‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 64 sur 272 · TO THB MEMORY OF THOMSON · texte numérisé non relu

TO THB MEMORY OF THOMSON

• Ye who from London's smoke and turmoil fly To seek a purer air and brighter sky, Think of thc bard who dwelt in yonder dell, Who sang so swcetly what he loved so well ; Think, as ye gaze on thèse luxurious bowers, Hère Thomson loved Ihe sunshine and the flowers : He who couid paint, in ail their varied forms, Âpril's young bloom, December's dreary slorms. By yon fairstream which calmly glides along, Pure as his life and lovely as his song, There oft he roved. In yonder churchyard lies AU of the deathless bard that ever dies; For hère his gentle spirit lingers still. In yon sweet vale, on Ihis enchanled hill, Flinging a holier interest o'er the grove, Stirring the heart to poetry and love, Bidding us prizo the favourile scènes he trod, And View in Naturels beauties Naturels God. •

»us ne savons ni qui écrivit les vers ni qui les a placés là. Un correslant les communiquait, le 15 août 1864, au Ladies* Own Journal, et andait s'ils avaient été écrits par le • présent Poète-Lauréat ». A coup ils n'en ont guère l'apparence.

Édil. in-8 de 1749. Une édition irlandaise, de format in-12, paraissait lème année.

en 4750 une édition * des œuvres où plusieurs corrections de détail étaient apportées au texte de Tauteur. Mais il prenait plus au sérieux sa mission. Il prépara plus tard une édition d'où le poème serait sorti à peu près méconnaissable. L' <t Hymne ^ devait disparaître, et quelques-uns des vers de cette magnifique prière, non pas tous, auraient trouvé place en différentes parties de l'ouvrage. Tout ce qui, dans la philosophie du poète, pouvait paraître suspect à Texigeante orthodoxie de l'éditeur était modifié ou supprimé. Certains vers étaient transposés; tout ce qui semblait à Lyttelton ou dur ou obscur, ou d'une correction grammaticale insuffisante était consciencieusement rectifié sinon élagué. Les changements de termes étaient extrêmement copieux. Heureusement ce beau dessein ne se réalisa point, et Thomson n'eut pas à souff'rir de cet étrange abus de confiance ■. L'opposition aussi sensée qu'énergique de Murdoch eut raison du zèle intempestif de Lyttelton. Quant à celui-ci, il s'était donné quelque satisfaction en faisant paraître une version de c La

1. Suivie d*une nouvelle édition en 1752 (puis d*une 3* en 1758). LyUelton à Doddridge pour lui annoncer renvoi d'un exemplaire de cette édition :

« Ilill Stroct, March S2, 1750.

« By the Northampton coach of ncxt week, I shall send Mrs. Doddridge a new, compleat and correct édition of Mr. Tliomson's works made under my care, which 1 beg Ihe favoiir of lier to accept.... You will find thi? édition much préférable to any of Ihe former, though not entirely free from false prints. (îreat corrections hâve been niadc in the diction and many redundancies hâve been cul o£f.... so that upou the wholc I am persuaded you will thinU Mr. Thomson a rauch belter poet, if you take the trouble to read over his works in their présent form, than you ever thought him before.... » (Phillimore's Memoirs of Lyttelton, vol. I, p. 322.) — Voici quelles sont les principales modilications apportées an texte de 1746 par Tcdilion de Lyttelton : la dédicace, Tavant-propos et 87 Ters de I'« Automne • sont supprimés. Ces vers sont rétablis avec des variations comme un appendice au poème sous ce titre : • The Return from the Fox-chascj a burlesque poem in the manner of Mr. Phillips • (vol. Il, p. 239). On voit que Lyttelton ne goûtait pas le mélange du plaisant au sévère. — Quant à la Liberté elle perdait 1400 vers! Deux strophes sont supprimées dans le « Château d*lndoIence », Chant I, str. LV et LVL

2. La bibliothèque de Haf^iey conserve l'exemplaire iuterfolié sur lequel Lyttelton avait exécuté son travail de remaniement.

La bibliothèque du Musée Britannique possède un exemplaire de Tédit. de 1758 sur lequel des notes manuscrites reproduisent les corrections préparées par Lyttelton. (Brit. Mus., 11632, c. 57.) On y lit cette indication : • The copy now in the possession of the présent lord Lyttelton. It was givcn to lord Spencer by Matthew Montagu Esq. who found it among the books of Mrs. Montagu. •

Liberté » où, grâce à une manipulation énergique, le nombre des chants était ramené de cinq à trois'. Le mal était moins grave, et sans doute Murdoch eût consenti à sacrifier <k La Liberté d s'il avait fallu payer ce prix pour sauver les <t Saisons ' >.

