‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 119 sur 304 · Winter, 906-919. — 2. Ibid · texte numérisé non relu

Winter, 906-919. — 2. Ibid

ont voulu peindre les colères de l'océan, il n'en est guère en Angleterre, sans excepter Byron, qui ne se soient souvenus de l'auteur des a Saisons » et ne lui aient emprunté quelques-uns de leurs effets; il n'en est pas qui l'aient surpassé en tragique grandeur. Quand Hugh Miller, un savant qui fut, lui aussi, un peintre puissant, voulut d'un trait évoquer l'aspect de la terre à l'une des lointaines époques géologiques, il crut ne pouvoir mieux faire que d'emprunter à Thomson un vers magnifique :

A shoreless Océan tumbles round the globe ^

La Montagne,

Plus rares encore et plus brèves sont les descriptions de montagnes; mais nous n'en éprouverons pas la même surprise. La perception d'une beauté dans les spectacles que présentent les régions montagneuses est une des acquisitions non seulement de la littérature mais de l'âme modernes. Avec la riche complexité et la profonde analyse du drame, elle constitue les principaux accroissements ajoutés par l'esprit humain au patrimoine poétique légué par l'antiquité. La Grèce ellemême, cette terre d'élection de l'art, a produit sa moisson de chefs-d'œuvre au pied de monts majestueux, sans rien soupçonner des émouvantes impressions qu'ils pouvaient fournir. « Les influences charmantes des douces brises, des ruisseaux « sonores, des couverts ombreux, des lits de violettes, ou de a l'ombrage des platanes, les écrivains païens les ont ressenties, a peut être plus noblement que nous ; mais ils n'ont rien trouvé, a que la frayeur, sur la montagne nue, ou dans la gorge mysté- « rieuse '. » La constatation ainsi faite par M. Ruskin est insuffisante. L'âme grecque n'était pas ouverte uniquement aux

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