‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 141 sur 304 · Sptnngy 30, 31. Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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de rhorizon *; de ce ciel d'automne qui, dans le calme de l'atmosphère, tantôt se couvre de flocons légers et tantôt brille pur, joyeux, teinté d'un bleu si profond et si particulier?

Le jaune vient souvent jeter une note claire ou chaude ou brillante dans les tableaux du poète. Il apparaît partout où le soleil pose ses tons dorés; il est la caractéristique de l'automne; il pailleté de reflets éclatants les tons plus sobres du paysage quand le peintre note les pétales de la jaune giroflée, du tournesol, ou des genêts brillants *• Il est la richesse et la joie de la nature; et s'il arrive à notre poète de souligner avec une inépuisable complaisance ce ton qui est celui de l'or, il peut affirmer, lui aussi, que ce n'est pas par amour des guinées, mais des boutons d'or, des genêts et des blés mûrs *,

Le vert a un autre rôle, moins actif, reposant et apaisant. Le poète en observe toutes les teintes dégradées dans les masses ombreuses des bois ; il en signale avec allégresse l'apparition, soit au printemps quand le souffle vivifiant fond les neiges et de toute part découvre les pelouses de gazon, soit, en été, lorsque les hautes herbes sèches ont été coupées et que le râteau des faneurs rend visible la surface toujours verte du sol. Son enthousiasme s'épanche une fois en une apostrophe qui a presque l'accent d'un hymne : a Des couleurs t variées se répandent au printemps sur la terre, mais toi sur- * tout, vert joyeux ! toi qui fais à la Nature souriante un uni- « versai vêtement I Mélange d'ombre et de lumière, où la vue « se repose, et, goûtant une joie toujours nouvelle, prend une « force ravivée *. »

A vouloir faire le compte exact des indications de couleurs que fournissent les a Saisons d, nous trouverions pour l'Automne, celle où l'on peut s'attendre à rencontrer la plus grande variété de tons, les résultats suivants : le jaune (yellow, gold) ^t mentionné huit fois; — le bleu (blue, azuré, cerulean); ^e vert; le rouge (red, purple), et le noir, six fois; — le blanc,

<• Summer, 199-204. AiUumn, 1208-1217. Voir p. 259.

f- ^«/«mn, 951-963 et 1215.

'^- • Welike gold because it is of a prclty and permanent yellow; and ootlhe yellow colour because it is like gold. I overwork theepithet « gold- ^" " in most of niy descriptions; not because I like guineas, but because

"ke buliercups and broom. » (Ruskin, Modem Painiers, vol. I, note p. 20i ^e l'édit de 1888.)

*• Spnn^, 82, 85.

cinq fois; — les tons neutres dérivés du rouge et du jaune | (brown, russet, tawny), huit fois; — et le gris une fois. Mais. I à dire vrai, on ne peut guère faire état de pareils relevés. 11 est tel effet incontestablement dû à l'évocation d'une couleur, que les vers expriment sans un mot qui nomme directement cette couleur. C'est le cas, par exemple, du passage où nou^ voyons le lièvre se cacher parmi les objets dont la nuance est semblable à celle de sa fourrure : « la lande pierreuse. Je « chaume du champ crevassé, les chardons de la pelouse, le^ <K buissons touffus des genêts, la fougère flétrie, les sillons « exposés à l'ardeur brûlante du soleil, ou la rive sableuse au « bas de laquelle coule un torrent » i. C'est le cas encore de telle description toute en tons neutres et effacés qui peut cependant figurer parmi les plus heureuses, et, en un certain sens, les plus colorées du poème : « S'élevant lente et blême, sur le ciel « plombé de l'orient, la lune porte un cercle blafard autour de « ses pointes émoussées •. i»

On peut croire que Thomson n'attachait pas à cette notation précise des nuances des objets l'importance que les descriptions littéraires modernes y ont attribuée. Nous le voyons, par exemple, dans un des remaniements de son texte, remplacer par dix vers, où ne se trouve pas une seule indication de couleur, cinq vers des éditions antérieures qui en contenaient trois '. Il sacrifie sans regret la mention de la mer verte ou du ciel bleu. 11 est rare qu'il accolle à un nom une simple et banale épithète de nature rappelant la coloration de l'objet. S'il parle du bleu du ciel c'est pour en remarquer la qualité particulière à telle saison ou telle heure du jour, ou pour rappeler le fond sur lequel se détache un autre objet qu'il décrit. Quant à mettre directement sous nos yeux une teinte subtile et complexe, ou à reproduire pour l'esprit cet orchestre de valeurs et de tons qui chante dans un paysage, il ne croit pas

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