LA BRIN R
Oui, dès ce jour, Je veux, pour que mon règne aux Anglais soit pro-
[spcre.
M'entourer de tous ceux qui servirent mon pere. Pour eux et pour leurs tils Henry huit revivra,
El son sceptre en mes mains de femme grandira ! On entendra de loin, j'en jure sa mémoire, [re. Le bruit que font des pas qui marchent vers la gloi- El comme ces climats, l'Inde pourra me voir Sur le trône des mers appuyer mon pouvoir!
Mai* savrz-voiii. mylord, que Philippe d'Espagne Demande notre main et nous veut pour compagne? Charles étend sur lui son manteau de splendeur! Demain nous répondrons à son ambassadeur.
Votre avis, jeune lord, sur la haute alliance?
RUILFORT.
Reine, permettez-moi...
LA amiE.
Ah! de la défiaiKcI
Pourquoi?... Nobles conseils, par qui nous vien-
[dres»vous,
Si nos meilleurs sujets se taisent devant nous? Parlez.
GUILFORT.
Si pur que soit l’éclat de votre règne,
On craint que d'un regard Philippe ne l’éteigne, Ne veuille déchirer, connue écrit par renfi?.
Le livre de nos lois avec sa main de fer,
Ne veuille sur le sol, soumia è son génie.
Tel qu’un grain vénéneux semer U tyrannie.
Oo craint que soupçonneux, fanatique, cruel.
Et sur mille échafauds dressant un seul antel.
Il nous façonne au joug qui pèse sur deux iiK>ndes; On craint que ses bûcht-rs ne traversent les ondesi De ce sceptre étranger on craint la pesanteur.
Et de voir sous le roi percer l’inquisiteiir.
De ses auio-da-fé nVovions pas la cendre;
Des hauleur* de nos lois craigaoni de rede^ecadre. LaiasoDs les Espagnols, entre les natioas.
Se courber sous le poids des sopersiilioiu.
Dd peuple libre et ti<>r. ainsi que nous le Mmmes, Se fait, tMHir la raison, l’avant-garde des hoasmea. Aux préjugés sanglants dit pour jamais adieu, Séfiare les bourreaux de la cause de Dieu,
Et ne veut pas, trop plein de soucis pour les èiMC, Nous envoyer au ciel par le chemin des Oamincs! Pardon, reine....
LA RBINR.
Guildrt ne nous a |K>int déplu; Il a parlé sans feinte et nous l'avons voulu;
(Ju'il se rassure donc... Sous un j>>ug trop auatéve Ne se courbera point notre belle Angleterre.
N’a-l*elie pas des fils, d’un sang pnr et loyal. Pouvant a nos côtés tenir le rang royal?
N'a t elle pas des ti’s en qui la gloire espère?
Des earants généreux qu'eût adoptés mon père? Au emuT jfuneel brûlant cl plein d'un sainlanonr Peur leur noble pays? Eh bien! oe puis-je un Jour Choisir parmi ces lils dont l'éclal m’environne,
El sur uû front aimé déposer la couronne? [d’or. On peut n'avoir à deux qu'un nom, qu’un sceptre Ouand c’est le sceptre anglais et le nom de Tudor! Et n'est*ce pas plus grand, plus beau qu'une vtc-
[lolre,
De doubler par l’amour sa royauté, sa gloire?
De dire, comme Dieu : Eh bien, je vous fais roi. Parce que je vous aime, et que je puis tout, moif Mylord, que pensez-vous de ce rêve de femme?
GUILFORT.
Ah! si Guilfort régnait, ce beau rêve, madame. Serait le sien. L'amour, de lui-même enivré.
Veut voir toujours plus haut briller l'être adoré; Et le trône a ses yeux, si bien qu'on le décore. N'est qu'un premier deitré qu’il veut franchir encore. Rien, non, rien de l'amour D'éteinl l'ambition!... On entcud dan« le plas grs»<l ékngneinent Pair oaUoaa] des AogUia, juM|u'à la bu de lacté.
LA REIRE, d part.
II m’aime...
Haot.
Ab! vous avez compris la passion!
Oui. votre àme, mylord, comme la mienne est faite. GUILFORT. à part.
L'heure approche!.,.
LA REiNB, tris-émue et comme frappée éCxtne H- $ion iottdaine.
Quelle ombre a iravorté la fête?...
Ma mère!...
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JANE GRET,
GDtLFniT.
Dieu «009 garde on aort bieo différent.
La aai\B.
Les femmes par lecteur preiiiipnt le même rang!,.. Ma mère!... devant niui ton image est pa.ssèe Toute en pleurs : d'un è|»»ui elle fui délaissée. GUlirnuT.
Chassci ce soutenir.
LA MINR.
U me poursuit toujours.
Dans quel affreux exil elle Huit ses jours!
L'abandon, le mépris, d'inct^ssantes alarmes. Combien daiis son amour elle puisa de larmes! Ah I malgré les splendeurs de cette belle nuit,
Uo vague effroi...
GCItrORT.
Hadarne...
On eatend saoær mùiuit, & la tour du ehilaau, dans la
loiotaÎD.
Ut HE1!V1.
Il est minuit?...
GÜ1LF0RT, avec ie plus grand troublt.
Minuit!!!
A part.
On m'atteod à l’autel... Minuit...
Là REi.NE, à part.
Il nraimel U m'aime!...
GuiLFo«T,d part.
A toi, ma Jane Grey !
LA REINS, s'avampant vers ta cour.
Vuirp main... C'est «ous>même, Mylord, qui porterez, di^ne de tels bouucars.
Ma lettre a Charles-Quint...
A toute la cour, qui aeAt avancée.
Suivet-moi, messeigneurs.
ACTK DEUXIÈME.
Les jardioH da cliâtaav de DoraeL Même décoration qn'an premier acta.