‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 95 sur 304 · Right well I wote, most mighty Soveraine · texte numérisé non relu

Right well I wote, most mighty Soveraine

That ail this famous antique history Of some th' abundance of an ydle bralne Will judged be, and painted forgery,

Sith none that breatheth living aire does know

Where is that happy land of Faery,

Which I so much doe vaunt, yet no where show. »

{The Faerie Queene, Bk/ll, i.)

2. « Â chaque détour d'allée, à chaque changement du jour, une stance, un mot fait entrer un paysage ou une apparition. » (Taihb, Histoire de la Littérature anglaise^ t. 1, liv. 11, chap. i.)

SENTIMENT DE LA NATURE DANS lA POÉSIE ANGLAISE. 828

complaisance; il n'y déploie pas une moindre richesse dé coloris. Sans doute ce n'est pas le monde réel. Peut-être le poète a-t-il voulu se garder d'une dissonance possible, en évi* tant de placer, au milieu des scènes et des formes qui nous sont familières, la foule hétérogène et brillante de ses personnages : dieux païens et satyres, chevaliers et allégories du moyen âge, enchanteurs et nobles dames des poèmes italiens, géants et fées des légendes populaires. Nullç surprise donc si nous trouvons à la « nature » de Spenser le même caractère de fantaisie audacieuse. Il remplace volontiers les forces du monde matériel par les poétiques entités de l'antique mythologie. Il aime mieux reproduire ou imaginer un mythe que noter exactement les phénomènes visibles. Une pluie d'orage est déversée par Jupiter irrité sur le sein de sa maîtresse * . Aux cris d'effroi poussés par une vertueuse héroïne, les étoiles se fondent et tombent comme des larmes. Phébus, pour fuir an spectacle révoltant, recouvre d'un nuage épais son visage rougissant et se cache de pure honte *.

Et cependant, de même que tous les habitants du a Pays Féerique i^ ne restent pas à l'état de vagues chimères, parce qu'ils ont reçu le don de vie, qui les dispense de la vraisemblance, de même aussi ies paysages parmi lesquels la fantaisie du poète les promène conservent avec la nature quelques points de contact. De tous les phénomènes du monde sensible;

i. « Tlie day wilh cloudcs was suddeine overcast.

And angry Jove aa hideous storme or raine Did poure into his Lemans lap so fast, That everie wight to sbrowd it did constraîn. «)

{The Faerie Queene, Bk. I, canto I, str. vi.)

Peut-être, il est vrai, avons-nous aiïaire ici à Virgile plus encore qu'à Spenser. Le poète anglais s*est évidemment souvenu des « Géorgiques » :

« Tum paler omnipotens fecundis imbribus aether Conjugis in gremium lœtœ descendit, et omnes Magnus alil, magno commixtus corpore, fœtus. »

(Géorgiques^ liv. II, v. 325.)

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