‹ Janet et ses amisChapitre 1 sur 8 · TROIS OURS · texte numérisé non relu

TROIS OURS

Tl y avait une fois une petite fille qui vivait dans un pays bien loin d’ici. Elle s’appelait Blondine, parce que ses beaux cheveux bouclés étaient presque blancs et brillaient comme de l’argent. Cette petite fille était

si espiègle que sa mère 11e pouvait jamais la faire tenir tranquille. Un jour qu’on lui avait défendu de sortir, elle alla au bois pour cueillir des fleurs et

voyait voler de fleur en fleur autour d’elle. Tout en courant elle s’enfonça dans le bois. Soudain elle aperçut une petite maisonnette bien propre et très-mignonne. Blondine regarda par la fenêtre et par la porte entre-

de petit ourson brun.

baillée, et, ne voyant personne, elle se décida à y entrer. Or, cette maison appartient à une famille composée de

trois ours. L’un d’eux était un ours bien gros; c’était le papa. Un autre était de taille moyenne; c’était la maman. On l’appelait la mère Manchon, à cause de son épaisse fourrure.

Le troisième était un drôle On l’appelait l’ourson bébé. Si la maison était déserte, c’est que les ours faisaient leur promenade du matin dans le bois, pour se mettre en appétit, pendant qu’un excellent potage au lapin se refroidissait sur la table. Blondine, après avoir

tant couru, se sentait fatiguée, et elle fut bien contente de voir trois chaises dans la chambre où elle était entrée. L’une était une chaise énorme, en bois très-dur; l’autre, moins grande, était un fauteuil bien moëlleux, et

la troisième, une petite chaise bien mignonne, qui appartenait à l’ourson bébé. Blondine essaya chacune de ces chaises. Elle n’aimait pas du tout la grande chaise

de Tours papa. “Toi, tu es trop dure,” dit elle. La chaise de maman Manchon ne lui plut pas davantage; mais la petite chaise de l’ourson bébé faisait tout juste son affaire. Là-dessus elle se reposa à son aise, jusqu’à ce que, crac! la chaise se casse, et elle tombe à terre. Blondine se relève bien vite et va se sauver, car elle avait bien peur; quand, tout-à-coup, elle voit les trois tasses de potage sur la table. Cela lui fit penser qu’elle avait faim. Il y avait là une grande tasse noire qui était à l’ours papa ; une plus petite et blanche qui

à maman Manchon ; et rès-petite, bleue, trèse, pour l’ourson bébé, chaque tasse il y avait une cuiller en bois.

Il ne fallut pas longtemps à la méchante Blondine pour penser à ce qu’elle devait faire. Après avoir regardé si personne ne venait, elle commença à goûter la soupe de l’ours papa; mais elle

était trop poivrée et lui brûla la bouche. Ensuite elle goûta la soupe de maman Manchon, qui était trop salée; mais elle trouva la soupe de l’ourson bébé tout-à-fait à son goût. Comme la soupe était bonne, avec de petits morceaux de pain blanc dedans, elle la mangea toute, sans en laisser une cuillerée pour le pauvre petit ourson bébé, qui, en ce moment, pressait son papa et sa maman de rentrer dîner. Blondine alors se demanda où l’escalier pouvait monta et se jolie petite cher, où il y à côté l’un de grand était pour autre moins lui de maman tout petit lit, avec de beaux rideaux blancs, était celui de l’ourson bébé. Blondine se sentait fatiguée et se dit qu’elle se coucherait bien pour dormir un peu. D’abord elle sauta sur le plus grand des lits. B était trop dur. Puis elle essaya celui de maman Manchon, qui ne lui allait pas davantage ; mais elle se trouva tout-à-fait à son aise dans le lit de l’ourson bébé et elle y dormit profondément. Pendant qu’elle rêvait, les ours rentrè-

conduire. Elle trouva dans une chambre à couavait trois lits l’autre. Le plus fours papa; un grand était ce- Manchon ; et un

rent très-affamés, et voulurent chercher leur soupe. L’ours papa s’écria alors, d’une voix formidable: “ Qui a touché à ma soupe?” et maman Manchon, d’une voix féroce, mais pas aussi forte que celle de l’ours papa,

cria: “Qui a touché à ma soupe?” Mais, quand le pauvre petit ourson bébé vit sa tasse vide, il s’en mordit la patte de chagrin, et s’écria de sa petite voix aiguë: “Qui a mangé ma soupe? — il ne m’en resté plus.” Un instant

après, le grand ours dit d’une voix de tonnerre: “Qui a dérangé ma chaise?” et maman Manchon grommela: “Qui a dérangé ma chaise?” Mais l’ourson fut plus fâché que les autres, et pleura tristement, en disant: “Quelqu’un m’a cassé ma petite chaise.” Ils étaient tous sûrs qu’il

