SCENE PREMIÈRE
GL'IU'ORT. JANE GUEV, endormie.
GLTLFORT.
Elle dort... elle dort... larmes de ma douleur,
Ne la réveilles pas en tombant sur son cœur ! Vous qui la connaisse!, venei, anges Qdeles, Couvrir son pur sommeil du calme de vos ailes; Donnez, oh! donnez-lui dans ce terrible instant Des songes aussi dous que ce ciel qui l’aUend. Cachcx-lui le supplice àson heure suprême.
Pour lui parler il'en haut, prenez la vois qu'elle
[aime!
La voix de son époux... son époux... ô remord ! Pour présent nuptial je lui portai la mort !
J'entends déjà, j’entends sous celle voûte sombre Le bruit de 1 ét hafaud qu’on élève dans l ombre... Quoi! la mort loiichrrait de son souffle jaloux Ce beau front adoré qui dort sur mes genoux I Ce front d'ange et d'enfarilque la pan environne. Au niveau du cercueil plojé par la couronne 1 JANE, révanf.
Guilfort !
GtlLFORT.
Dans son sommeil son cœurest avec moi.
JA.NE
Guilfort, vois cette fleur qui portait mon nom...
Elle rêve la fleur, la triste fleur aimée.
Que de son nom si doux Guilfort avait nommée. Hélas! en la pleurant présage de douleurs, C'était sur notre sort que notu Yenloiudet pleurs I
J.4NR, rét'anf toujours.
Tendre fleur, malheureux emblème.
Tu n’ai pu comme moi porter ton diadéiqe:
Tu n’as vu qu'un soleil de printemps... comme
[moi;
Mais je suis plus heureuse. 6 fleur fragile et belle!* Ton parfum péril avec toi.
Et nous nous survivons dans notre âme immor*.
[telle!
GUILFORT.
Oui, pour aimer toujours.
J.VNE. Elle s'éveille.
Où Suis-je?., mon Guilfort!
Je m’éveille en tes bras, je ne crains plus la mort. Il me seniblait revoir, mais dans un jour d’orage. Ces champs dont ton amoura peuplé chaque om-
[brage,
La fleur qug nous avons nommée-...
GUILFORT.
Elle est là.
Ah ! celle fleur
JANE
Toutes deux nous mourrons sur ton cœur.
GUILFORT.
Toi mourir t
JANE
Qu'avec toi ma vie était bénie !
Je croyais respirer dans la paix infinie;
Mon âme inaliérable et louant le Seigneur,
Ne rêvait pas d’espoir égal à mon bonheur.
Peut-être Ion amour, ma première couronne.
Mc donnait plus d'orgueil que le ciel o'en par-
[donne.
Etre heureiue, être ûinée, et tomber de li beat t
Tant de félicitée conduire à l’échafaud t
Mais qu'est^cc que la mort lorsqu’on y marche
^enst mbie?
C’est unaecond hymen, qui pour jamais rassemble. Nous entrons au tombeau sam prononcer d'adieu, L’un sur l’autre appuyés, nous arrivons à Dieu. GUILFORT.
Oh! non, non; Dieu ne fait qu’éprouver ton cou*
[rage;
Jaloui de s’admirer dans son plus bel ouvrage,*
Il ne veut point ta mort... et ce crime aujourd'hui. S’il pouvait s’achever, ferait douter de lui !
Et ma fureur dans un dernier blasphème Ne croirait qu’au néant jusques dans tes bras
[même.
Voici bienldt la clarté de retour.
Hier, en nous quittant, le geOlier de la four,
Sir Williams, cet ancien serviteur de ton pere, M’a dit : Prenez courage et que cet ange espère ! I'd parti tout-puiiaant cherche à la délivrer.
U l'a dit... il l'a
lANB-
11 m'a dit d’espérer .
Pour moi seule^ moi seule...
I Celui qui fut GuUfort repousse Jane Grey...
Et de sa royauté n'ét ant que le complice, Veulgarder po<ir lui seul toulle poidsdii supplice! Faut 4l qu’a les g^noui j'expire d'un bienfait Plus cruel mille fois que le suri qu’on nous fait! Veur^tu que ce ne soit qu'une ombre qu’on en*
traîne?
Qu’un cadavre soustrait aui fureurs de la reine?.. Le veux'lu ?
GC1IPORT.
j Tous mes sens aueudris, étonnés...
! Silence t on vient à nous 1