Il ne rendit pas seulement à Thomson ce service d*empêcher une mutilation de son œuvre. Lui-même publia en 1762, avec Andrew Millar, une magnifîque édition des œuvres complètes, en deux beaux volumes in-4, ornés de portraits du poète, de nombreuses gravures illustrant les poèmes ou les œuvres dramatiques, et précédés d'une biographie. Le texte était celui de 'a petite édition de 1752 '. Murdoch avait, ici encore, opposé UDe énergique résistance aux tentatives de Lyttelton pour corriger l'œuvre du poète *. L'ouvrage était publié par sous-

^ i- L'édition ftit publiée par A. Millar. Dans une préface au lecteur, Tèditear dit à propos de Liberty : « The author was sensible of ils being ^ long. It bas been therefore considorably shortened, by reducing the fi^e parts into ihree. •

U première partie a pour titre Ancient and Modem Italy compared, ^1 contient 485 vers; la deuxième, Greece^ a 443 vers, et la troisième, ^nlain^ en a 985.

2; Lytlelton a rendu à son ami un hommage plus acceptable dans ses 'Dialogues des morts >, tout en continuant à faire ses réserves sur les défauts ^^ou l'a empêché d'élaguer. Dans le Dialogue in Elysium between Boileau ^ i*ope, nous lisons :

"Boileau. — Who is the poet that arrived soon after you in Elysium, ^bom 1 saw Spenser lead in and présent to Virgil, as the author of a P^ni resembling the Georgics? On bis head was a garland of the several uoweri that blow in each season, with cvergreens intermixed.

I^ope. — Tour description points out Thomson. He painted nature exactly *°^ with great slrenglh of pencil. His imagination was rich, extensive ^^^ sublime : bis diction bold and glowing, but sometimes obscure and ^^cted. Nor did he always know when to stop or what to reject

^' Celle-ci reproduisait le texte de 1744, sans les uiodiûcations qu'y fit

'moteur pour l'édition de 1746. (Voir plus haut, p. 164, n. 4.)

, ^- Le Rév. John WooU a publié, dans sa biographie de Joseph Warton,

^ lettre où ce modèle des éditeurs oppose son refus formel de concours

^^ entreprises projetées par Lyttelton sur le poème de leur ami. Nous

^ extrayons les passages saillants :

From Dr. Murdoch to Mr. Millar (sans date).

« Dear sir,

^* With regard to the altérations proposed to be made in Mr. Thomson's r^^sons, having now fully considered that matter, and seen how few and '^Considérable his own last corrections were, 1 am confirmed in my fîrst opinion — so much, that I shall retract most of my concessions, and even ^oïDe of the altérations which I thought I had made for the better. In a ^ord, I can bave no hand in any édition that is much difTerent from the

i84 JAMES THOMSON.

cription. Le roi figurait en tête de la liste pour une somme de cent livres. Après lui venaient la Reine et la princesse douairière de Galles, cette veuve de Frédéric, à qui Thomson avait dédié une de ses tragédies. Parmi les noms qui suivent ceux de la famille royale, se trouvent, mêlés aux amis survivants du poète, plusieurs des représentants de l'aristocratie et quelques-unes des célébrités des lettres. Ce sont par exemple • le docteur Akenside, le docteur Armstrong, le comte de Bute, Madame Bontems, James Boswell, le docteur Blair, James Craig, sir David Dalrymple, J. Forbes of Culloden, David Garrick, John Gray (deux exemplaires), le Dr. Gusthart, Andrew Mitchell, envoyé extraordinaire en Prusse (deux exemplaires), le Très Honorable Onslow, le duc de Queensbery (cinq exemplaires), Quin, Mrs. W. Robertson, G. Lewis Scott, Mr. Jos. Spence. Mr. Jos. Warton, Mr. Thomas Warton, John Wilkes Esq. Le produit de cette belle publication ' était destiné à assure

small one of 1752.... It is pity indeed that Mr. T. aided by niy lord 1 did not correct and aller many things himself; but as Ihat went no furi^ er than a bare intentioD, it is too laie lo think of it now, and we c£ only say • ËmcDdaturus, si licuisset, oral ».... What if aftcr aU some my Lord*s altérations should provc bad?... this would produce aseco^ edilion and then a tliird, which woiild end in a total contempt Mr. Thomson's works, or in a restitution of thein from the copies pi^ lishcd by himself (and with so much délibération and care, tUut his printç were lir'd to death, as you well remember.) — Spring (I. 65) ended vw'i « greatly independent liv*d. • He, in some intemperate Ot of zeal turn'd it if

■ scorn'd AH the vile stores corruption can beslow. »

in the stile of a party-pamphlelcer.... I bave Iherefore altered it trd the subscription édition.

