‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 103 sur 304 · Were I to ffive Ihee baptisme, I woM chuse · texte numérisé non relu

Were I to ffive Ihee baptisme, I woM chuse

To christen Ihee, the Bride,* Ihe Bashfull Muse, Or Mirse of Roses. «

(Hesperides. To his Muse.)

â. il faut bien justifier ce que ces remarques comportent de critique :

• Besîdes, the childhood of the day has kept Against you corne, i>ome orient pearls unwept :

Gome, and receive them while the light

Hangs on thedéw-locks of thenight :

And Titan on the easlern hiU

Retires himselfe, or else stands still Till you côrae forth. »

Ce n'est pas le moins charmant des passages descriptifs qui abondent dans ce chef-d'œuvre exquis : Corinna]s going a Maying. Mais n'est-il pas vrai que la nature y joue un rôle de fantaisie? Le poète erotique est sans doute ici parfait; le poète descriptif, au contraire, cesse d'ôlre sincère quand il nous montre Taurore, les plantes, ia rosée, le dieu du soleil lui-même asservis au caprice de Tindolente Corinne.

Ou encore, on peut regretter la présence dans l'écrin de ces bijoux précieux, de plus d'une pièce trop ingénieuse, où la virtuosité de l'artiste relègue au second plan ia nature qui lui fournit un sujet. H ne se contente pas de chanter les fleurs; il veut aussi nous apprendre pourquoi les roses sont rouges, les lis blancs, ou les prim roses vertes. Les pièces un peu maniérées, sentant la poudre et le fard, où il nous fournit ainsi les • causes des choses » ne valent pas un vers, un mot d'émotion simple comme il en sait aussi trouver :

• Follow me weeping to my turfe, and there Let fall a primrose, and with it a teare. »

(To Perilla.)

240 JAMES TBOMSON.

eussions politiques et religieuses. Peut-être eût-ce été Taboutissement naturel du mouvement que nous avons plus haut noté. La pensée, sous la forme de raisonnements et d'exposés didactiques, tendait à passer de plus en plus au premier plan. Le poème descriptif par excellence de la période qui précède la révolution, c'est le Coopères Hill de Denham. Les digressions sentimentales y occupent autant de place que la peinture des choses, et la réflexion morale y est une plus puissante source d'inspiration que la jouissance des beautés naturelles. Quoi qu'il en soit, avec la Restauration la transformation est consommée. Dans la littérature qui règne alors, Milton est isolé, comme une étoile lointaine *. Il vit des inspirations et des souvenirs d'une ère close; il écrit pour un âge à venir. L'Angleterre est fatiguée de l'exubérante production à laquelle sa poésie a fourni pendant plus d'un demi-siècle. L'exemple de la France était là pour montrer qu'une forme littéraire où l'imagination prévaut moins que la raison peut avoir aussi sa beauté, plus sévère et plus froide. Un grand écrivain parut à point pour donner satisfaction au goût nouveau; et le génie de Dryden consacra, pour une période prolongée, l'hégémonie de l'esprit classique en Angleterre.

Dire quelles hautes et puissantes qualités Dryden manifeste dans son œuvre immense, ce n'est pas notre tâche. Ce qu'il nous faut constater c'est que parmi ces qualités ne figure pas le don d'évocation du monde matériel. Le poète est trop voisin des grands peintres de la Renaissance pour qu*on ne retrouve jamais chez lui quelque reflet de leur foyer. Il s'élève parfois d'un coup d'aile au-dessus des misères scolastiques de ses sujets. Une image éclatante, une comparaison bien venue nous donnent alors comme un écho de la poésie des maîtres, et ouvrent quelques échappées sur la grande scène de la nature. Mais on sent trop qu'il y a là des souvenirs littéraires plutôt que des observations directes; ce n'est pas dans les champs ou les bois, c'est dans les vers des poètes que Dryden a connu le monde. Ces passages forment du reste de rares exceptions '. Discuter, prouver et surtout réfuter, telle est la

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