SCENE V
NORTHUMBEBLAND, seul.
Aimei-vou,. je le veut.
üue voire âmourdenfaïUgrandiMCâvec met vduj!
l’iancds. voire cœur marche avec ma puistance ;
Je lui laitie, à ce prix, loule ton ionocenre.
J’ai dû de mes desseins leur taire le secret.
Leur timide venu s’en épouvanterait!
Ils n’ont pas dans le cœur celte ardeur empressée Oui conquiert un empire avec une peniée;
Cette pensée est là ; car aujourd’hui c’est moi Qui trouve un reraplaçantà celle ombrede roi Dont l’âme en ce moment peut-être me regarde ! A ce roi de seize ans, mort un soir sous nia garde^ Oui, son dernier soupir en mes bras s’exhala: Avec son testament je l’ai renfermé là!. .
A moi ce testament seul reste du monarque;
De mon pouvoir sans tin la plus puissante marque. A moi ce testament si longtemps convoité .
Où la main de la mort grava ma royauté!
Seul acte d'Édouard que connaîtra la terre Quand l’heure sonnera d’éclaircir ce mystère.
! Celle heure de triomphe, elle vient à grands pas.
I Seul acte d’Edouard que je n’elTaee pas!...
Cooglc
Marie ose préte&dre aa trône d’AogletcrreT Sa naissance est narquée à nos yeux d’adultère; Elle ne peut régner» et rejetant sa sœur»
Édouard sis choisit Jane pour successeur;
Jane Grey. du pur sang d'Henry huit par sa mère.
Et dont Nortbumberland va devenir le pèrel Ton père, Jane Grey, je le serai... pourquoi?
Pour que ton front d'enfant cache mon front de
[roi!...
Sa ceinture de pourpre en cette main altière Pour la faire marcher servira de lisière;
Je guiderai ses pas en disant : Avancez .
Allons, vous êtes reine, enfant, obéissez!
Voilà mon sort !.*. à moi ce premier des royaumes;
Ce Westminster. n'ayant quedesroispour fantômes.
Ce vieux Londres dressant ses palais en faisceaux,
Et qui s'inclineront comme de grands vassaux Devant mes pas de maître... a moi cette Angleterre,
Et ces puissantes mers qui fout trembler la terre! Ces familles de pairs, de ducs et de barons,
Qui pour baiser mes pieds grandissent tant leurs
[fronts!
Et ce vaste foyer s'animant de ma flamme.
Et toutee corps géant n’ayant que moi pour âme!...
11 regarde au fond du (héStre.
Tout à moi!... Mais 1a reine ici porte ses pas... Entre Jane et Marie on ne balance pas Quand on veut être seul à peser sur le trône.
Et qu'on a le front large à remplir la couronne. Préparez une fête à cette sœur des roisl...
Je lui prépare aussi des fêles de mon choix!
Je veille .. je suis là... mon jour est près d'éclore! DeDorsel à Wilbe-Hall la route estlongueencore! | Elle marche en aveugle, et j'en serai vainqueur. i Allons la saluer cet acte sur mon cœur!.,. •
Il sort.
Il est nuit; les avenues du château sont illumiDêes aux | armes de Marie, château de loin resplendit de ■ clartés. '
SCÈiNE Yl.
I.A RF.IXE, JANE GKEY, GülUOIlT. XOR- THLJIBERLAND.ASr.HEM,SKiO!«Ei;R5ETDA«r.s DB LA Rbine, Écutkrs ET Paors portant des flambeaux gui éclairent la scène. On entend quelques mesures de musique.
LA RBLVB.
Elle me rend hommage en sujette loyale;
Lord duc, j'en donne ici ma parole royale.
Je n’attendais pas moins de sa fidélité...
Quels marbres précieux !... quel éclat enchanté!.,. Quel goût de tout ce luxe a réglé l'harmonie? L'antiquité renaît sous les yeux du génie,
Lady Jane.
. JA!tK, s'inclinant.
Madame...
LA REIIVE.
.Vh ! nous vous connaissons!
