‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 35 sur 304 · LB TOUR D'EUROPE · texte numérisé non relu

LB TOUR D'EUROPE

C'est à la fin d'octobre ou au commencement de novembre que Talbot et son précepteur quittèrent Paris pour le midi de la France et Tltalie. Nous pouvons noter leur passage à Lyon, où ils rencontrèrent Spence, un des premiers critiques favorables des < Saisons » ^ Puis ils descendent le Rhône, s'arrêtent à Avignon, et vont voir la fontaine de Vaucluse. Le poète conserva de ce spectable une impression profonde; il en entretenait lady Hertford, à son retour en Angleterre, et lui en avait promis une description en vers '.

A la fin de novembre, ils sont à Rome. Le voyage s'est effectué rapidement, vu la saison. Peut-être la fatigue explique-t-elle une mauvaise humeur très apparente dans la dernière lettre que Thomson adresse à Dodington. <r Mon enthou- « siasme au sujet des voyages se calme très rapidement. On « peut imaginer de belles choses en lisant les auteurs anciens, t mais voyager c'est dissiper cette vision '. » Il n'hésite pas à écrire qu'il ne comprend point la fureur qui pousse les gens à faire tant de chemin pour contempler des statues qu'on pourrait se procurer chez soi à peu de frais. Il ne sent, dit-il, aucun goût pour ce plaisir des archéologues qui consiste à flairer de vieilles pierres moisies. Il ne se préoccupe, dans ce qu'il voit, que des matériaux à faire entrer dans son futur poème *. Quant à la promesse de reprendre son labeur poétique, il n'a pas commencé à la réaliser depuis qu'il est à Rome, a Si vous me t demandiez des nouvelles de ma Muse, tout ce que je pourrais

qn'uD homme simplement vertueux, sans intrigue, sans passions puisse plaire sur la scène. C'est une injure à faire au genre tiumain : elle ne peut être plus fortement repoussée que parla pièce de feu M. Thomson.... » (A Amsterdam, 1755.)

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