeux l'intérêt qui s'attache au lieu d'origine d'un homme illustre.

Ednam (pour Edenham), arrosé par l'Eden, affluent de gauche de la Tweed, est, comme une grande partie du comté de Roxburgh, une région pastorale. Le village et la plaine qui l'entoure offrent aux yeux une scène agréable de paix un peu monotone. Un poète, qui y venait chercher le souvenir de Thomson, nous en a laissé la description suivante :

a Une église champêtre, les toits de quelques chaumières « épai'ses, et, de leurs foyers isolés, la légère fumée bleue, « tournant silencieusement dans l'air immobile, s'élevait et se

1. Les cinq coranls nés à Southdean sont un fils : John, et quatre fliles : Jean, Ëlizabcth, Margnret et Mary.

2. Les Parish Records d'Ëdnam conservent encore Tinscriplion de ce baplrmc. Les Session Records soûl muets sur la date de la naissance. C*est Murdocli qui a, le premier, indiqué comme date le 11. Son témoignante aurait plus de valeur, s'il avait aussi mentionné la date du baptême. Le Révérend John iMair, ministre de Southdean, que nous avons consulté sur ce point, nous répond : « I would say that, accordin<; to tho usiial practice of our l'resbyterian church, eight days are far more likely to hâve elapsed than only four days between the birlh and baptism ».

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t perdait dans le ciel estival ; un pont rustique, couvert de c mousse et coloré par les saisons; un petit ruisseau de fées c qui se chante à lui-même sa chanson ; et çà et là, un arbre c vénérable dans la beauté de son feuillage; tels sont les c éléments, les seuls éléments dont était formé ce simple c tableau' ».

La grandeur et le style manquent évidemment à ce paysage. Mais la description que nous en venons de citer est incomplète. Elle ne mentionne pas la colline, Ednam Hill, qui abrite le village à Test. Et surtout elle ne signale pas cette richesse d*eaux vives où Thomson lui-même a bien vu le trait dominant qui donne à tout ce pays de pâturages son caractère de fraîcheur souriante :

«Ces vallées fertiles... qu'arrose amoureusement roainlc rivière fraîche, transparente et pleine, la Tweed mon fleuve natal, au pur courant entre des rives pastorales... '. »

Dans le groupe des chaumières modestes le presbytère ne se

distinguait pas par son luxe ni son confort. Un écrivain qui a

exploré toute la Grande-Bretagne, en quête d'anecdotes sur ses

poètes éminents, a eu l'heureuse fortune de trouver à Ednam

une bonne femme dont la mère avait habité la vieille manse et,

sans doute, servi la famille Thomson. Elle se rappelait quelles

réponses faisait sa mère aux visiteurs qui venaient s'informer,

et nous savons par elle que le presbytère était une misérable

Gonslruction en torchis. Au fond de la petite pièce qui servait

de parloir était une alcôve fermée d'un rideau; c'est là que

naquit James Thomson ^.

On comprend que le jeune ministre, si détaché qu'il pût être des biens de ce monde, ait désiré un poste moins humble. Deux

1. BlackvpowCs Magazine. Vol. XXIX, p. 127, avec la signature A, qui représente Mr. David Macbeth Moir.

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