‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 192 sur 304 · Let Love with FoUy and Pride · texte numérisé non relu

Let Love with FoUy and Pride

More fit associâtes flnd! »

{Ode lo Wisdom,)

• Why on that brow dwell sorrow and dismay Wlierc Loves were wont to sport, aud Smiles to play? -

{A Toivn E dogue,)

Quand par hasard la Muse un peu prosaïque du Doyen enfante une véritable personniOcationf c'est avec une intention burlesque :

« Discrétion ! tu n'as jamais été l'amie de l'amour. ... Discrétion maudite, la faute était toute & toi.... Vénus, dis à ton père de préparer ses carreaux, et de faire Rentrer la Discrétion dans les ténèbres infernales. » {To Love. Vers trouvés dans le pupitre de miss Vnnhomrigh après sa mort.)

2. Un des rares exemples à citer s'appliquerait à une allégorie des quatre saisons.

Suicide, poursuivie durant cinquante vers \ fait penser à quelques-unes des évocations de Collins, un des maf très du geuï\^. Enfin pour citer encore un nom, le poème si curieux de Dver. qui, publié la même année que Te Hiver i», en reproduit à une échelle très réduite les <Miractères principaux, Gronjgar HUl commence et se termine par des personnifications.

Nous voyons donc que cette figure n*a pas encore pris, chez les contemporains de Thomson, la prépondérance abusive qu'on lui connaîtra plus tard. L'auteur des c Saisons i en cette matière imite plutôt les petits écrivains que les grands. Il recherche trop volontiers dans cette création d'êtres vides de réalité une ressource facile du style poétique. Ses personnifications valent celles de tous les héros de la Du7iciad quand il nous montre <ï la chaumière couverte de mousse où, avec Je a berger, habite la Paix * », ou quand il énumère les passions qui, depuis la fin de Tâge d'or, ont envahi le cœur de Thorame : t la colère frénétique — ou bien, pâle et silencieuse, la basse « envie que dessèche la vue du bonheur d'autrui, la peur « effarée ' », etc. Les images de ce genre sont innombrables dans le poème. Les meilleures sont celles qui sont employées avec une intention ironique : a Alors la Faim rassasiée ordonne à sa « sœur la Soif — de faire paraître le bol énorme ^ ».

Comme tous ses contemporains d'ailleurs, Thomson emploie complaisamment l'apostrophe, et c'est l'occasion de nombreuses transformations d'êtres de raison en pseudo-personnages. <K 0 chaleur qui accables tous les êtres, suspends ta « rage *. » — a Salut, ombrages, fourrés, sapins, chênes* », etc. — fl[ Soufflez, brises fécondantes,... ô vous, rosées... et vous, « ondées... et toi, soleil, qui rends la vie au monde '. » — « Et « toi surtout, ô vert joyeux, toi qui partout es la parure de la « Nature souriante *. » — « Où es-tu. Gelée? • » — « Et toi, (( délicieux ananas, toi, l'orgueil du monde végétal... vite je c veux te dépouiller de ta tunique aux écailles toufi'ues, pour « dégager ton trésor d'ambroisie, et m'asseoir à la table de a Jupiterl *° »

1. Tke Wanderer, canto II, 194-250. On peut voir encore dans le premier chaot du même poème «ne longue allégorie de l'Industrie (17C-2i*6).

2. Summer, 64. — 3. Spring, 280-306. — 4. Aulumn, 512, 513. — 0. Summer, 451. — 6. Summer, 469. — 7. Spnng, 49-52. — 8. /6/Vf., 82, 83 — 9. Winier, 714. — 10. Summer, 085-689.