« .... As to the Ilymn, if a word or two are allcr'd it needs give his Lo' ship no pain, if it is compar'd wilh that of Mil ton. There are not in it ^ two lines so bad, for the numbers and sensé, as

a Moou that now meets (sic) the orient Sun, now fly'st Wilh the flxt Stars, fixtin their orb that flyes. •

and the theolop:y of it, allowance made for poelic expression, is orthodo .... As to Mr. Th.*s diction, of which my Lord's acquaintances so mu< complain, I would recommend to thèse gentlemen to read Milton wil care, and the greatest part of that objection would vanish.... Certain il i that Mr. Thomson\s languagc bas been well-received by the publicl excepting Ihose my Lord spcaks of, who are more disposed to find blem ishes than capable of feeling beauties.... His numbers and manners bav been adopted by good authurs, and, since he began lo write, our poetr

is become more nervous and rich {Bioffraphical memoir of the late Rei

Joseph Warton, p. 252, lettre XXXL) 1. Une nouvelle édition en fut publiée en 1768 par les mêmes édi

au poète, quatorze ans après sa mort, un monument digne de lui et digne de l'Angleterre. Un cénotaphe lui fut élevé dans l'Abbaye de Westminster; et, si l'œuvre d'art est à peine médiocre, l'honneur est grand pour Thomson de figurer, à côté de Shakespeare, dans le « Coin des Poètes * ».

Rien dans l'église de Richmoud ne disait quel mort illustre elle abritait quand, en 1792, le comte de Buchan fit placer une plaque de cuivre contre le mur nord-ouest de St. Mary Magdalene, au-dessus du point où se trouvaient les restes du poète. On y peut lire encore l'inscription qui y fut alors gravée.

teurs. Le format de cette dernière est in-8. Murdoch y corrige quelques erreurs de la biographie de 1762.

Eotre la mort du poète et la publication de ses œuvres complètes en i168 nous avons la série suivante des éditions de ses œuvres, qui nous niODtre combien le génie de Thomson prend possession de la faveur publique :

i749. Œuvres complètes (Millar), 3 vol. in-8.

1750. CEuvres complètes (Millar), 4 vol. in-12.

nso. Œuvres complètes (Millar), in-8 (Brit. Mus., 11631 c).

1752. Œuvres complètes (Millar), 4 vol. in-12 (Lowndes parle d'une édition in-18 de la même année).

1758. Saisons (London), in-8 (Brit. Mus., 11631. b. 43).

1158. Saisons (Dublin), in-16 (Brit. Mus., 11632. a. 36).

n60(?). Saisons (Dublin), in-12 (Brit. Mus., Ii65. 6. 40).

n61. Saisons (Dublin), in-8 (Brit. Mus., 11G32. a, 37)..

1762. Œuvres complètes, in-4.

1166. Saisons, in-12 (Brit. Mus., 11633. aaa. 45).

1768. Œuvres complètes, in-12 (Brit. Mus., 11632. 6. 50).

^ Tannée suivante, nouvelle édition des « Saisons • publiée à Glasgow ^69, iD.12 (Brit. Mus., 238. a. 39), avec la biographie de l'auteur et l'Ode de Collins; et, en 1770, l'édition avec biographie, illustrations et notes de Wright, London, in-8 (Brit. Mus., 991. a. 35).

1' Le monument est placé entre celui de Shakespeare et celui de Rowe. Jl^ été composé par Rob. Adam et exécuté par H. Spang, et leur fait peu ^'honneur. La composition est prétentieuse, l'exécution lourde et mat- '^^ile. Thomson, en costume antique, est assis, le bras gauche appuyé sur ^° piédestal; il tient de la main droite un livre et le bonnet phrygien. ^J"" le piédestal un bas-relief représente les saisons, et un amorino montre ^uoe main le bas-relief en même temps que de l'autre il offre une palme ^^ poète. Sur le piédestal cette inscription :

James Tiiomsor.

iEtatis 48. Obiit 27 August 1748.

