Spring, ▼. 27-31. — 4. Summer, v
c sur la plaine les fils délicats des rosées évaporées! Combien c est clair le ciel sans nuage! Quelle teinte profonde il prend « d'un bleu particulier! Comme la voûte céleste s'enfle « immense! Combien, du baut de son trône d'azur, le soleil « rayonne joyeusement! Combien est calme au-dessous la « terre par lui dorée ' ! »
Enfin après ces tableaux nuancés où le poète fait preuve d'une si délicate perception des jeux subtils de la lumière, voici ceux où il se montre capable de rendre les splendeurs royales de midi : « le soleil, de son trône au zénith, ébranle « et disperse les nuages, et lance jusque dans les profondeurs c des abîmes une indolente langueur*. » Notons la gradation qui sépare de cette brève indication d'un midi de printemps, celle qui retrace Tccrasante puissance du soleil d*élé : « C'est « la pleine ardeur de midi, et verticalement le soleil lance sur « nos tètes ses rayons violents. Sur le ciel et la terre, aussi « loin que peut errer le regard, tout est submergé par Téblouis- « sant déluge; tout d'un pôle à Tautre se perd dans un llam- « boiement indistinct '. » Il n'y a plus au delà que le soleil tyrannicpie et le ciel écrasant des tropiques. <( Voyez comme <f le soleil aux ravons étincelants s'élève sans aurore et chasse a aussitôt du ciel le bref crépuscule; voyez de quelle llamine a anlente, joyeux et cruel il se répand dans l'air éblouis- « sant^ »
Les ciels d'après-midi sont nombreux et se retrouvent dans plusieurs des a Saisons » : « Affranchi de l'éclat ardent de l'été ce (|ui séloigne, un azur plus serein qu'anime une lumière a d'or, embrasse jusqu'à l'horizon le monde joyeux. Des soleils « tempérés s'élèvent et lancent des rayons cléments, et sou- « vent, à travers les nuées transparentes, ils versent un calme <c délicieux... jusqu'à ce que l'air ébranlé s'agite et que souffle a la brise. Alors le manteau floconneux du ciel se déchire; les a nues volent dispersées; et tantôt le soleil tout à coup brille <( et dore la plaine illuminée, tantôt les ombres noires courent a sur la terrée » — a Cependant, jetant sur tout une ombre « légère, un calme sobre suspend dans l'air les nuages floconci neux. La moindre ondulation de l'air s'arrête tremblante,
1. Autnrmu liiOS-1217. — 2. Sprinr/, 4i2-4ii. — 3. Sumtner, 432436.- 4. Ibi(L, 0.io-«48. — o. Aulumn. 2o-39.
ne sachant où diriger le doux courant, tandis que, tout illuminés, les nuages à la frange humide boivent le soleil, et de leur voile transparent laissent arriver au monde paisible, sa force adoucie ^ » — Toute autre est rinfluence du soleil l'aspect du ciel aux mêmes heures de Thiver : a Suspendu à l'extrême bord du ciel, le soleil verse à peine dans l'air un jour attristé. Faible est son éclat, et ses rayons impuissants ont peine à franchir en longues lignes horizontales Tair épais; tandis que lui-même, vêtu des nuées de la tempête, faible, pâle et large, il longe au sud le bord du ciel, pour descendre bientôt et abandonner le monde abattu à une longue nuit*, n
Ia journée s'achève; voici le soir, puis la nuit dans un ciel été : <t Le soleil a perdu sa violence; son globe abaissé ne lance plus qu*une chaleur vivifiante et un éclat joyeux; ses rayons variés colorent les nuages, ces vêtements magnifiques du ciel qui, sans cesse mobiles, prennent des formes rjittoresques, où Timagination poursuit des rêves sans somneil '. » — a Le soleil chemine près de l'horizon, et s'élargit graduellement à la lin du jour. Les nuages changeants, gainent assemblés, riche et pompeux cortège, entourent de oute leur gloire son trône au couchant. L'air, la terre et océan sourient dans leur immensité. Et bientôt comme si ?s chevaux fatigués de son char avaient hâte de retrouver ;elon la fable grecque) la demeure d'Amphitrite et les soins e ses nymphes, il plonge son globe; le voilà à moitié nrnergé : puis, un croissant d'or lance un dernier brillant ivon, et l'astre disparaît tout entier*. » — a Annoncé làas ï^ar les nuées qui lentement se sont éteintes, le sobre -épuscule, adoucissant tout Téther, prend sa place accouimée au milieu des airs, avec les milliers d'ombres qu'il )mmande. Il lance sur la terre celle-ci d'abord; puis une jtre de teinte plus profonde se glisse doucement derrière le, et une autre plus profonde encore, dont le cercle sucîdant aux précédents, s'ajoute à eux pour recouvrir la sur- ,ce des choses ^ » Enfm règne la nuit : <l Sur les pas du ,i*épuscule suit rapide la Nuit; non pas dans sa robe d'hiver
Autumn, 901-963. — 2. Winter, 44-51. — 3. Sunimer, 1311-1376. — bid., 1620-1629. — 5. Ihid,, 1641-1654.
« (l'un épais et noir tissu, mais négligemment drapée d'un « manteau brun. Un rayon faible et décevant, réfléchi par les « surfaces indistinctes des choses, envoie à l'œil qui fait effort c une image incertaine.... Et bientôt la vue fatiguée se toum.^ c vers le ciel. Amenant doucement les heures silencieuses d^ c l'amour, Vénus charmante brille de son pur éclat, et quari. ^ t elle s'est levée propice, du moment où la lumière du joi c s'est évanouie jusqu'à ce qu'elle jaillisse de nouveau, Véni: « règne sans rivale, la plus belle parmi ces lampes de la nui « Tandis que mon œil ravi s'enivre de cet éclat tremblant, t légers éclairs traversent le ciel, ou jaillissent sur l'horizon &^ « formes capricieuses.... Parmi les sphères radieuses qui no- « seulement ornent, qui animent le ciel, soleils vivifiants d'ai__ « très mondes, des profondeurs terrifiantes de l'espace revierr € dans sa course précipitée la comète qui s'approche du soleil « et quand elle disparait sous l'ombre de la terre, sa quei « effrayante se projette sur le ciel *. d — Comparons une nu^ -i d'automne : « Le soleil couchant met fin à la brève journé^^ « le soir humide glissant sur le ciel jette sur le sol, pendainf « sa froide marche, les vapeurs condens(îes en brouillards.. -. « Puis la lune, dans toute la plénitude de son globe, appât- « raissant h travers les nuages rompus, montre sa large fac£? « dans l'orienl empourpré. Tournée tout entière vers le « soleil, son disque tacheté (oii la lunette des astronomes nous « fait voir des montaj^nes qui s'élèvent, de sombres vallées a qui s'abaissent, et de profonds abîmes), son disque nous a renvoie Téclat du soleil sans sa flamme, et verse un jour « plus doux. Tantôt elle semble se baisser au milieu du nuage « qui passe, tantôt elle vogue majestueuse au plus haut de « l'azur sans tache. Le pâle déluge flotte au loin; il s'épanche « doucement sur la montagne voisine du ciel, et jusqu'à la « vallée pleine d'ombre; les rochers et les eaux réfléchissent « cette lueur frissonnante; l'air tout entier blanchit sous ce « flot immense de lumi('ro argentée qui entoure le monde de « son éclat tremblant. Mais quand, à demi eflkcée du ciel, sa « lumière affaiblie laisse les feux des étoiles brûler d'un éclat « plus perçant à travers les profondeurs célestes, ou quand « son globe amorti, presque éteint, se montre, et se montre à