Vers
490 JAMES TnOMSON.
sais; il avait développé ce goût au commerce de Spenser; mais il y avait soustrait toute sa production littéraire jusqu'au moment où il lui donna un si magnifique développement dans le « Château d'Indolence ».
Ainsi quand la Lune lance son rayon d'argent
Et verso sur la terre silencieuse un jour pâle,
Des cavernes slygiennes les fées s'enfuient rapides
Et sur la rive de quelque courant limpide
Qui sous le clair de lune réfléchit une lueur,
En rondes nocturnes elles se rangent pour leurs danses ^
Des renseignements précieux nous sont fournis par ces mêmes pièces, si nous en comparons la langue et la versification à celles de l'œuvre de la maturité du poète. Rien ne peut aussi bien nous convaincre de la part qui revient à l'industrie, à l'efTort prolongé, au métier appris, dans la poésie de Thomson. Deux de ces pièces : « Hymne à la Puissance divine », « Lamentation sur les misères de la vie », nous montrent k jeune écrivain à la recherche des rythmes variés. Et de fait, à en juger par ces exemples, il maniait avec une assez élégante sûreté les tétramètres ou trimètres en strophes régulières composées de vers brefs et rapides enfermant de courtes phrases souvent antithétiques '. Mais le vers habituellement employé est le pentamètre ïambique, celui dont le poète fera plus lard son instrument constant, en lui donnant une forme personnelle
1. « Just so when Luna darts her ail ver ray, Aad pours on silent earth a paler day : From Slygian caves the flitting fairiea scud, And on the margent of some hmpid flood, Which by reflecled moonlight darts a glance,
In midnight circles range themselves and dance. »
{Upon HappinesSj 88-93.)