‹ Jane Grey tragedie en cinq actes et en versChapitre 27 sur 38 · L.4 REINE · texte numérisé non relu

L.4 REINE

Vous l’aviez à propos mise dans la famille;

Vous avez préparé la dot du liancé...

Qu’en dites-vous, mc5sicurs ? l'hymen sera cassé.

TALURR.

Nous suivons d’Edouard la volonté dernière; l,a reine est lady Jane.

NORTflLMBERLAND.

Et vous, sa prisonnière.

LA REINE

Toi, loi la reine ?... enfant, ose lever les yeux.

Ose prendre à témoin celui qui régne aux deux.

JANE

Oui, malgré l’apparence, oui. c’est Dieu que

[j’alieste.

Et veux pour me juger son tribunal céleste I

LA REINE

Ose mieux soutenir tes droits et ton parti,

Et ce couronnement par tes pleurs démenti I Et déguisant au moins la honte arcusatrice,

Supporte sons fléchir ion nom d’usurpatrice!

La reine est Jane Oreyï... d’un œil épouvanté,

J’eiiirevois maintenant l'horrible vérité !

Toi qui t armes ici d’un acte funéraire !

Toi qui proscris la sœur, toi le régent du frère;

Toi qui seul l’assistais à son dernier moment.

Pourquoi jusqu’à ce jour cacher ce testament ?

Edouard l'a signé!,., mais au lit d'agonie, [nie,

Qu^nd sur son front mourant pesait ton fier gé- Avec la main de fer quand tu ployais .sa main.

En disant: liàtcz-vous.carvQui mourrez demaio!!

Il signa, mais par force, et celle violence Précéda de bien peu son éternel silence;

La date de l'écrit porte à s’en défier!

Tu comptais sur là mort pour le ratifier.

Mon frère proscrivait les droit» de la nature,

El sa main se glaçait après la signature.

A d'élrangi'S soupçons on pourrait s’arrêter...

De ses enibrassemeiil» pourquoi nous écarter? Puurquoi.pourquoi deux jours à toute l'Angle-

[terro

MAGASIN- TIIEATRAK.

Du tcépai d'Edouard aa*tu fait un mystère?

pourquoi Teiller toutaeul à son dernier lommeil? Ah ! même du roi mort tu craignaji le réveil ;

Tu craignais» préparant cet afTront qui me navre, D’avoir un démenti de son royal cadavre !l!

» . NOnTilLMEERLAND.

Messeigneurs, noUs avons nos droits à soutenir ; Oui, deui reines sont la, songeons à l’avenir. L'une de fanatisme et de haine nourrie, S'appellerait un jour sanglante Marie;

Kt si j'ai de son cœur bien compris les défauts, Ktuutferaii nos lois sous dix mille échafauds. I/aulre, d’un règne impie abjurant la démence, Sur le trdne avec elle assiéra la démence;

Elle n’étdndra pas, sous un soufOe mortel,

Cet encens que Luther eotiii changea d’autel ;

Elle ne viendra pas, exempte de tout blâme,

Livrer au Vatican la liberté de l’âinc;

Aux sources des vertus son génie épuré Luira sur son pouvoir comme un phare sacré;

El cet ange, élc^é loin de l’ombre où nous sommes,

• Semble venir des cieux pour le bonheur des

[hommes •(

LA nriNE.

Contre un pouvoir divin quand l’ange est révolté, Sous la foudredu ciel ii est précipité !

J’égaierai sa chute au courroux qui m’anime , J’écraserai du pied son orgueil sur son crime- Elle fait lo tour du théâtre.

Vous, Palmer; vous,Darcy, Sormnerscl et lîcdfort. ïlten, rien ?.... votre silence.... est-ce un arrêt de

[mort?

NORTHUMBERLAND, d part.

Peut-être.

JAXE.

Suis-je reine ? ai-je bien la puissance? Mc faites-vous, mylords, serment d’obéissance?

CRA.VMKR.

Oui, tous à vos genoux.

JANE

Assise au rang des rois.

Je doU connaître, au moins, le premier de mes

[droits;

Vous jurez d’obéir à mon ordre suprême ?

TOCS ENSEMBLE.

Oui, tous.

JAXE.

Quelle soit libre & l’égal de moi-même.

Je ne m’informe pas si celle liberté Doit porter quelque atteinte à mon autorité Si je puis, têt ou tard, être en sa dépendance. J’aime mieux un péril qu’une lâche prudenrel Et l'on dira du moins, si je tombe a mon tour, Jane Grey fut démente, elle fut reine un jour!

KOHTIIUMBËRI.A.ND.

Madame...

JANE

Je le veux, mylord; moi, faible femme.

Je ne prends pour sauver conseU que de inuti âme. De ma décision pourquoi vous étonner?

Si je dois obéir, pourquoi me couronner?

I M.-tintenanique le ciel juge notre querelle;

Messeigneurs, suivez-moü...

I NORTiiUUDRHUNO , à part,

\ J'aurai les yeux sur elle.

j' SCÈNE V.

I ‘ * LA REI.NE. Mille.

’ Jane Grey me protège, et son inimitié Â tant d'affronts sanglants ajoute la pitié!

Triomphante au milieu de son nouveau cortège, En m'arrachant le cœur Jane Grey me protège...

' Dieu vengeur!... je venais lui demander ra<son

> De son premier outrage cl de sa trahUou ;

> De son néant à moi mesurant l'iiilervalle ,

i Je vehai* sous mes pieds écraser ma rivale...

Elle était sur mon trône l... et mon courroux

[trompé

t Sebriseanxyeuxdelous contre un sceptre usurpé, El de mes .courtisans entourée et servie, L’orgueilleuse me bra^e en protégeant ma vie! i Ah! mieuxvaudrailp»urmot»oujTrirmilleirépas:

I C’est un de ces bienfaits qu'on ne pardonue pas!

! SCÈ.NK VI.

' I ,V IIKI.VE, LORD SURRKY.

i LA REINS.

I Surrey, m'es»tu fidèle? et sais tu quelle trame Vient de sc dévoiler en ce moment?

SUERET.

âladame.

De ce grand attentat comme vous j’ai frémi.

LA HEINE

Quoi t je tombe du trône et je garde un ami !

Ab ! merci !

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