^^ cei fers extraits de 1' « Été » :

• Tutor'd by thee, sweet poetry cxalts Her voice to âges; and informs the page With music, image, sentiment and thought, Never to die ! •

In the earth, below this tablet,

arc the rem ai n s of

Author of the beau ti fui Poems entituled

« The Seasons >, the < Gastle of Indolence > etc.

who died al Richmond

on the 27 th of August

and was buricd

on the 29 Ih 0. S. 1748.

The Earl of Buchan,

unwilling that

so good a Man, and sweet a Poet

should bc without a mémorial,

has denoted the place of his interment,

for the satisfaction of his Admirers,

in the year of our Lord

M. DCC. XGII.

Si ces admirateurs étaient alors nombreux les ami avaient connu le poète étaient devenus bien rares. I sœurs, Jean était morte en 1781 \ et Mary en 1790 •

1. « At Lanark, Mrs. Thomson, wife of Mr. Robert Thomson, and s Mr. James Thomson, author of the Seasons », etc. Cette coupure de j recueillie par Mr. Maidment ne donne pas la date de ce décès qu trouvons dans la biographie de sir Harri» Nicolas : le 3 septembr

C'est cette Jean Thomson que Boswell vit en 1777 et qui lui c niqua des renseignements sur sou frère. Boswell plaça comme chez son mari, à Lanark, deux de ses neveux. Elle avait eu un fils 1 qui étudia la médecine à Edimbourg et mourut jeune, et deux HIU l'une, Elisabeth, était née avant la mort de Thomson, et Tautre, l épousa Mr. Thomas Prentice de Jerviswood.

2. - Death. At Edinburgh, Mrs. Mary Thomson, widow of Mr. \ Craig, mcrchant in Ediuburgh, and sister of the author of the S* She was interred in the Grey Friars Churchyard, on the 22'" (bci birth-day of lier brother) beaide the remains of the mother of Thon {The Scots Magazine, MDCCXC, vol. III, p. 466. Edinburgh. Prin Murray and Cochrane.)

La même annonce se trouve dans VEdhiburgh Courant qui fixe en septembre. — L'indication des deux journaux est incomplète la mort de Mr. Craig, Mary avait épousé un Mr. Mihie, meunier.

Le nis de Mary Thomson, James Craig, Tarchitecte qui fit le pla nouvelle ville d'Edimbourg, mourut en 1795.

Enfin Elisabeth, la Lizzie des lettres de Thomson, morte eu 174' eut deux fils : l'un, le docteur James Bell, ministre de Coldstream,prép édition variorum des œuvres de son oncle, était en relations avec '. en 1791, et lui donna ce renseignement que, an dire de Mrs. Thom* Lanark, on avait trouvé dans les papiers laissés par le poète à sa i canevas d'un beau poème. L'autre 11 Is, Thomas Bell, était négoc mourut à la Jamaïque.

James Bell eut une fille qui vivait encore, il y a peu d'années. *

DÉVCHJEMENT ET AFFEGTIOM DES AMIS. 187

cousin cependant, Robert Thomson, celui qui, jardinier comme son père, à Minto, avait connu Thomson enfant, vivait encore au commencement de ce siècle, et mourut en janvier 1802 *.

Quant aux amis que le poète avait eus pendant quelque temps pour compagnons dans le voyage de la vie, de tous ceux qui s'étaient avancés plus loin que lui pas un seul ne restait sur la route. Hill était mort en 1750, la duchesse de Somerset en 1754, Gilbert West en 1756, Collins en 1759, Dodington en 1761, Robert Symmer et Shenstone en 1763, Young et Mallet en 1765, Millar, Riccaltoun et Gray en 1769, John Forbes en 1772, Lyttelton en 1773, Murdoch en 1774. George Lewis Scot pouvait se croire le dernier, quand, en 1777, un critique, admirateur de Thomson, lui dédiait un «c Essay i» sur les « Saisons ij, comme « au seul survivant de cette société < dont le poète était Tun des membres les plus aimables ' j>. Cependant, lorsqu'il mourut, en 1780, il laissait encore derrière lui le docteur De La Cour que ses habitudes d'intempérance ne condamnèrent pas à une fin prématurée, puisqu'il vécut jusqu'en 1781, George Ross et enfin Robertson, deux des amis qui avaient assisté aux derniers moments de Thomson, et qui moururent, le premier en 1786, l'autre en 1791.

