the hills
That earth 's dishonour and encumbering load. -
(Ulackmorb. The Création.)
3. « .... In the seventeenth centiiry, one of the niost enlightencd of the relious mon of his day (Fleming), himself a native of ;i niountain country, sting about for soiue reason to cxplain to himself the existeuce of monins, can light upon this reason only : they are inhabiled by the lasls. • (Ri'SKiN, Modem Painters, vol. IV, part, v, chap. vu, p. 94.)
4. « I am just arrived at Geneva, by a vcry troiiblesome journey over e Âlps, where I hâve been for some days togelher shivering among the ernal snows. My head is stiU giddy >vith mountains and preiûpices, and >u cau't imagine how much I am plcasied with the sight of a plaiu. •
5. - Hc Write ao epic poem, who nevcr saw a mountain ! » (Cité dans iAMBEns*s Ctjchp,rdia of Eufflish Lileralure, vol. I, p. 682.)
monts d'Ecosse, au moins n'est-il pas resté insensible à leur caractère et à leur charme. Il lui arrive rarement d'en évoquer la vision devant nous par une description directe. C'est toujours à propos d'un phénomène ou d'une apparence secondaires qu'il en fait mention. Â la fonte des neige-s on voit € les « monts élever vers le ciel leurs têtes verdoyantes * )>. a Après « l'orage, le premier rayon du soleil va frapper la montagne qui « s'illumine '. » — Et de même à Taurore « le rocher humide, (( le sommet brumeux de la montagne surgissent à nos yeux et « s'éclairent de la lueur matinale' ». — Au lever du soleil «le « nuage disparaît, l'azur s'enflamme, le front de la montagne <( s'illumine d'or fluide* ». — Le dernier rayon du soleil couchant s'attarde sur le mont *; et la lune verse son pâle déluge qui flotte au loin et se répand doucement sur la montagne voisine du ciel *. Dans les paysages d'hiver nous voyons la montagne tactietée par l'elTet du dégel '. — Les détails pittoresques des hautes régions sont parfois indiqués d'une touche ferme et sûre. C'est a le précipice abrupt qui projette l'horreur « sur l'onde noire du torrent' », ou qui ofl're un inaccessible abri à l'aire de l'oiseau de proie * ; ou bien encore l'avalanche « qui roule d'abîme en abîme, avec un bruit de tonnerre, ses « montagnes de neige '° ». — Quelquefois aussi le poète trace au tond de son tableau, d'un trait rapide, le profil d'une chaîne éloignée, (c Le paysage rompu s'élevant peu à peu, se hérisse « en collines escarpées, et au-dessus, les monts de Cambrie< tf comme de lointains nuages qui bordent l'horizon bleu, s'élè- <( vent sombres " . » Et quand le poète note en quelques mots le caractère des gi'andes chaînes qui forment l'ossature du cx)Dtinent européen il trouve des traits précis et heureusement suggestifs : « Tonte cette région, de montagnes farouches que (( les Alpes étincelantes, que les Apennins où ondulent l^ (( forêts, que les Pyrénées lancent comme des branches prodia gieuses jusque dans les pays lointains '^... »
Rien de tout cela ne constitue la description directe d'une montagne. Une fois cependant le poète a revu et nous * montré le rocher qui terminait la vallée du Jed, ce Carte»"
1. S/ning, vers 17. — 2. Ihid., v. 190, l!)l. — 3. Swnmer, v. 54. 55. -^ h. Ihid., V. 83, 84. — 5. Ihid.. 1691, 1692. — 6. Aututnn, 1098, 10^^' ~ 7. Winter, 994. --% 8. Summer, 163, 464. — 9. Spring, 452, 453. " 10. Winter, 416-448. — 11. Spring, 958-961. — 12. Winter, 389-392.
ell qui pendant ses jeunes années était pour lui «c la mon-
igne ». Et, chose singulière, cette description (bien som-
laire du reste) n'est introduite que pour constater la dispari-
on de l'objet qu'elle peint : « La montagne hérissée, énorme
etsublime, qui,... entre les royaumes ennemis, élève la haute
et longue muraille de ses rochers, la montiigne ne remplit
plus la scène de ses aspects grandioses et variés; mais dans
la nuit des vapeurs qui s'amassent, elle disparaît au regard
étonné *. » — La seule autre description un peu prolongée
ue renferme le poème est celle d'une région que le poète n'a
ueque par l'imagination et à travers les récils des voyageurs;
e sont les monts de l'Abyssinie '.
