‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 116 sur 304 · Stimmet · texte numérisé non relu

Stimmet

c ne sachant où diriger le doux courant, tandis que, tout illu- « minés, les nuages à la frange humide boivent le soleil, et f de leur voile transparent laissent arriver au monde paisible, « sa force adoucie*. » — Toute autre est l'influence du soleil et Taspect du ciel aux mêmes heures de l'hiver : « Suspendu f à Textrême bord du ciel, le soleil verse à peine dans l'air t un jour attristé. Faible est son éclat, et ses rayons impuisc sants ont peine à franchir en longues lignes horizontales c l'air épais; tandis que lui-même, vêtu des nuées de la € tempête, faible, pâle et large, il longe au sud le bord du c ciel, pour descendre bientôt et abandonner le monde abattu < à une longue nuit', t^

La journée s'achève; voici le soir, puis la nuit dans un ciel d'été : « Le soleil a perdu sa violence; son globe abaissé ne « lance plus qu'une chaleur vivifiante et un éclat joyeux; ses c rayons variés colorent les nuages, ces vêtements magni* c fiques du ciel qui, sans cesse mobiles, prennent des formes c pittoresques, où l'imagination poursuit des rêves sans somf meil '. » — « Le soleil chemine près de l'horizon, et s'élargit € graduellement à la fin du jour. Les nuages changeants, gaîf ment assemblés, riche et pompeux cortège, entourent de « toute leur gloire son trône au couchant. L'air, la terre et c l'océan sourient dans leur immensité. Et bientôt comme si ^ les chevaux fatigués de son char avaient hâte de retrouver t (selon la fable grecque) la demeure d'Amphitrite et les soins t de ses nymphes, il plonge son globe; le voilà à moitié t immergé : puis, un croissant d'or lance un dernier brillant t rayon, et l'astre disparaît tout entier*. » — « Annoncé làc bas par les nuées qui lentement se sont éteintes, le sobre t crépuscule, adoucissant tout l'éther, prend sa place accou- « tumée au milieu des airs, avec les milliers d'ombres qu'il « commande. Il lance sur la terre celle-ci d'abord; puis une t autre de teinte plus profonde se glisse doucement derrière * elle, et une autre plus profonde encore, dont le cercle suct cédant aux précédents, s'ajoute à eux pour recouvrir la surt face des choses*. » Enfin règne la nuit : « Sur les pas du t Crépuscule suit rapide la Nuit; non pas dans sa robe d'hiver

i. Autumn, 937-963. — 2. Winler, 44-51. — 3. Summer, 1371-1376. *. Ibid,, 1620-1629. — 5. Ibid., 1647-1654.

262 JAMBS TflOMSON.

« d'un épais et noir tissu, mais négligemment drapée d'uD « manteau brun. Un rayon faible et décevant, réfléchi par les « surfaces indistinctes des choses, envoie à Tœil qui fait effort

< une image incertaine.... Et bientôt la vue fatiguée se tourne

< vers le ciel. Amenant doucement les heures silencieuses de « l'amour, Vénus charmante brille de son pur éclat, et quand « elle s'est levée propice, du moment où la lumière du jour

< s'est évanouie jusqu'à ce qu'elle jaillisse de nouveau, Vénus c règne sans rivale, la plus belle parmi ces lampes de la nuit. « Tandis que mon œil ravi s'enivre de cet éclat tremblant, de

< légers éclairs traversent le ciel, ou jaillissent sur l'horizon en « formes capricieuses.... Parmi les sphères radieuses qui non « seulement ornent, qui animent le ciel, soleils vivifiants d'au- « très mondes, des profondeurs terrifiantes de l'espace revient « dans sa course précipitée la comète qui s'approche du soleil, <K et quand elle disparait sous l'ombre de la terre, sa queue « effrayante se projette sur le ciel *. » — Comparons une nuit d'automne : a Le soleil couchant met fin à la brève journée; « le soir humide glissant sur le ciel jette sur le sol, pendant « sa froide marche, les vapeurs condensées en brouillards.... <K Puis la lune, dans toute la plénitude de son globe, appa- « raissant à travers les nuages rompus, montre sa large face « dans l'orient empourpré. Tournée tout entière vers le « soleil, son disque tacheté (où la lunette des astronomes nous <i fait voir des montagnes qui s'élèvent, de sombres vallées a qui s'abaissent, et de profonds abîmes), son disque nous « renvoie l'éclat du soleil sans sa flamme, et verse un jour

< plus doux. Tantôt elle semble se baisser au milieu du nuage « qui passe, tantôt elle vogue majestueuse au plus haut de « l'azur sans tache. Le pâle déluge flotte au loin; il s'épanche a doucement sur la montagne voisine du ciel, et jusqu'à la « vallée pleine d'ombre; les rochers et les eaux réfléchissent « cette lueur frissonnante; l'air tout entier blanchit sous ce « flot immense de lumière argentée qui entoure le monde de « son éclat tremblant. Mais quand, à demi effacée du ciel, sa

< lumière affaiblie laisse les feux des étoiles brûler d'un éclat « plus perçant à travers les profondeurs célestes, ou quand « son globe amorti, presque éteint, se montre, et se montre à

Page 1