La Mort du Loup, Poésies diverses
7. M. Angellier, si exactement informé d'ordinaire, a commis cette injustice. (Essai sur Bunis, vol. II, p. 350, 351.) — 1^ mérite de Bums ne souffrira pas d'ailleurs de cette réparation faite à un écrivain quM aimait. Chez le poète paysan le sentiment ne tourne jamais à la sensi-
Mais notre poète ne s'arrête pas là, et sa protection, bien plus bas dans Féchelle, descend jusqu'aux créatures les plus humbles, les plus méprisées. S'il parle de la pêche, il condamne l'emploi de l'appât vivant. «Que sur ton hameçon le ver «L torturé n'agite pas ses anneaux dans une douleur convulsé sive*. » Ici encore le souvenir de Shakespeare s'impose à nous. Il avait déjà — et peut-être avant Thomson était-il le seul parmi les poètes de l'Occident -— pensé et dit que l'homme n'a pas le droit d'infliger la souffrance à la moindre créature.
Le pauvre insecte que nous écrasons sous le pied,
Éprouve dans la souffrance de son corps une agonie aussi cruelle
Que celle du géant qui meurt *.
11 est vrai que, par une inconséquence assez commune, Thomson n'étend guère au poisson la pitié que lui inspire le ver. Il a bien un mot de compassion pour « le misérable faible, « inerte et sans plainte, de la poitrine duquel il faut arracher « l'hameçon »; mais sa nature d'Écossais et de pêcheur l'emporte; il prône et recommande lapêche — à condition de n'employer que des mouches artificielles ^
blerie. Il s'y mêle presque toujours un grain d'ironie ou de malice qui le sauve de la puérilité, et lui permet d'étendre, en demeurant touchant etsiocëre, sa pitié jusqu'au « pauvre vieux Nicholas », — Burns a trouvé l'eiacte mesure dans cette expression de la sympathie de Thomme pour les créatures inférieures. C'est rémolion sobre d'une tristesse à demi souriante, qui reste à égale distance des attendrissements larmoyants de Thomson, et de la rhétorique déclamatoire de Victor Hugo dans des pièces comme VAne, le Cochon, etc.