Et cependant à défaut de descriptions i)rolongées, nous rouvons dans les « Saisons » de nombreuses traces de ce entiment si naturel cliez un fils de l'Ecosse et qu'exprimait e dernier passage cité : la montagne est un des traits les plus mportants du décor de la nature. Proche ou lointaine, elle l'est jamais absente des paysages de Thomson. Nous venons le voir comment elle s'associe aux divers jeux de lumière où >e plaisent les pinceaux de notre peintre. Un effet moins banal, lui porte plus sûrement la marque d'un souvenir de choses senties, c'est l'évocation des voix de la montagne. L'habitant les vallées et des plaines se blase sur le spectacle de ces nasses uniformément imposantes. Mais les bruits qui par interiiitlences lui sont envoyés par ces géants inmiobiles contribuent surtout à leur donner le caractère d'acteurs importants ians le grand drame de la nature. Lorsque la tempête menace, ^n des présages qui frappent le poète, c'est a au milieu du " silence de la nature, le bruit sourd qui, des montagnes, roule ^ sur la terre grondante, trouble l'eau du fleuve, et, sans un
* souffle de vent, agite les feuilles de la forêt ^ ». — a Par les ^ bois, par les landes marécageuses soupire le triste génie de
* l'orage; là-haut, parmi les rochers disjoints et branlants,
* parmi les solitudes des montagnes aux sommets fracassés, les
* ruisseaux bruyants et les cavernes font entendre, comme un ^ présage, un rauque gémissement dont l'écho se prolonge *.... » "" « Des montagnes, couvertes de forêts bruissantes, une voix
*• Autumn, 7H-717. — 2. S '• H'm/er, 66-71.
Summer, "47-78i. — 3. Ibid., 1116-1120. —
â76 JAMES THOMSON.
«L sort et, d'un accent solennel, invite le monde à se préa parer *. »
De la montagne vient le présage; c'est elle aussi qui prépare l'orage et le lance sur la plaine, m Le cercle des montagnes « battu des vents enferme leur masse tourbillonnante et la « précipite comme un torrent dans la vallée *. ^ C'est d'elle enfin que viennent les torrents et les ruisseaux qui formeront les fleuves : a La rivière, grossie de maint torrent, irrésistible, a mugissante et terrible, descend des montagnes sauvages et a des solitudes que peuplent les mousses, et bondit parmi les tt rochers abrupts, avec un bruit retentissant'. »
On le voit, Thomson est loin de négliger dans ses tableaux du monde la montagne. Il la mêle presque à toutes ses descriptions. Et ses montagnes ne sont pas celles qui découpaient sur les fonds de toile des peintres du paysage classique leur silhouette banale et sans vérité. A plus d'un trait nous reconnaissons qu'il a vécu dans leur voisinage, qu'il a éprouvé les impressions diverses de leurs aspects changeants. Il a senti leur beauté; il s'élève par là au-dessus de la capacité esthétique de ses contemporains et des siècles passés. Mais il n'a pas abordé de front, au moins dans les « Saisons », la tache de retracer avec précision les caractères de ces paysages grandioses; il n'a pas eu sur ce point l'audace qui fait les grands explorateurs; et, comme la page où il a plus tard comblé cette lacune, est restée inconnue au milieu d'un poème oublié, on peut dire que Thomson a laissé à d'autres, parfois moins bien doués pour cette œuvre, le mérite d'ouvrir à la littérature et à lesprit humain ce domaine nouveau. Les pages révélatrices de Gray et de Rousseau, les brillantes ou éloquentes peintures de Byron, de Shelley, de Wordsworth et de Coleridge, ou de notre Lamartine ne doivent pas cependant nous faire oublier qu'avant eux Thomson avait connu la beauté des montagnes, et leur avait fait une place sur la scène du monde.
1. Winter, 1;>1, 152. —2. Auttnnn, 3i>2-32i. — 3. U'm/er, 94-99.
Plaines, champs, prairies, landes, marais, etc.
