‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 100 sur 304 · Paradise Lost, Bk 11, v · texte numérisé non relu

Paradise Lost, Bk 11, v

3. « He called so loud (hat ail the hoUow deep or hell resounded. »

(Paradise Lost, Bk. I, v. 314, 315.)

ment, une influence bonne et salutaire pour nos passions; une moitié de la création qu'il tend à associer étroitement à cette autre partie qui est le monde des âmes. On peut suivre dans les œuvres poétiques de sa jeunesse le développement de cette conception du rôle des choses et de Tharmonie de Tunivers. Déjà VAllegro et le Penseroso unissent V a état d'àme » qu'ils expriment aux spectacles de la nature. Le plaisir que promet à ses fidèles Euphrosyne, la fille de Zéphyr et de l'Aurore, c'est avant tout la jouissance des formes et des couleurs des choses, l'éclat radieux du soleil, les sons et les parfums de la campagne ^ Et de même, au premier rang des joies que la divine Mélancolie assure à ceux qui la suivent, le poète place la contemplation de la nature sous ses aspects de pénétrante et délicieuse tristesse. 11 nous peint avec ravissement le charme des belles nuits où, au-dessus du chêne familier, Cynthia arrête son attelage de dragons, où le rosignol, a si mélodieux et si mélancolique i>, emplit de son chant les bois silencieux, où la lune semble errer comme un voyageur égaré dans les plaines du ciel, où le son lent et grave d'une cloche lointaine apporte une note si triste et si émue sur le rivage de la mer sans bornes *.

Le Cornus nous présente la même union des réalités maté* rielles à nos plaisirs et à nos tristesses. Comus associe aux rites de la volupté le chœur des astres qui dans leur ronde rapide entraînent les mois et les années, et les mers dont les vagues dansent en suivant le mouvement de la lune, et les sables jaunes ou les sources mystérieuses que hantent les fées et les dryades *. Et, d'autre part, la jeune fille invoque le secours des choses bonnes et pures. Perdue dans la forêt dangereuse elle fait appel à Echo, la douce nymphe *; un nuage tourne vers elle pour la guider sa frange d'argent '. La nature exerce une saine et vivifiante influence qui s'oppose aux malé* fiées du magicien. La pure divinité qui seule peut briser le pouvoir du fils de Circé, c'est la nymphe d'une rivière. Et enfin, dans l'épilogue lyrique qui termine le Masque, l'Esprit vient proposer à la Vertu, comme récompense suprême, la libre contemplation des magnificences de l'univers.

1. VAllegro, passim. — 2. // Penseroso, v. 56-16. -— 3. Comus, v. 112-1*21. ^ 4. IM,, V. 230 et sui?. — 5. Ibid., v. 221-225.

236 JâNBS THOMSON.

Lycidas associe plus directement encore la nature à une émotion humaine, c Les saules et les verts buissons de coudrier c n'agiteront plus gaiement leurs feuilles aux doux chants de « Lycidas ^ j> Mais c'est la natureaussi qui console l'ami laissé seul. Il arrache aux lauriers, aux myrtes sombres, au lierre toujours vert leurs feuilles et leurs dures baies pour honorer Lycidas. Il veut que sur cette tombe les vallées jettent leurs clochettes et les mille couleurs de leurs petites fleurs; il invite les ravins profonds à y répandre l'émail de ces jolis yeux qui, sur le gazon vert, boivent les pluies délicieuses -. Et quand sa foi religieuse lui montre, dans la bonté de Dieu et dans le bonheur de l'ami perdu, la vraie consolation de sa douleur, il rêve que les vertus de Lycidas lui auront mérité cette récompense de devenir le c génie » des rives où il est mort'.

. Enfin les traits de ce genre ne sont pas absents non plus da grand poème plus c objectif i» cependant que ceux dont nous venons de parler. La nature a une sympathie pour l'homme dans le c Paradis Perdu i». Au spectacle de la faute, c la Terre c frémit jusque dans ses entrailles, — et la Nature fit entendre « un gémissement; — le ciel s*assombrit, .et> murmurant dans c le tonnerre, pleura— quelques tristes larmes quand le péché c de l'homme fut commis * i».

1. Lycidas^ v. 37-44. — Ce n*est pas sur ce point même que nous fondons le titre de Mil Ion à une originalité parmi les poêles descriptifs. La nature attristée par le deuil qui emplil Tàme de récrivain, c'est un des lieux «ommuns les plus anciens et les plus constants de la poésie. On le trouverait à toutes les époques et dans toutes les littératures depuis rantiquitè jusqu'aux poètes contemporains. Et, dans la longue liste des pièces à la fois descriptives et élégiaques, il faudrait réserver une place d'honneur, •entre certains morceaux de Spencer et de Milton, à ceux de Ben Jonson. Dans le Sad Shepherd^ quelques passages inspirés de Théocrite et de Bion sont au nombre des vers les plus exquis de ce genre, qui est du domaine l)ublic de la poésie.

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