‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 201 sur 304 · And bade him be Ihe lord of ail below · texte numérisé non relu

And bade him be Ihe lord of ail below

(Aufumn, 63-95.)

Nous insistons sur ces considérations parce qu'il y a là uiit face du talent de Thonnson qui n'a pas toujours été appréciî^ à sa réelle valeur. L'auteur des <k Saisons i» est un artisan Jtvers d'une extrême habileté. Il peut à cet égard soutenir li comparaison avec les plus grands parmi les poètes angJai? dont les sujets et la forme présentent quelque analogie ave-: son œuvre, avec Milton et avec Wordsworth. Ses périodes nt vont pas se perdre dans cette obscurité où s'égare parfois h phrase luxuriante de Milton. Elles ne sont pas, comme il arrive à celles du maître, surchargées d'incidentes; on ne le? voit pas faire effort pour dérouler avec peine leurs replis multiples. Et d'autre part les vers de Thomson conservent toujoiindans l'ensemble une harmonie du nombre et une résonancv musicale que n'offrent plus ceux de Wordsworth dans bien des passages prosaïques. Cette aptitude à revêtir d'une forme riche et poétique toute pensée et la description du moindre objet est celle à laquelle Johnson faisait sans doute allusion, quand il déclarait que Thomson voyait en toute chose de la poésie '.

Il n'y a pas lieu du reste à tirer de cette comparaison de? conclusions exagérées. Thomson n'est assurément pas un plus grand poète que Milton ou que Wordsworth. Peut-être même est-il juste de dire que, si sa facture est parfois supérieure à celle de ces deux maîtres, c'est parce que chez lui l'inspiration artistique est moins puissante et moins spontanée. On sent, à la lecture du a Paradis Perdu ï>, qu'il y a conformité, simultanéité parfaites dans l'élaboration de la pensée et du langiige qui Texprime. On sent, à lire « l'Excursion » ou c le Prélude », que la pensée de l'auteur est toute fixée sur les idées à traduire ou sur les scènes à retracer. Son austère probité d'écrivain exprime de la fagon la plus directe et la plus simple l'image ou ridée qui le hante. — L'impression produite par les ol Saisons p n'est pas toujours analogue à celle-là. Le procédé de composition poétique en paraît souvent moins sincère. Au lieu que le fond et la forme soient indissolublement liés comme chez Milton; au lieu que la langue et le vers paraissent absolument subordonnés au fond comme chez Wordsworth, il semble que chez Thomson la forme égale en importance la pensée dans les préoccupations et dans le travail de l'artiste. On est tenté de

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