Sans doute ces aspects que nous avons étudiés, et dans lesquels la nature se montre sublime et surhumaine, sont ceux qui sollicitent le plus justement reffort d'un grand artiste. Ils ne sont pas peut-être ceux dont Tinterprétation nous révèle le plus sûrement chez récrivain un sentiment pénétrant et sûr du monde visible. Il faut plus de délicatesse de perception et une sensibilité plus fine pour goûter et pour traduire le charme d'une scène simple et familière, d'un panorama sans accidents grandioses, d'un paysage de plaine. C'est la pensée qui se dégage des vers où Sainte-Beuve, observateur à coup sûr capable de tout comprendre, déclare choisir pour son domaine les aspects les moins imposants de la nature :
« Laissons Chateaubriand
ne rien demander
Que d'entendre la foudre en longs éclats gronder,
Ou mugir le lion dans les forêts suixîrbes.
Bien; il faut Taigle aux monls, le géant à Tabime,
Au sublime spectacle un spectateur sublime.
Moi, j'aime à cheminer et je reste plus bas.
Quoi! des rocs, des forêts, des fleuves? Oh! non pas,
Mais bien moins; mais un champ, un peu d'eau qui murmure,
Un vent frais agitant une frêle ramure;
L'étang sous labruyère avec le jonc qui dort. •
Thomson qui, nous l'avons vu, a montré, dans la descripon de quelques-uns des grands tableaux, une admirable maestria, Thomson est aussi le peintre épris des simples sautés de la terre, des grandes plaines couvertes de gazon, ou es champs de blé ondulant au souffle du vent. Il connaît et il îtrace le charme de ces paysages, dont l'uniformité a aussi sa randeur. Il les a vus et il nous les montre sous tous leurs spects, aux difiërentcs heures du jour et aux différentes sai- Dns. Les descriptions qu'il nous en donne ont une franche aveur et un véritable parfum rustique :
t Oh! loin de la ville enfumée,... errer par les champs
« mouillés de rosée où tout est fraîcheur! et, des buissons a courbés, faire jaillir les gouttes tremblantes, à mesure que a j'avance dans le vert dédale des haies de chèvrefeuille! sentir « Todeur des établesî gravir quelque éminence et de lavoir c la campagne, aussi loin que Tœil peut atteindre, épanouie « comme sous une pluie de fleurs mêlées, blanches et « rouges*. »
Évidemment ce sont là des tableaux qui l'attirent plus que les violences superbes de la mer ou Tccrasante grandeur des montagnes. Il y revient avec une complaisance manifeste. C'est devant une de ces scènes au charme discret, qui plaisent sans étonner, qu'il veut parler d'amour à la femme aimée, t Viens « et promenons-nous longtemps en ce lieu où la brise nous « arrive après avoir franchi ce champ de fèves en fleur. « L'Arabie n'a pas de plus suave parfum.... Viens et que ton a pied ne dédaigne pas la prairie, toute couverte d'une fraiclie ft verdure et de Heurs innombrables, parure spontanée de la (( Nature*. » — Ets'adressantencoreàson Amanda : « Parcoura rons-nous la prairie souiiante? ou bien nous promèneronscc nous au hasard dans lesciiampsoù ondulent les moissons**'» S'il finit par proposer à son amie une ascension modeste*, c'est pour lui faire admirer, du haut de la colline de Richinond, un riche panorama a de collines, de vallées, de bois, de a champs, de clochers, de villes brillantes et de cours d'eau (c dorés, jusqu'au point où l'inmiense paysage se perd dans la « brume' ». — Dans cette description même, ni l'amoureux, ni le peintre ne font entièrement disparaître le fils des champs, élevé parmi les rudes laboureurs. La pensée des richesses promises s'associe pour lui, devant ce paysage d'été, au charme des couleurs chaudes ou riantes, comme elle s'associait au ravissement de la campagne couverte de fleurs au printemps*.
4. Spring, v. 100-110. — 2. //////.. iOl-oOi. — 3. Sitmmer, 1403-1400.
4. Un (les premiers comuientateiirs et critiques des • Saisons •. J. Morei^ fait ceUe remarque que jamais Tliomson no décrit une scène un peu vaste sans avoir an préalable amené le spcclateurou le lecteur jusqu'à un point élevé. (Voir More's Striclures, et The MonUibj Heview, vol. 58 (année H^' p. 286, 287.)