Quatre-vingts personnes, disent les journaux locaux
2. Ce portrait, san? doute une copie de celui de Slau^liter, fut, 22 sept. 1818, donn<^ par lord Buchao au club d*Ednam. Il est anjourd'h la propriété du Hcv. John Burlei^h, ministre d'hldnam, qui a bi voulu nous en communiquer la description : « The picture is oval; t poet is wearin^ a red cap; haa dark eyebrows; do hair seen; fa shavcn; hrown coat ».
3. L* Edinhurgh Evening Courant et le Cnledonian Mercury do ncnt d'abondants détails sur cette fùte. — L'élucubratlon poétique * Mr. Woods fut im|>rimée : « Verses inlrodunlory to Ihe Récitation of pa Mages front the Seasons,,. at the commémoration of Thomsotï's Birth D.\ held on Mondaf/y sept. 22. 1800 » (Kdinburgh. Printed by Geo. Reid ar Go. Opposite Magdaleno Chapel, Cow^ate), petit in-S de 3 pages. .
bu «le toast du jour i», on écouta une ode écrite pour la circonstance par George Noble de Jedburgh ; et le trésorier du comité formé pour Térection d'un monument commémoratif de la naissance de Thomson fit son rapport ^ Ce ne fut pas cependant avant le 24 novembre 1819 que la première pierre fut posée. Le plan du monument avait été dressé par Mr. William Elliot de Kelso. Il devait consister en un obélisque de cinquante pieds de hauteur. Toutes les loges maçonniques des environs s'étaient réunies, et marchèrent de Kelso à Ednam en uo cortège précédé d'une fanfare '.
Cet enthousiasme, qui n'allait pas sans quelque exubérance un peu puérile, s'est aujourd'hui calmé. La commémoration annuelle du 22 septembre cessa après cette année 1819. Sans doute i'Ëcosse est toujours fière du poète né à Ëdnam ; sans doute aussi son œuvre continue à faire partie de ce petit nombre de livres qui ont le privilège de charmer les lecteurs de tout âge et de toutes conditions. On pourrait encore aujourd'hui comme au temps de Coleridge trouver, dans la chaumière d'un paysan écossais, à côté de la vieille bible, un exemplaire ^tigué et maintes fois corné des a Saisons ^ ». Mais il est pro-
i- II y constate que, sur les 300 livres souscrites, 150 seulement ont été l^ersées, bien que la souscription soit ouverte depuis plusieurs années; et il ajoute qu'il a bien du mal à faire rentrer le reste. Voilà lexplicalion du long retard apporté à l'érection du monument.
2. La première pierre fut posée par le Right Worshipful Masler, John HuUierford, de la loge St Jean à Kelso. Nous savons que James Thomson i^ait été reçu maçon dans une assemblée que présidait Richard Savage Nr p. 123).
James Craig, l'architecte mort en 1795, avait eu auparavant le projet <lelever un monument à la mémoire de son oncle. Il lui aurait donné la forme d'un pilier; il s'était même adressé au poète Beattie pour lui demander une inscription latine. Beattie repondit qu'il trouverait ridicule de célébrer en latin la gloire d'un poète anglais.
L'obélisque, construit sur la colline d'Ëdnam. à peu près à mi-chemin entre ce village et Kelso, fait plus d'honneur à la piété des admirateurs du poète qu*au talent de l'architecte.
3. • Coleridge, on seeing a little shabby soiled copy of Thomson's Seasons lying on the window-seat of an obscure counlry ale-housc, ezclatmed : • That is true famé! » {Memoirs of Coleridge, by \V. Hazlitt, Édit. 1867, I, p. 65.)