Votre maître autrefois nous donna des leçons;
Nous avons profité bien moins que vous peut-être; Mail dans l’art de régner j'eus mon père pour
, [maître;
Mon père, dont le nom m’appelle et me conduit Au trône où siège encor l’ombre de Henri huit! Je saisque l'Angleterre entend plus d'un murmure; On cherche le défaut de ma royale armure;
Mais elle est bien trempée ! et s'il fa ut des combats. La vôtre au moins, myiords. ne me manquera pas. A de pieux excès, dit-on. je m’abandonne?
Tout change d’aspect, vu de la hauteur d'un trône; Et Marie en régnant, sans croire fiur le ciel,
Ne déposera pas son .sceptre sur l’autel!
Et des cultes rivaux , sons mon pouvoir suprême. L'encens d'un souffle égal montera vers Dieu même.
ASCIIEM.
Et vous n’oublierez pas. dans votre autorité.
Que ce trône avec vous porte la liberté ;
La sainte liberté, qu’en vain menace Rome.
Et dont le grain fécond germe dans ce royaume! Pour en éterniser les glorieux effcls,
Édouard vous légua son règne de bienfaits...
LA HEINE, à Jane.
Merci de vos conseils, maître; mais je m’arrête, Cousine, je craindrais d’attrister votre fête,
El de vous payer mal votre hospitalité
Par cet ennui pompeux qui suit la royauté!...
A Gttilfort.
Lord Guilfort, avez-vous rempli notre message? CtILFOnT.
Oui, reine.
LA REINE. {Elle s'assied,)
A sa suite. A Guilfort
Éloignez-vous... Nous rendons témoignage De votre noble zèle, et nous voulons demain Aux yeux de notre cour remettre en votre main I n message plus grand pour deux vastes royaumes. Plus grand pour notre cœur.
GUILFORT.
Reine...
LA keim:.
Nos gentilshommes
Seront jaloux? eh bien, c’est notre bon plaUir !
El puisqu'ils sont iiombreui, pouvons nous pa« cciLtoRT. [choisir?
Les intérêts d'état cl les vôtres, madame.
Mc sont sacrés.
LA REINE
Sacrés!.,, ah ! ce mol glace Pâme !
Oui, toujours ces respects pour le bonheur mor-
[lelsl
On parle à nos genoux commeau pieddes autels! Oui, quel que soit le front qui porte un diadème, Cette langue des cours reste toujours la même! Toujours un courtisan de soi-mérae est vainqueur: Pas un mol d’abandon, pas un accent du cœur, Pas un seul!... Mais, Giitlforl, je devais mieux al- De vous... [lendiV
GITLPORT.
Heine...
LA REINE
De vous, que nous voulons entendre
MAGASIN THÉÂTRAL
Aujourd'hui bous ptrler avoc bb cœur loyal.
Nous sommes à Dorset.
GUILFORT.
El demain à Wiihe Hall.
Oui, dès demain Wilhe-Hall élcmlra pour sa reine De ses dais de velours la splendour souveraiDe-.. LA REINE.
J'aime mieui de ces bois la rralcbeursurnosfroBU; Aujourd but le repos, demain nous régnerons 2 Que cette solitude est belle!... ces ombrages Sont pleins de souvenirs qui dateut des v ieus Ages ! GLJLFoar.
Oui, pleins de souvenirs vivants, délicieux...
LA REINE
Vraiment?
Gl’II-FORT.
Mais le plus noble et le plus précieux Sera ]>our ce palais tout peuplé de féerie Le passage d'un jour de la reine Marie.
LA RtINB. [gré
Ah! vous croyez, mjlord? . Tour moi, je vous sais D'avoir suivi le duc cbei lady Jane Grey;
Pour nous y saluer (b*s premiers j'imagioc?... Guilfurt, que pci sei-vous de ma jeune cousine? Elle fait à ravir les honneurs de cea lieux.
GtilFOaT.
Jane Grey .se souvient du nom de ses aïeux.
LA RRIVE.
Oui, les leçons d’Aschem nous la rendront parfaite ; De doter celle enfant je me fais une fêle;
Je l’aime.
Gl’ILFOBT.
Et qui serait plus digne d'un amour...
LA RF.IXR.
Parlons de vous, mylord...
GUILFORT.
De moi?