‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 43 sur 272 · Voir p. US, n · texte numérisé non relu

Voir p. US, n

de payer à Jean et à Élizabeth moitié des seize livres qu'il a l'intention de leur allouer chaque année *.

Ace moment, « Agamemnon », reçu à Drury-Lane, et soumis à la censure du Lord-Chambellan avant le 12 janvier 1737, est prêt pour la représentation. L'auteur espère voir jouer sa pièce dans moins de trois semaines, et s'occupe de la publication du texte, qu'il songe à faire imprimer à son propre compte *. Mais des difficultés soulevées par le directeur du théâtre devaient retarder la représentation de plus d'une année. Et à ce même moment, qu'il pensait devoir être celui d'un succès littéraire accompagné de fructueux bénéfices, un malheur imprévu vint le frapper à la fois dans ses intérêts et dans sa reconnaissante affection. Le lord chancelier Talbot mourut le 11 février. Thomson perdait, en même temps qu'un &n)i et un patron généreux, la position qui lui assurait une modeste aisance. — Le nouveau chancelier, lord Hardwicke, laissa, dit-on, la place vacante pendant quelque temps, attendant que lancien titulaire la demandât. Le poète ne fit pas cette démarche, et la sinécure fut attribuée à un autre bénéficiaire. Murdoch explique cette réserve ou cette inertie de Thomson par le découragement où l'avait mis la mort de Talbot, ®^ par une grande insouciance des intérêts matériels ^ Il ajoute

^* Ces deux sœurs du poète se sont plus tard mariées. Jean épousa ^^^ TlioinsoD qui dirigea une école à Lanarok. Elle survécut bien des ^'^Qéesà son frère et c'est elle qui en 1718 commuoiqua à Bos\\eU des ^^nseiifnemeals sur la vie de James, élizabeth (la Lizzy des pièces juvéniles) semble avoir été colle de ses

J^urHque le poète préférait. Elle épousa le Rev. Robert Bell, ministre du

^^■^aihaveo, et eut deux (ils, le Dr. Jnmes Bell, qui devint ministre de Culd- ^^(!am, et Thomas Bell qui fut négociant à la Jamaïque. Elle mourut un

^^ Ou deux avant Thomson.

îiiomson avait encore une troisième sœur, Mary, que nous retrouverons

^'^ peu plus lard.

2. Ces n-nseiguemeals nous sont fournis par une lettre à Ross du *^ janvier 1737 et une aulre à Mr. Gavin Hamilton, de février. La première es>i d*un Ion particulièrement enjoué. Thomson y invile à venir & Londres cet hiver son ami que menace, parait-il, la terrible institution ^u • Creepy >. C*est cet escabeau de pénitence où les pécheurs atteints ^eg sévérités de la • kirk-session » faisaient amende honorable de leur faute ^t recevaient l'admonestulion publique du minisire et des elders. h What >vill become of you, if you don't couie up? I am arraid the Creepy and you ^ill bccome acquainted.... > (Mr. Angeilier a donné d*ubondarils détails sur cette institution disciplinaire de la société presbytérienne d'Ecosse, dans son beau travail sur Burns, voir p. 82.)

3. • Thomson >, dit Brugiêre de Barante, « parlait souvent du projet

que CL'lto néu:ligeii«*e fut vivement blàinée par tous les amis de James. .lolmsoii cherche l'explication de cette conduite soil dans la timidité du poète, soit dans son or^j^ueil, soit dans a quelque autre motif aussi peu louable peut-être », sans expliquer plus clairement ce qu'il veut faire entendre. Qu'ant à Buchan et aux admirateurs qui se sont donné mission de défendre en toute circonstance la mémoire du poète écossais, ils louent le sentiment de légitime fierté auquel il obéit ici ^ — Nous savons, par la lettre à Cranstoun du 7 août 1735 *, que cette place Thomson avait été menacé de la perdre aussitôt après Tavoir occupée. L'enquête faite pendant qu'il était titulaire avait dû établir nettement que les droits de justice sur lesquels le « Secrétaire des Brefs » prélevait ses honoraires pouvaient aisément être diminués ou supprimés. Il lui était donc plus difficile qu'à un autre de prendre le rôle de postulant pour cet office à moitié condamné. D'ailleurs, la sinécure qui lui assurait un revenu de trois cents livres était, à son jugement, le légitime salaire d'un talent reconnu qui avait illustré le pays. Il n'avait rien fait pour démériter. 11 pouvait donc s'attendre à ce qu'on le maintînt en possession de la place sans qu'il eût à la demander ^ Une intéressante pièce de vers insérée dans le Genlle})iaii's Magazine en décembre 1736 nous montre que les amis de Tliomson le croyaient fort capable de renoncer à une place lucrative, par un sentiment d'honncte fierté. Elle contient clairement une allusion à une offre faite et noblement refusée :

a Oui, Slaughter, dans ces traits je vois une âme, —

qu'il avait de se peindre dans un conlc oriental qu'il aurait intitulé : L'Homme qui aime la pauvreté. • (l'iV de Thomson.) Le renseignement est emprunté à Johnson.

i. Bucbau déborde dMndignalion toutes les fuis qu*il parle de Johnson. • The memory of Thomson lias bcen prophanely touched by Ihe rude hands or thc pedantic Samuel Johnson, whose famé and réputation indicates the décline of taste in this country. » Plus loin il parle de « that vulgar m.ilevolen<îe which pives a race to the works of thc savage bio^rapher •. \EiiIof/f/ of Thomson defivered,.. on Ednam UUL,. on the 52"* of September 1791.)

Page 1