Voir p. 105, n
3. Hardwickc aurait eu d'autant meilleure grâce à prendre à cœur Pin- Icrét de Thomson dans cette circonstance que lui-même était quelque peu poète. On peut voir dans le recueil des œuvres de Lytlelton, un impromptu ajouté par lui à une pièce de celui-ci (Johnson's PoetSy vol. 64, p. 328).
< Qui dédaigne de faire un mensonge même pour gagner une « place '. •
Nous pouvons avec confiance estimer que dans toute cette aflaire le poète agit avec un désintéressement et une dignité qui i'hoDorent. Le trait fôtit penser à la conduite d*un autre écrivain dont la célébrité n'est pas moindre et envers qui la vie fut plus cruelle. Goldsmith, au milieu des humiliations et de la poignante détresse d'une carrière de « Grub-street hack i, refusait avec indignation l'offre qui lui était faite d'une aisance assurée s'il consentait à mettre sa plume au service d'un parti politique *. L'indignation mêlée de pitié que ressentit l'émissaire de Sandwich, en face d'une aussi impudente indépendance, est l'équivalent exact de la surprise et des reproches des amis de Thomson.
Le poète avait un devoir à remplir envers la famille qui venait d'être ainsi frappée, envers le protecteur dont l'amitié généreuse avait tant fait pour lui. Il n'y faillit point, et, dès le raois de juin, il dédiait au fils du chancelier un « Poème » à la niêmoire de lord Talbot *. Il y expose avec une chaleureuse éloquence, que viennent rarement gâter quelques éclats décla- Hîatoires, les vertus de Talbot, et les qualités déployées par *ui dans toutes les positions où il fut appelé. A cet éloge ému ^^ chancelier, il joint celui de l'intime ami de Talbot, Thomas fiundle, et proteste courageusement contre les haines injustes ^^i l'ont exilé à Derry. Indépendamment du mérite poétique
^ • " On Mr. Thomson's Picture drawn hy Mr. Slaughler, ivilh the Figure ** Liberty in his lland^ as descnbed by him in his Poem on thaï subject. »
(. What paint can do, I own,'thy skill has wrougbt, From lincs slruck likeness, and from colours thought.
Yes, Slaughtcr, in thèse lines a soûl I trace That scorns a falsehood ev'n to gain a place. •
L'auteur est sans doute Gilbert West, LL. D. neveu de sir Richard 7^ple, parent de G. Lyltelton et de William Pilt. Il publia en 1139 une imitation de Spenser qu*ont louée Gray et Walpole.