‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 238 sur 304 · Ibid,y IV, 157-161. Comparez les vers de Byrou · texte numérisé non relu

Ibid,y IV, 157-161. Comparez les vers de Byrou

« 1 see before me the Glodiator lie : He leans upon his hand — bis manly brow Consents to death, but conquers agony, And his droop'd head sinks gradualJy low.

Shall he expire

And uoavenged? »

{Childe-Haroldf IV, cxl, cxu.)

3. Liberty^ IV, 175-183. La description que fait Byron de la Veuuâ de Médicis conserve les termes les plus caractéristiques de celle de Thomson :

« The graceful bend, and the voluptuous swell. »

(Childe-Harold, IV, un.)

On notera que cependant l'image évoquée par Byron est plus réservée, plus chaste, plus fidèle à Tesprit de l'œuvre antique. L'auteur de Childe- Harold a observé ce quelque chose de matériel et d'un peu vulgaire que nous avons autre part signalé comme se mêlant chez Thomson aux descriptions de la beauté féminine. « They prove tlie peculiar tum of thoughU and, if the term may be allowed, the sexual imagination of the descrip* tive poet. • (Cité par Rob. Bell, dans son édition des œuvres poétiques de Thomson, vol. I, p. 156.)

Seeiu so to tremble through the tortured stone, That the touched heart engrosses ail Ihe view *.

go see

Laocoon's torture-dignifying pain A falher's love and mortaFs agony *.

Voici TApollon du Belvédère :

AU conquest-flushed, from prostrate Python, came The quivered God. In graceful act he stands, Mis arm extended with the slackened bow '.

Ici encore on peut croire que l'identité du modèle n'explique pas seule la ressemblance du tableau de Byron :

Or view the Lord of the unerring bow, The God of life, and poesy, and light Ail radiant from his triumph in the flght; The shaft has just been shot ♦.

Et enfin, pour limiter ces comparaisons, nous signalerons ces vers où Thomson décrit Venise avec un enthousiasme moins lyrique à peine que celui de Byron :

Nor bc the thon triomphant state forgot;

Where, pushed from plundered earth, a remnant still

Inspired by me, through the dark âges kept

Of my old Roman flame some sparks alive :

Theseeming God-built city! which my hand

Deep in the bosom fixed of wondering seas.

Astonished mortals sailed, wilh pleasing awe,

Around the sea-girt walls, by Neptune fenced,

And down the briny street; where on each hand,

Amazing seen amid unstable waves,

The splendid palace shines; and rising tides,

The green steps marking, murmur at the door '.

To this fair Queen of Adria's stormy gulf,

The mart of nations ! long, obedient seas

RoUed ail the treasure of the radiant East ".

1. Liberty, IV, 189-192. — 2. Childe-Harold, IV, clx. — 3. Libei^y, IV, 163-165. — 4. Childe-Harold, IV, clxi.

5. On remarquera dans les deux détails enregistrés par ce vers une notation précise qui marque d'un trait juste et pittoresque une description un peu vague par ailleurs. A ce seul coup de pinceau se révèle Tartiste et Tobservateur sincère. 11 est regrettable que ces traits ne soient pas conservés dans les amplifications brillantes de Byron.

6. Liberty, IV, 293-307. Comparer Childe-Harold, chant IV, str. r, ii, xin, xiv, xviH.

Nous avons rencontré déjà le nom d*Érasmus Darwin, et nous avons dit qu'il avait évidemment connu Thomson. On Ta généralement considéré comme un disciple de Pope, le plus brillant et le plus fatigant des poètes qui aient fait scintiller Tantithèse dans le distique rimé. Il faudrait dire, pour être exact, qu'il a voulu ajouter au distique de Pope le nombre et le mouvement soutenu de Thomson. Son style en effet présente un mélange curieux de la manière des deux écrivains. La période est le plus souvent prolongée à la façon de la phrase des « Saisons i^ ou de <k La Liberté i», et les distiques dont elle est composée se terminent très souvent par un vers à effet, précédé de la conjonction and, dans la plus pure manière de Thomson.

Nous prenons dans Chamber's Cyclopœdia les extraits donnés du Docteur Darwin, et voici quelques-uns des vers qui terminent les phrases :

And woo and win Ihcir vogelable loves.

And jealous cowslips hang their tawny cups. And death, and night. and chaos minglc ail! And soars and shines, another and Ihe same. And trusts ihe scaly monslers of the Nile. And broke, cursed slavery! the iron bands. And sable nations tremble al the sound!

L'Invocation à la déesse de la Botanique se développe en quatre paragraphes que cite le même recueil; voici comment ils se terminent respectivement :

And hoveri'ng Cnpids aim their shafts unsecn. And Echo sounds hcr soft symphonious sheli. And soflei* slumbers steal lier cares to rest. And ariTis lier zéphyrs wilh Ihe shafts of love.

Cette imitation de la période et de l'un des maniérismes caractéristiques de Thomson n*est pas la seule ni la plus importante preuve de l'influence de notre poète.

Un des poèmes singuliers qui composent T)ie Botanie Garden, The Economy of Végétation est conçu sur un plan qui, en dépit de la différence des sujets, ressemble singulièrement à celui de <( La Liberté ». Le début nous montre la

Déesse de la Botanique descendant sur la terre, et les quatre parties du poème sont remplies d'un long discoucs prononcé par elle comme « La Liberté » est formée du solennel soliloque de la déesse Liberté.

On peut se demander si Thomson eût été très fier de reconnaître un de ses imitateurs dans le poète prétentieux qui mettait tout Linnée en vers allégoriques, souvent bizarres et parfois saugrenus. Ce n'est pas de cette façon qu'il lui était arrivé à lui-même d'exposer dans ses poèmes les enseignements de la science. Mais il y a plus d'honneur pour ces poèmes dans l'imitation qu'en ont faite parfois quelques-uns des plus grands écrivains de notre siècle. On a retrouvé dans Shelley et dans Keats l'écho de quelques-unes des strophes du « Château d'Indolence ». On pourrait également trouver serti dans les fragments d'« Hyperion » un passage de « La Liberté ». — Quand dans l'Assemblée des Titans vaincus, Océan us se lève *, le poète entend dans sa voix a le murmure des flots que sa « langue, dans ses premiers efforts, imitait des sables couverts « au loin d'écume ». L'idée est belle, simple à la fois et grandiose. Elle se trouvait déjà dans le poème de Thomson. C'est du Génie des Mers que parle la déesse quand elle dit : « Sa voix s'adresse à moi, semblable à la rauque rafale qui « hurle autour des cavernes mêlée aux murmures des flots f de la mer * ».

Lyttleton avait voulu publier de l'œuvre de son ami une édition notablement réduite. Johnson s'indigne de cette mutilation, tout en déclarant qu'il n'a pu continuer la lecture du poème complet. Lyttleton n'était pas mal inspiré. On ne peut espérer, on peut à peine souhaiter pour « La Liberté » que les lecteurs affrontent aujourd'hui plus qu'autrefois ses narrations interminables et ses lieux communs sonores. Mais on peut s'étonner que dans les éditions modernes, à côté des « Saisons » et du « Château », on ne fasse pas au moins figurer quelques extraits de ce grand poème dont toutes les parties ne méritent pas le dédain et l'oubli qui les ont indistinctement ensevelies.

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