‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 57 sur 304 · Our bard, to modem épilogue a foe · texte numérisé non relu

Our bard, to modem épilogue a foe

Thinks such mean mirlh but deadens generous woe. •

.\in9i commence le deuxième épilogue. On reconnaît ici les idées familières à Thomsoi et à Hill, idées auxquelles rinfluence de Voltaire n'estsans doute pas étrangère. La nouvelle école tragique, se fondant sur Texemple de la scèoe Trançaise, avait, depuis Addison jusqu'à Thomson et Young, chassé le comique du drame tragique. C'était par une conséquence toute naturelle des mêmes idées, que Fauteur d'Agamemnon voulait le faire disparaître aussi de ces appendices que Kiisa^'c ajoutait aux tragédies. ' On sait, dit Lessing, combien Tbomsou s'esit révolté contro cet usage

Dès avant la représentation d'Agamemnon, Thomson avait sur le métier une nouvelle tragédie. Le sujet lui en avait été proposé par Mrs. Sandys, Tamie de Rundle. Il en avait arrêté toute la division en actes et en scènes, mais en avait remis à plus tard ' l'achèvement. C'était ce même drame d' « Edouard et Éléonore » dont Pope parle dans une lettre à Hill, du 8 décembre 1738 *. Deux actes seulement en étaient écrits à ce moment. Une autre lettre de Pope, à la date du 12 février 1739, nous apprend que la pièce est complétée; mais que le poète, mécontent des procédés du directeur de Drury-Lane, s'est décidé à porter sa tragédie à Covent-Garden. Les rôles de femmes y trouveraient de meilleures interprètes, et c'est d'elles que dépendra le succès de la pièce '.

En attendant la représentation et la publication d' c Edouard », les annonces des éditeurs mentionnent, pendant cette année 1738, quelques autres publications portant le nom de Thomson. Le 6 juin, Woodfallachevait d'imprimer pour Millar une édi-

de secouer les grelots de la folie derrière les pas de HelpomèDe. > (Oramaturgie de Hambourg, traduct. de Suckad, p. 38.)

Sur les opinions exprimées par Lessing sur Voltaire et sur Thomsoo, voir à la Un de cet ouvrage, Appendice I.

4. > My friend Thomson, Ihe poet, is bringing anolher antoward heroine on the stage» aod has deferred writing on the subject you chose for him, though he bad the whole scheme drawn into acts and scènes.... His présent story is Agamemnon.... Perhaps Ihe delicacy of the subject, and the judgment required in saying bold truths, whose boldness should not make them degenerate into ofTensiveness, deterred him.... > (Rundle à Mrs. Sandys, lettre XXVII, p. 489.)

2. « I hâve been conflrmed by Mr. Thomson as to the retardment of his play, of which he has written but Iwo acts.... > — Hill écrivait à Mallet le 9 décembre : « .... Having heard Ihat neither yours nor Mr. Thorason's were expecled to be ready till toward the end of the season, I proposée tbat Cœsar should be brought on in January. » (Hill*s Work$, vol. II, p. 56.)

3. • Mr. Thomson, after many shameful tricks from the manager, is determined to act his play at Ihe other théâtre where the advantage lies as to the women, and the success of his will dépend upon them.... > (Pope à mu.)

'* Et de même Hill, dans sa réponse :• « If Mr. Thomson's new Tragedy is to dépend on his women performers, he has certainly Judged well in bis choice of the Covent-Garden théâtre. • (Hill's Works, vol. Il, p. 67.) Sir Harris Nicholas rapporte la mention des lettres de Pope & la tragédie

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tion des Œuvres ' qui ajoute au contenu de l'édition de 1736 la tragédie d' « Agamemnon ». C'est du reste la seule différence. Le nombre de vers des « Saisons » reste le même que dans les éditions de 1730 \

Millar publiait encore cette année une édition de V « Areopagîtica > de Milton, avec une préface de six pages, d'un autre auteur ». Cet autre auteur était Thomson *. Il dut éprouver une vive satisfaction à s'associer ainsi à l'hommage rendu au grand Milton, le maître à l'école duquel s'est formé son génie, et l'éloquent avocat de ces doctrines libérales auxquelles l'auteur de Liherty était profondément dévoué.