y avait quelqu’un dans la maison, et, ayant cherché dans tous les coins du rez-de-chaussée, ils montèrent en flairant et en grognant et de très-mauvais humeur. Aussitôt le grand ours dit en fureur: “ Quelqu’un a été dans mon lit et l’a défait.” Puis maman Manchon s’écria: “ Quelqu’un a été dans mon lit et l’a dérangé!” Mais

l’ourson bébé cria: “La voilà! la voilà!” Et il ouvrit

sa bouche et d’un air féroce regarda Blondine. Les cris aigus et perçants de l’ourson bébé réveillèrent Blondine, et elle eut peur en se trouvant nez à nez avec l’ourson en colère; et tu peux bien juger de sa frayeur

lorsqu’elle vit les deux autres grands ours dans la chambre. Elle s’élança vite hors du lit, traversa la chambre, sauta par la fenêtre ouverte, et vint rouler sur le gazon. En se relevant, elle vit les trois ours, qui se tenaient à la fenêtre et qui la fixaient avec des yeux féroces, en faisant un grand bruit.

A demi morte de frayeur, elle se sauva, et ne s’arrêta que dans sa maison.

Elle eut bien soin après cela d’obéir à sa maman, de

ne pas aller où elle n’avait rien à faire, et de ne plus

toucher à des choses qui ne lui appartenaient pas.

Le chat est allé clans la neige.

En rentrant, il avait les pattes toutes blanches.

“Maman, regarde comme je suis grand!”

“Ah! oui tu es très-grand maintenant; mais, si ces livres glissaient, Monsieur René ferait une jolie chute, et alors il ne serait plus si grand.”

“ Maman, si j étais géant, je viendrais emporter Marie et je la mettrais dans la cave.”

“Et qu’en ferais-tu après?”

“Peut-être que je la mangerais.”

Marie. “ Oh ! oh ! oh ! ”

René. “Mais tu vois, Marie, tu es si grasse, tu ferais un si bon repas pour un géant; je crois cependant que je ne voudrais pas te manger moi. Je te garderais dans la cave et je jouerais avec toi quand je serais à la maison. Maman, si j’étais géant, serais-je plus grand que je ne le suis à présent quand je monte sur ces livres?”

“Oh! oui, tu serais bien plus grand; et tu aurais une bouche énorme, de grandes dents, des yeux féroces, et tu serais très-laid.”

“Je suppose que tu ne m’aimerais pas, maman, si j’étais géant?”

“Non, certes, je ne t’aimerais pas, car tu me ferais peur; Marie aurait aussi peur de toi; tout le monde.”

“Mais papa n’aurait pas peur de moi!”

“Non, parce que ton papa est un homme, et les hommes n’ont pas peur; mais il ne t’aimerait pas du tout.”

“Je crois que je ne veux pas être un géant.”

“Non, il vaut mieux rester ce que tu es, le petit liené, et alors nous t’aimerons tous, et, au lieu de manger Marie, tu auras ton bon dîner de côtelettes, de pommes de terre, et de L pudding.’ — Ton dîner doit être prêt, car voici ta bonne qui te cherche.”

Tl j avait un géant très-fort et très-grand, À son dîner il mangeait toujours un enfant

Quelquefois tout entier, parfois en gibelotte:

La gravure en montre un qui dans sa main gigotte.

Rataplan, Rataplan, Rataplan,

En avant, en avant, en avant!

Quand je sonne de ma trompette, Que chacun en ligne se mette.

Rataplan — plan — plan —

En avant — ’vant — ’vant !

Dors, petit, dors.

Papa garde son mouton,

Et maman sur son poupon Agite la branche magique,

Sans troubler ton rêve angélique.

Dors, petit, dors.

Dors, petit, dors.

Des cieux que nous voyons si beaux, Les étoiles sont les agneaux;

La lune elle en est la bergère,

Et de ses rayons nous éclaire.

Dors, petit, dors.

Dors, petit, dors.

Jésus, Fagneau de Dieu, nous aime, Pour nous il quitta les cieux même; C’est lui qui des rois est le Roi,

Et il fut enfant comme toi.

Dors, petit, dors.

Dors, petit, dors,

Ne crie donc pas comme Fagneau Qui bêle sans cesse au troupeau,

De peur que le loup ne dévore Ce petit que maman adore.

Dors, petit, dors.

Dors, petit, dors.

Va-t’en, méchant gros chien noir vite:

Bébé dort; va-t’en tout de suite;

Et, si tu veux faire du bruit,

N’en fais jamais pendant la nuit.

Dors, petit, dors.

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