bable que, de l'autre côté du livre saint, un tout petit volume ferait pendant aux a Saisons », un recueil de vers moins grandioses, moins épiques, mais plus variés et plus vibrants de vie et de passion : les poésies de Robert Burns *. La popularité de Thomson dans sa patrie a souffert de cette concurrence redoutable. Nous ne pouvons être surpris que les chants du poète-paysan aillent plus droit au cœur des hommes du peuple que les nobles périodes et les' calmes descriptions des c Saisons i». Le poète national de l'Ecosse, celui dont le nom, le souvenir, Timage et les œuvres sont à tout moment rappelés au voyageur au nord de la Tweed, c'est Burns. -Il y a un peu d'injustice et d'engouement dans cette préférence. On peut supposer que, même au pays où se parle la langue dans laquelle écrivait le « barde de l'Ayrshire », le jour viendra où l'on se rappellera que Thomson, moins bouillant, moins nerveux, moins lyrique, moins passionné et moins divers, a cependant un génie plus large et plus fécond. Il est peu d'œuvres qui aient eu sur la littérature de l'Angleterre une influence plus puissante que les c Saisons » ; il n'en est pas peut-être qui en ait eu à l'étranger uhe aussi grande.
Dès 1750 Voltaire rendait hommage au talent du poète qu'il avait connu vingt ans auparavant ^, et ce sincère jugement
1. Burns lui-môme a du reste exprimé plus d'une fois son admiration pour Thomson, en dehors delà pièce qu'il lui a consacrée (voir p. 189 etn. 2). Il le cite parmi ses auteurs favoris dans une lettre à Mr. John Murdoch (Lochlea, 15^» January, 1783), et aussi dans une phrase de son Communplace Book (August 1784). Il le nomme dans The Vision comme un maître inimitable :
Thon canst not learn, nor can I show To paint with Thomson's landscape glow.
L'addition à sa bibliothèque de jeune paysan des œuvres de Thomsou en 1775, marque un des événements notables dans le développement de son talent poétique. Les citations empruntées à notre poète sont fréquentes dans sa correspondance et dans ses œuvres. Voir par ex. The Farewell, qui a pour épigraphe neuf vers d'Edward and Eleonora\ la première lettre à Mrs. Dunlop, 1786 ; la lettre autobiographique au docteur Moore ; le Commonplace Book à la date du 14 juin 1788; etc.
La poésie de Burns est toute pleine de ressouvenirs des « Saisons •. Un très grand nombre en ont été relevés dans l'édition annotée de Thomson de Mr. Logie Robertson.
2. Voltaire & Lyltelton (pour accuser réception d'un exemplaire de Tèdi-
fait oublier les opinions dédaigneuses émises à d'autres occa-
lion des œuvres de Thomsou, que lui euvoyait LyUelton), Paris, 17 mai 1750. La lettre est donnée in extenso dans le Monoir de Phillimore, vol. I, p. 323, et dans le Genlleman's Magazine, 1845, New Séries, vol. 24, p. 443. Nous la reproduisons presque in extenso comme un document intéressant. On y voit commeDt Voltaire écrivait en anglais vingt ans après son court séjour dans ce pays :
« A Pari», 17«»» May, 1750. N. S.
• Sir, You was beneficent to Mr. Thomson, when he lived, and you is se to me in favouring me with his works. I wasacquainted with the author when 1 stayed in England. I discovered in him a great gcnius, and a great simplicity. I liked in him the poet and the true philosopher, I mean the lover of maokind. I think that without a good stock of such a philosophy a pœt is just above a fidler, who amuses our cars and canuot go to our soal.
« I am notsurprised your nation has done more justice to Mr. Thomson's Seasons than to his dramatic performances. There is one kind of poetry ofwhich the judicious readers and the men of taste are the proper Judges; there is another that dépends upon the vulgar, great or small; tragedy and comedy are of thèse last species. They must be suited to the turn of miod and to the ability of the multitude and proportioned to their taste : your nation two hundred years since, is used to a wild scène, to a crowd of tumultuous events, to an emphatical poetry mixed with low and comical expressions, to murthers, to a lively représentation of hloody deeds, toa kind of horrour which scems often barbarous and childish, ail fruits which never sullied the Greek, the Roman or the French stage. ^o<)) give me leave to say, that the taâte of your politest countrymen ^iffers not much in point of tragedy from the taste of the mob at bear- ?*rdens. Tis truc we hâve too much of words if you hâve too much of ^(^tioD, and perhaps the perfection of this art should consist in a due mixture of the French taste and English energy. Mr. Addison, who would hâve reached to that pitch of perfection had he succeeded in theamorous P^H of his tragedy as well as in the part of Cato, warned often your nation ^Dst the corrupted taste of the stage, and since he could not reform ^^ genius of the country, I am afraid the contagions distemper is past curing.