La disparition de ces derniers témoins de sa vie ne laissait pas sans fidèles la mémoire du poète. Dans cette Ecosse qu'il avait illustrée, et qui toujours a eu le culte de ses grands hommes, une sorte de religion s'était établie en l'honneur de Thomson, avec ses dévots, ses ministres et ses rites. En 1770, wue société d'Edimbourg, « the Knights Companions of the Cape », célébra solennellement la date anniversaire de la naissance du poète. Le samedi 22 septembre, un Festival

^n 1876, on plaça dans la nouvelle église paroissiale de Soulhdean, un

vitrail en Thonneur de Thornson, le Rév. John Mair reçut la sous-

<^ription de Miss Bell, petite-nièce du poète, alors âgée de quatre-vingt-

<*eux ans.

1. tt Ai Broughton, at a very advanced âge, Robert Thomson, a cousin

ofour immortal Scottish Bard, the aulhor of the Seasons », etc.

(Date manuscrite de Mr. Maidment : January 1802); — pas d*indication de provenance; il est probable que la coupure était fournie comme les précédentes par un numéro du Scots Magazine,

2. • Strictures Crilical and Sentimental on Thomson' s Seasons, etc., by J. More. London MDCCLXXVII. » L'ouvrage est dédié à « George Lewis Scot Esq., onc of His Majesty's Commissioners of Excise, as a friend of the aulhor of the Seasons, and the sole Surviver of that... society of vrhich our Aulhor was one of the most amiable members.... •

musical réunissait les membres de la société. Une sorte d'oratorio avait été écrit pour la circonstance et mis en musique par Mr. Smeiton. Les récitatifs, les airs, les duos, les chœurs se succèdent, rappelant les œuvres, le talent et la gloire du a barde », avec ce refrain, que tous les adeplos chantaient à l'unisson dans le chœur fînal :

Raise lo Thomson, raise the lay, Ilail with joy his natal day!

Ilail thc happy, happy morn !

Whcn great Naturels Bard was bom *.

Le programme de la cérémonie était complété par une dissertation de l'un des membres sur les poèmes de Thomson , et par l'exécution de tous les chants, qui se trouvent dans les œuvres du poète, adaptés à une musique écossaise par Mr. Smeiton.

Dix ans plus tard, les mêmes chevaliers se réunissent dans leur hall. La salle était décorée de fleurs et d'une lyre qu'entouraient le laurier, la gerbe de blé et la faucille. La fête comprenait deux parties : dans la première on récita une invocation aux Muses et aux amis du génie, on lut un poème du Dr. Langhorne, « la lutte des Saisons i», et les vers de Lyttelton sur le mérite de Thomson comme auteur dramatique. Dans la deuxième, on récita un passage des quatre Saisons, chacun étant suivi d'un chant qui s'y rapportait; puis le lecteur rappela le patriotisme de Thomson, et l'on chanta en chœur Rule Britannia, Après quoi la compagnie « nombreuse et choisie » soupa et but à la mémoire de Thomson et de ses amis.

En 1790, la même pieuse célébration réunit les chevaliers. Le cérémonial suivi esta peu près le même. Mr. Woods récite un poème de sa composition '. Un des compagnons, avant

1. Toute cette cnthousiasle poésie nous est conservée sous la forme d'une brochure de 14 pages : • A musical entertainment performed by a Society of Gentlemen in Ëdinburgh, upoo the anniversary of the Birth-Day of James Thomson, author of the Seasons, etc. Septembre 22, M, DOC, LXX. » (14 pages sans nom d'auleur, d'éditeur, ni de lieu de publication.)

2. « Occasional poem on the Birth-Day of Thomson, Celebrated at Cape- Hall, on Wednesday sept. 22 "' 1790. Written and recited by Mr. Woods. • (3 pages petit in-8.) ^ La pièce est aussi publiée par le Scolt MagazinCy vol. 52, p. 504, oct. 1790.

d'arriver à la réunion, avait assisté à Tenterrement de Mary, la dernière sœur de Thomson.