Les personnifications, on le voit, sont abondantes; elles portent sur les objets les plus divers; elles sont souvent d'une entière banalité K Mais parfois il arrive à Thomson de descendre au niveau des plus pauvres versificateurs. C'est par exemple quand, au paie olympe de ces divinités de baudruche auxquelles tant de poètes ont adressé leurs hommages, il s'avise d'ajouter l'Inspiration elle-même. « Viens, ô Inspiration, de cet hermi- « tage où les mortels te découvrent rarement; et que mon ima- « gination ose, à tes yeux sérieux, fixes et ravis qui parcourent c la voûte du ciel, dérober un regard, un de ces regards qui « créent un poète -. » — Imaginer, pour lui demander l'Inspira-» tion, une déesse de l'Inspiration, c'est bien du triple galimatias. Disons, pour atténuer la responsabilité de Thomson, qu'il eut un complice. C'est de Mallet qu'était venue d'abord cette ingénieuse idée ^ D'autre part on voudra mettre à l'actif de notre poète une petite révolution dans les usages typographiques d'alors. Il use beaucoup moins que ses contemporains de majuscules et d'italiques *. Ses allégoriques figures y gagnent de passer un peu plus inaperçues. Sachons-lui gré d'avoir paru quelque peu honteux de ces produits de son feu poétique.

Il est au moins un sujet de représentation symbolique que l'on serait surpris de ne pas rencontrer dans le poème; ce sont les saisons elles-mêmes. Il y a là matière à des allégories tout indiquées; la peinture et la sculpture les ont prodiguées. Chacune des parties de l'œuvre, en effet, commence par une description du mythologique personnage à qui le chant doit être consacré. On a vu dans ces allégories une concession au goût du temps, et l'on n'a pas eu tort. Mais nous pensons qu'il ne faut pas accepter sans réserve le jugement porté par M. Guillaume Guizot : € Son « Printemps » est un personnage

1. Isaac Browne n'a pas manqué, dans sa spirituelle parodie, de relever cet abus de rinvocation et de la personnification.

« 0 Uiou....

Tobacco, fountain pure of limpid trulh,

Toach Ihe myslerious lips Ihat chant thy praise. -

(The Pipe of Tobacco.)

3. • 1 thank you heartily for your hint about personiztog of Inspiralion; it strikes me. • (Thomson à Mallet, Il août 4726.)

i. Nichols en a justement fait la remarque. (Préface à l'édition de Tegg.)

« mythologique tel qu'on en peint alors sur les trumeaux. Ce € n'est que le reflet d'une œuvre d'art b *. Ce serait apprécier inexactement le caractère des quatre allégories de Thomson que d'y voir une imitation des œuvres des peintres, NoIods d'abord que ces descriptions sont bien brèves : quatre vei^ pour le Printemps, trois pour l'Été, deux et demi pour l'Automne, deux pour l'Hiver. Il faudrait plus de mots p)ur résumer la représentation fournie par un peintre. Elles sont très brèves et sont très vagues. Nous comprendrions mieux que l'on comparât à des tableaux les allégories que Gray et Gollins ont mises en œuvre, poursuivant la description jusque daos les derniers détails, et plaçant devant nos yeux une image complète, arrêtée dans ses lignes. Opposons aux deux lignes où l'auteur des a Saisons » figure l'Hiver les portraits détaillés que donne Cowper * ou même Shelley, et nous nous assurerons que Thomson ne s'est pas proposé de lutter avec le pinceau des décorateurs de trumeaux. Il a compris qu'il y aurait discordance entre la nature telle qu'il la voyait et laimait, et ces factices personnifications. Il a senti que ses fraîches et sincères peintures des choses de la campagne ne devaient point partager l'attention avec les imaginaires personnages qui ont traîné à travers tant de poèmes et sur tant de toiles leur? grâces banales et leurs emblèmes défraîchis.

C'est donc une impression plutôt qu'un portrait que ses descriptions visent à donner, n Viens, Printemps charc mant, viens. Saison des cieux cléments; — et du sein de a ce nuage qui s'abaisse, — tandis que partout s'éveillent les (L chants, caché dans une pluie — de roses, descends sur nos a plaines ^ » Aucun artiste ne se chargerait de donner une forme visible à cette nuageuse divinité. Mais les vers du poète sont une évocation du printemps, de ses tiédeurs, de ses mélodies joyeuses, de ses senteurs et de sa parure de fleurs. Peu nous importe que la figure elle-même soii si vaguement dessinée qu'un critique ait pu se demander quel en est le sexe ^

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