* Mr. Thomson's tragédies seem to mo wisely intricated, and elegantly
^^t; they want perhaps some fire, and it may be that his heroes are nei-
Iher inoving nor busy enough, but taking him ail in ail, methinks he has the
^hestclaim to the greatest esteem; your friendship, Sir, is a great vonch-
**fer for his merit...
« Your most obedient servant,
• Voltaire. »
La correspondance et les œuvres de Voltaire renferment un assez grand nombre d'antres allusions à Thomson. Dans une lettre du 28 février 1764, on lit : - Je Tai connu, il y a quelque quarante ans. S'il avait su être un peu plus intéressant dans ses pièces et un peu moins déclamatoire, il aurait réformé le théâtre anglais que Gilles Shakespeare a fait naître et a corrompu. » (Œuvres, XLIII, p. 140.)
Aillenrs il apprécie le choix fait par Thomson du sujet de son grand poème, et juge que ce thème convenait peu à un Écossais :
« They sadly gather their inferior, insipid apples, while vre see under
sions pour liât 1er tel ou tel correspondant*. — Montesquieu, après son voyage; en Angletei-re, entourait son « château gothique » « de bois charmants » où il élevait des souveni l'S en l'honneur de Théocrite et de Virgile, de Thomson, de Shenstone et de Gessner *. — L'influence du poète anglais sur notre grand <( descripteur » français n'est guère douteuse, et
our Windows a huudred boys and giris dancing round the cars whîch they hâve loaded witli delicious grapes. Thomson did not dare to touch this siibject. • (Œuvres, XLVI, 350.) On est tenté de croire qu'il av&U mal lu ou se souvenait peu, car les • Saisons » parlent de la vendange dans le Midi.
Tout cela était connu déjà. Mais dans un ouvrage tout récent {Vc^iiairé's Visit to England^ London 1893) Mr. Ballantyne a donné la traduction de lettres manuscrites de Voltaire qui n'ont pas encore été publiées et où se trouvent d'autres mentions de Thomson. Ecrivant à ui^ Mr. George Keate, il dit : a .... If Addison could hâve put more waros ^1^ into his Cato, he would hâve been the wriler for me. You still hâve ^ Thomson whose verses are not amiss, but his is an iced genius.... » (Brî^^* Mus., Add. Mss., 30991. /*. 15. — Ballantyne, p. 279.)
Au même correspondant Voltaire écrivait, le 17 mai 1768, une lettre ^° français dont la traduction renferme ce passage : «i .... At last, Sir, I ha"^^ rcceived and read the beautiful verses (on Ferney).... It seems to me tl»^^ your verses are a good dcal in the taste of Thomson, but 1 think yO>i are much superior to him in the amenity which you diffuse over 0^' your writings.... » (Brit. Mus., Add. Mss., 30991. /*. 42. — Ballaittypi^/ p. 283, 4.)
Nous relevons dans le même ouvrage une très heureuse citation de Thomson faite par Voltaire en réponse à Boswell qui lui adressait une de ses questions saugrenues : *( I asked him if he could give me any notion of the situation of our ideas which we hâve totally forgotten at the lime, yet shall afterwards recoUeet. Ile paused, meditated a little, and acknowledged his ignorance in the spirit of a philosophical poet, by repeating as a vcry happy allusion a passage in Thomson's Seasons : « Ave, said he, where sicep the winds when it is calm ? » (Extrait du London Mayazine d'avril 1783, et de l'un des soixante-dix - Essays » qu'y publia Boswell de 1777 à 1783.)