LE TOUR D'EUROPE
rons, brusquement interrompu. Thomson, nous le savons, se proposait, en quittant Paris, d'écrire à Rome au moins une partie d'une tragédie. Dans sa lettre à Dodington, du 28 noyembre, il ne parle aucunement de retour; et cependant, son élève et lui étaient revenus à Londres avant la fin de décembre. La femille et les amis de Taibot se trouvaient réunis à Ashdown Park, sans doute pour les fêtes de la fin de l'année, etRundle écrivit : «.... Toutes les neuf Muses sont arrivés ici avec «Mr. Thomson, l'esprit et la vivacité avec Billy (William, « Earl Taibot), et la sagesse, mais après avoir laissé derrière « elle ses façons solennelles, avec le Soliciter * i».
Murdoch nous dit que Thomson fut, dès ce retour à Londres, pourvu par son patron d'une lucrative sinécure. Les choses n'allèrent pas si vite. Taibot n'était pas encore Chancelier, et n'avait pas la disposition des emplois qui pouvaient le mieux convenir à son poète, c'est-à-dire de ceux qui n'entraînaient aucune fonction active. Le d tutor » continua donc, selon toutes probabilités, à vivre auprès de son élève, dans l'agréable hospitalité de Taibot. Il eut ainsi tout loisir d'écrire ce poème dont il avait conçu la pensée pendant son voyage, et qu'il avait mis sur le métier aussitôt après, s'il en faut croire ces vers du début :
« J'étais couché pensif, tout ardent encore du souvenir de ( ces promenades sacrées — où, à chaque pas, l'imagination I s'enflamme *. »
Le progrès du travail fut cependant très lent. L'année 1732 et la plus grande partie de 1733 s'étaient écoulées sans que la