On a relevé dans les correspondances de quelques hommes de lettres de cette époque deux mentions de Thomson qui nous apportent quelques renseignements sur ses amitiés, sur ses occupations, sur son genre de vie. Cave, le directeur du Gentle^ mav's Magazine, envoyait le 12 août 1738 ce court billet au Dr. Birch * : « Le jour fixé reste mardi. Je crois que nous visi-

à'Agamemnon (Biographie de TAldine édition). C'est une inadvertance assez singulière, puisque les dates qu'it cite lui-môme les placent plusieurs mois après la représentation de cette tragédie.

1. Le format est in-8 comme celui de la 2* édit. (1730), et celui du 2* vol., qui forme Tédilion de 1736. De Tédition de 1738, Woodfall imprima 1 (N)0 exemplaires du- premier volume, et 1 500 du deuxième.

2. Dans ces deux éditions la seule différence porte sur une addition de 6 vers que, dans 1' « Hiver >, Tédillon in-8 ajoute au texte de rin-4. C'est le chiffre de rin-8, 787, que donne pour cette « saison » Fédition de 1738.

3. • Areopagitica, a Speech of Mr. John Milton, for the liberty of unli. cens'd Printing, to the Parliament of England. First published in the year 1644. With a Préface by another Hand. »

Tous les biographes qui mentionnentl cette publication : sir Barris* Nicholas, Rob. Bell, Mr. Logie Roberlson la rapportent à Tannée 1740. Cest une erreur, comme le prouve le titre de la brochure. Voir noire bibliographie.

4. Nous ne voyons pas que Thomson Tait reconnu de son vivant, mais cette attribution, outre les preuves intrinsèques, est établie par le titre suivant d'une publication postérieure :

« Substance of the speech of the Rev. Mr. Walker, at the gênerai Meeting of the County of Nottingham held at MansQeld on Monday the 28«'> of Pebruary 1780, to which is added Mr. Thomson*s Préface to a speech of Mr. John Milton, for thie liberty of uniicensed printing, etc. »

« Printed and distribnted gratis by the Society for ConstituLional information. MDCCLXXX. »

5. Cave était le Ois d*un savetier. Il devint libraire, et célèbre pour deux raisons. Il a créé le Gentleman*s Magazine^ et il fut à la fois l'éditeur de Johnson et son ami, comme Millar l'était de Thomson.

Thomas Birch, d'une famille de quakers, devint ministre anglican. Il assistait Gave dans la publication du GentlemarCs Magazine; il a Laissé de

« terons Claremont, et que nous reviendrons dîner à Richmond. « Ferais-je bien de prévenir Mr. Thomson que nous serons à « telle auberge de Richmond vers midi, son heure habituelle de « lever? * » Notre poète, en effet, s'est de plus en plus abandonné à une indolence qu'il décorait volontiers du nom de rêverie philosophique ou poétique. Il est devenu physiquement et moralement très différent du jeune Écossais énergique et dur à la fatigue que nous avons connu. La note de Cave s'ajoute à l'anecdote de la perruque pour constater cet alourdissement. Rien de plus significatif à cet égard qu'une comparaison des deux portraits de l'édition de 1762. Le Thomson qua peint Aikman en 1725, jeune, bien découplé, de physionomie éveillée et d'agréable visage se retrouve à peine dans les traits épaissis de ce personnage à double menton que représente le portrait de Kent; les yeux seuls y rappellent le Thomson des jeunes années. La paix et le loisir de Richmond et les grasses matinées n'ont pas peu contribué à cette transformation.