Indépendamment de cette célébration décennale à Edimbourg, tous les ans l'anniversaire du 22 septembre réunissait au village d'Ednam les admirateurs du poète. La cérémonie eut en 1791 un éclat particulier. Elle fut présidée par lord Buchan. L'excentrique grand seigneur prononça un pompeux éloge de Thomson, puis il couronna de laurier le buste de l'écrivain et un exemplaire de l'édition princeps des « Saisons » * . C'est à l'occasion de cette solennité que Burns avait écrit, sur la demande de Buchan, son adresse aux mânes m du barde d'Ednam » *. — Mr. Gilbert Eliot avait obligeamment prêté, pour servir de siège au président, la chaise sur laquelle le poète avait travaillé à 1' « Hiver » '. — En 1796, la solennité eut encore un éclat exceptionnel. Lord Buchan choisit cette date

\. Le discours figure dans V « Essay » publié Tannée suivante par le comte

sur la vie de Thomson. On peut le lire aussi dans les Illustrations de

Mchols, vol. VI, p. 404, dans le GentUman^s Magazine, vol. LXI, p.p.

1019-1083, et dans une note supplémentaire du Ttiomson, de R. Brll. —

•A couple of casts from Thomson*s statue, in Westminster Abbey, bave

been sent to the Earl of Buchan by Mr. Coutts, who generously olTured

tbe mould also, that they might be uniques; but lord Buchan chose

rather that casts should be multiplied for Ihe gratification of ihe laste and

patriotism of the public. » (Edinburgh Journal de la fin de sept. 1790.)

— On voit que Robert Bell & tort de relever ce qu'il appelle une erreur de

sir Barris Nicholas, et de déclarer que Buchan couronna non pas un buste

mais un exemplaire des œuvres. La vérilé est que le lyrisme du comte

s'exerça tout à la fois devant le moulage envoyé par M. Coutts et devant

un exemplaire de Tédition de 1730. Cet exemplaire se trouve encore

aujourd'hui à la Bibliothèque de Tuniversité d'Ediml>ourg. Il porte à la

première page cette inscription de la main du comte : « This copy of the

Seasons was given to Henry David, Earl of Buchan, by Andrew Millar, as

from Ihe author, and was covered with Ivy by David Stewarl, Earl of

Buchan, on Ednam Hilj, september 22 "' 1791 ».

2. La lettre où le poète envoie ses quelques strophes à Buchan et regrette de ne pouvoir, retenu qu'il est par la moisson, assister au couronnement du buste, est de 1791. Il est singulier que les Chamburs la reproduisent avec la date (september) 1790.

3. Ce fauteuil est encore conservé au musée de Kelso. C'est un siège canné de solide construction. Une plaque de cuivre y a été fixée, disant que ce fut le fauteuil de Thomson, et quMl a été donné au musée par la famille de W. Ker Esq. Avant Ker, Ar William Bennct (of Grubbat) paraît avoir été le possesseur de celte relique.

L'authenticité de son origine a été mise en doute, mais non pas controuvée. On a même remarqué sur l'un des pieds les traces d'un commencement de combustion, et l'on s'est rappelé qu'une tradition rapportait que Thonison avait un jour failli être brûlé vif pour s'être endormi sur un siège placé trop près du foyer.

pour consacrer à la mémoire de Robert Burns une urne marbre qui fut placée dans le c Chapter-House » de Drybur^ auprès du buste de Thomson.

La date du centenaire fut pour les chevaliers compagne de la c[ Cape » l'occasion d'une fête plus pompeuse encc que les précédentes. Dans la grande salle d'un hôtel d'Edii bourg, richement ornée de Heurs, de lauriers, de gerbes et faucilles, une très nombreuse assistance s'assit à la table < banquet ^ A l'une des extrémités avait été placé le portn original de Thomson, en face du président du club (c theSo^ reign n) qui portait sur la poitrine, retenue autour du o par un ruban, une miniature du poète ^ Un « temple » feuillages avait été dressé dans la salle, et, au milieu, un bus de Thomson était entouré de nombreuses lumières. Après repas, lecture et chants de fragments variés des œuvres < maître. Mr. Woods, Tinfatigable ordonnateur de la fête en 18 comme en 1790 et en 1780,*avait ajouté une pièce nouvelk celles que le même anniversaire lui avait inspirées '.

La société des Chevaliers annonçait alors son intention célébrer également en 1810 la date du 22 septembre. Il n'( guère douteux que cette intention ait été réalisée. L'anniv( saire de la naissance de Thomson se trouvait coïncider av celui de la victoire remportée par Wallace à Stirling-brid^ La gloire du grand patriote et celle du grand poète fure associées dans les fêtes célébrées en 1714. Le comte de Buch inaugura la statue colossale de Wallace, dont le piédestal po tait ce simple vers de 1' a Automne » : a Great Patriot Her Ill-requited Chief! » Aussitôt après, il se rendit à Ednam po assister au dîner annuel en l'honneur du poète. Après ave

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