And, 0, beloved
or Heaven! whose well purged penetratiag eye The myslic veil transpiercing, inly seanned The rising, moving, wide-established frame. -
PIÊCKS DIVEUS&S. 499
la théorie des ondes sonores; il s'arrête avec complaisance au prisme magique qui décompose les rayons lumineux, et, avec un enthousiasme et une joie d'artiste, caractérise chacune des couleurs *. — Newton a aussi rendu des services à la chronologie, et le poète nous rappelle que Til lustre astronome a « remonté cet irrésistible cours du temps qui emporte toutes «( choses à l'océan sans bornes de l'éternité,... et qu'il y a, de « distance en distance, élevé ses lumières pour guider l'histo- « rien, égaré dans les ténèbres de ce voyage * ».
Enfin le panégyriste rappelle les vertus du savant : sa piété, sa sérénité, sa modestie, sa bonté. Il voit dans l'existence d'une telle âme la meilleure réfutation que l'on puisse opposer au matérialisme. Il termine en espérant que Tesprit du grand homme continuera â instruire et à corriger sa patrie, à inspirer ses jeunes hommes « tandis que sa poussière sacrée dort « avec ses rois et double la noblesse du lieu où ils reposent ' ».
Jamais la langue de Thomson n'est meilleure que dans ce court poème. Rien qui ressemble moins au catalogue abstrait des travaux d'un homme de science. Moins abondantes sans doute que dans les < Saisons », les heureuses créations de termes, les groupements expressifs de mots, les trouvailles fortunées du style s'y rencontrent assez souvent. Sans recherche artificielle et sans effort pénible, les notations d'effets pittoresques de lumière et de couleur semblent tout naturellement amenées par le sujet : « the pale shadowy light of the moon » * — « a yellow waste of idle sands " » — « he took his ardent llight — Through, the blue infinité • » — « the clear concave ofawinter 's night' » — « To the forehead of our evening sky — Returned the blazing wonder* ». Mais le mérite dominant de tout le morceau c'est la simplicité élégante et ferme du langage. A peine est-elle interrompue par un ou deux passages de ton lyrique et un peu déclamatoire. Partout ailleurs l'enthousiasme du poète s'exprime en une langue sobre, sans rien de cette boursouflure que l'on reproche
1. Très dirrérente est l'attitude d'autres poètes en face des analyses de la science. Mr. Shairp cite ce fragment d'une lettre de Haydon à Wordsworth (1842) : • Don't you remembcr Kcats proposiog « Confusion to the memory of Newton », because he destroy'ed the poelry of the rainbow by reductng it to a prism. »
2. 125-131. — 3. 208, 209. — 4. 48. — 5. îiô. — 6. 57, 58. — 1. 59. — 8. "i9. 80.
500 JAMBS THOMSON.
parfois au langage des a Saisons b. Il y a là tout à la fois, par une heureuse et rare combinaison, la netteté d'expositiun d'une langue scientifique, la chaleur et Téclat d*une haute poésie.
Le poème à la mémoire de Newton mérite donc d'être rangé au nombre des œuvres où la poésie s*est mise avec le plus de bonheur au service de la science. Voltaire ne pouvait choisir un meilleur modèle pour une entreprise analogue, et sa lettre à Mme du Châtelet est tantôt une imitation, tantôt une traduction du poème de Thomson.
A Poem to the memory of the Right Honorable The liord Talbot, Late Chancellor of Oreat Britain.
Le poème que la mort du Lord Chancelier Talbot inspirait en 1737 à Thomson devrait avoir une haute valeur si la sincérité d'une reconnaissance émue et d'une profonde douleur pouvait garantir la beauté de la forme. — Ici encore le poète conserve le vers blanc dont il avait fait dans son grand poème un si magistral emploi. Plusieurs passages de cette longue pièce de quatre cents vers rappellent bien le style de l'auteur des a Saisons » avec son ampleur oratoire et Tintensitc de sentiment qui meut et soutient sa période. Mais aussi d'autres page< sentent TefTort d'une tâche poursuivie avec plus de résolution que d'inspiration. — Le poète se propose de passer en revue Ie> divers aspects du caractère de son noble patron, autant qu'il est possible, comme il le dit, c de distinguer dans le diamant « chacun de ces rayons qui, bien qu'ils jettent mille feux trein- « blants, répandent cependant une lumière étincelante dans a son unité ^ ».