Le mois suivant Richard Savage écrivait à ce même Dr. Birch : « . . .J'espère que vous ne vous désappointerez pas. Le Dr. Arms- « trong, Mr. Thomson et moi devons être de la partie *. » Il

nombreux ouvrages de liltérature et d'histoire, et fut, de 1152 & 1765, secrétaire de la Société Royale. C'est de lui que Johnson disait : « He bas more anecdotes than any man », mais dont le grand critique appréciait moins les écrits : • Tom Birch is as brisk as a bee in conversation, but DO sooner does he take a pen in his hand, than it becomes a torpédo to him and benumbs ail his facuUies -. (Boswbll's Johnsonj chap. iv, année 1143.)

L'opinion d'Horace Walpole était encore plus sévère : « A worthy good, natured soûl, fuit of industry and activity, and running about like a young dog in quest of anything new or old, and with no parts, taste or judgment ».

De nombreuses lettres échangées par lui avec divers personnages Ggurent dans Les Anecdotes Littéraires de Nichols, vol. 1, p. 585, 637, — IL 507, — ni, 258, — V, 40, 43, 53, 282, 290.

1. « We still agrée on Tuesday, and I thînk we shall see Claremont,... and Ihen corne to dine to Richmond. Had 1 best send Mr. Thomson word that we shall be at such an inn at Richmond by noon, his honr of rising? »

Cette information de Cave est confirmée par Robertson, voisin et ami de noire poète, dans sa conversation avec Mr. Park : « I hear he kept very late hours? • — • No, sir — very early. He was always up at sunrise, but Ihen be had never becn in bed. » — On comprend alors que Gave et ses autres visiteurs pussent le trouver au lit à midi.

2. « .... I beg you will not disappoint us. Dr. Armslrong and Mr. Thomson and myself will be of Ihe party.... » (Lettre de Savage au Dr. Birch, septembre 1138.) Elle est cilée par P. Cunningham, Percy Society, vol. IX. Poem to the Memory of Congreve', elle est par lui extraite des volumineux

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s'agissait d'aller à Chiswick visiter la maison et les jardins du comte de Burlington.

Tel qu'il était, en dépit de cette nonchalance qui s'aggrave chaque jour, notre poète continuait à plaire à nombre de gens. 11 conservait ses vieux amis; sans en excepter, nous le voyons, cet incorrigible bohème, Dick Savage. Il en faisait aussi de nouveaux et non seulement dans le monde des lettres, mais dans la haute société politique et dans l'aristocratie. George, le futur lord Lyttelton, dont nous avons rencontré le nom dans la correspondance de Thomson en 1735 \ va se montrer, pendant les dix dernières années de la vie du poète, son ami le plus affectueux et le plus dévoué. C'est à l'année 1738 que Phillimore^ le biographe de Lyttelton, fait remonter cette amitié. Toutes les « vies de Thomson », il' est vrai, reproduisent la date fournie par Johnson, 1737 *. Ce qui est au moins certain, c'est que l'intérêt du prince de Galles se manifesta sous la forme de substantielles faveurs, peu après que Lyttelton fut devenu secrétaire de Frédéric '. Bientôt même le nouveau secrétaire présenta au prince le poète patriote qui lui avait dédié Liberty^ et Frédéric accorda à l'écrivain une pension annuelle de cent livres *. Si modeste que fût la somme, elle venait fort à propos assurer à Thomson des ressources moins incertaines que les gains de sa plume. Johnson et les biographes qui l'ont suivi, rapportent à cette entrevue une repartie spirituelle qui aurait déterminé l'acte de générosité du prince. Interrogé sur sa situation de fortune, l'écrivain aurait répondu que ses affaires étaient « dans un état plus que jamais poétique Tt •. Le mot était joli, et n'est pas invraisemblable, bien que la conversation de James nous apparaisse d'ordinaire

manuscrits laissés par Birch et qui se trouvent à la bibliothèque du British Muséum (Birch MSS, 4318, art. 46.) '

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