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2. • The picasant influences of sofl winds, and ringing slreamlets, and shady co verts, of thc violet couch and paiin-tree shade, tliey (Ihe Uealhen writers) received, perhaps in a more noble way than we; but Ihey fourni nol anything, exccpl feur, upon Uic bare mountain, or in Ibe ghostly glen. ■ {Kusum, Modem Painlers, 11, vol. I, p. 42.)
essions modérées et douces. Sa poésie fourmille de vers iiontrent combien elle ressentait vivement Témotion du nie et de l'infinie grandeur en face de spectacles tels que du firmament et de la mer. Mais si nous nous sommes ués à unir ces deux termes, la mer, la montagne, comme manifestations diverses d'un même caractère des forces elles, il n'en était pas ainsi des Grecs. Leur admiration attachée uniquement à l'océan. Cette mer sur les rivages juelle se développe leur civilisation, ce tcovtoç, ce a grand in » qui réunit les membres épars de la glorieuse famille, une puissance formidable qu'ils ont en quelque degré liée. C'est un inconnu auquel ils ont en partie arraché lecret. C'est une force qui, dans ses déchaînements les :;fTrayants, manifeste encore cette unité qui plaît à leur
épris d'ordre et d'harmonie. Quant aux montagnes, ils l(Mit n'y voir que les etïets de forces désordonnées. Pour nylhologie et pour leur poésie, ce sont ou bien les instru- > de lutte ou de supplice d'êtres monstrueux, ou bien le ' inaccessible, jamais visité, jamais décrit, des puissances ieui'es. Ne peut -on pas exprimer une surprise et un : en pensant que lorsque Eschyle enchaîne au flanc des ; son Prométhée, il ne tente aucune description de cette 3 affreuse avec laquelle étaient dignes de lutter sa langue mte et ses a mots de six coudées »?
Latins, élèves et imitateurs, ne verront pas ce qui a pé à leurs maîtres. Leur sentiment de la mer est plus reset plus étroit. Moins familiers avec elle, ils n'en connaisjuère les grâces et les caresses. Pour Lucrèce, pour e, pour Virgile, elle est surtout perfide, violente, objet »i. Lorsque Catulle note en elle, même sous l'orage, le le et les sourires de ses couleurs changeantes, on peut se ider s'il fait autre chose que reproduire une impression le '. — Quant aux montagnes, à plus forte raison doivent
« Hic, qualis flatu placiduin mare matutino norrificaos Zephyrus proclivas incilat undus Aurora exorionle vagi sub limina solis, Quœ tarde priuium démenti flamine pulsœ, Proceduni leni resonanl plangore cachinni. Post vento crescenle magis magis increbescunt Purpureaqiie procul nantes a luce refuIgcDt. •
(Catulle, LXIV, 269-215.)
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elles conserver leur caractère de mystère et de terreur. Une fois seulement Virgile leur consacre un trait tfe descriptkm qui même s accompagne d'une sympathie bien nouvelle, i le vieil Apennin qui rugit de tous ses chênes et qui soulève avec exaltation jusqu'au ciel ses sommets blancs do neige * ». Mais l'opinion esthétique de cette littérature et de cette société est exprimée par Quintilien : oi La beauté est le privilège des a pays qui s'étendent près de la mer, plats et agréables * i.
La Renaissance n'a pas comblé la lacune laissée par l'antiquité, non pas même avec Shakespeare. Sans doute il fait passer quelquefois dans ses drames l'impression physique des régions montagneuses. On sent, dans certaines scènes de Cymbeline, l'air aigu, le grave silence des monts. Mais il n'a nulle part porté sur celte partie du monde matériel son extraordinaire pouvoir d'observer et de décrire. M. Ruskinse félicite, dans une page curieuse, de cette ignorance du maître; il y voit une dispensation de la Providence ^.
A coup sûr nous ne demanderons pas aux modernes littératures classiques la révélation de ce domaine encore inexploré. Elles ferment les yeux même aux tableaux qui depuis plus de vingt siècles avaient provoqné sans la lasser Tadmiration des hommes *. A peine un mot vient-il de temps en temps, chez les plus Imaginatifs des écrivains de notre grand siècle, laisser entendre que Ton pouvait voir dans les montagnes autre chose que de gênantes et laides murailles *. Il n'en va pas autrement chez les auteurs anglais. Le sage Evelyn devenait épigramma-
1. « Quantus Athos, aut qiiautiis H)ryx, aul ipsc. coruscis Cum frémit iiicibiis, quantiis, gaiidet(|iie nivali Verlicese atlolleni» paler Aponniniis ad auras. •
C« Enéide -, XH, 099-701, éd. Beiioist.)
2. « SpecJes maritimis, plani?, anuruis. • (Cité par Shâirp, On the Interprétation of Sature, chap. x, p. \ Wl.)
3. - So far as nature had any influence over Ihc early Iraininft of Ihi» man, il was cssentini to his pcrfcctness tlint the nature ï^hnnld be quiet..** Shakespeare eould be allowed no niounlains. - [Modem Painters^ vol. IV, part o, ch. xx, p. 372 et auiv.)
4. • Quelle que soit la liante valeur morale de notre liltirature classique.... elle exclut trop la nature visible,... tout le domaine de Timagination, pour constiluer une véritable poésie, pour être rien de plus qu'une éloquente et sublime prose. • (De Laphade, le Sentiment de la Nature avant le Christianisme, p. -410.
5. Comme Pexclamation de Mme de Sévignc sur •> les alTreuses beautés > des montagnes.
tique pour noter que « la Nature a balayé et amoncelé dans I les Alpes tous les décombres de la terre, alin de former et de ï nettoyer les plaines de la Lombardie * ». Le poète Blackmore ttlest pas moins énergique dans sa réprobation d'une erreur manifeste du Créateur : « Les montagnes,... ce fardeau encomibrant qui déshonore la terre* ». Fleming, né dans un pays de montagnes, s'efTorce de justifier le Créateur et de leur trouver une finalité : « Klles offrent », dit-il, a un refuge aux bêtes I sauvages' ». Addison se contente de résumer ainsi ses impressions, après son passage dans la partie la plus admirable de l'Europe : a Je viens d'arriver à Cenève, par un bien ennuyeux ' voy»ige à travers les Alpes. J'y suis resté pendant plusieurs ï jours à grelotter au miliou des neiges perpétuelles. J'ai la tète ï encore étourdie de montagnes et de précipices, et vous ne ' pouvez imaginer combien me fait plaisir la vue d'une plaine*. »
Très différente fut en somme Tattitude de Thomson en face les monts. Quand il aura vu les grandes Alpes (c^r il doit lui •ussi les franchir), il en rapportera quelques impressions grandioses. Nous les retrouverons dans <( La Liberté » où lies sont un des lambeaux de pourpre, purpurei panni, du rave poème. Il lui arrivera alors de s'écrier au sujet de son onfrère Glover : « Lui, écrire un poème épique! 11 n'a jamais
vu de montagne*! » A l'époque où il écrit les a Saisons », il l'a pas encore ressenti le grand coup de surprise et d'admiation que donne un panorama de hautes montagnes. Mais, *il n*a eu sous les yeux que les effets à échelle réduite de ses
i. • Nature has swept up Ihe rubhisli of ihe earth in the ÂIps to form nd clear the plains of Lombard y. » (Cité dans Chambehs's Cffclop/ediaj ûl. I, p. 460.)